Aatabou, Najat

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

1960

Originaire de l'Atlas marocain, Najat Aatabou dénonce l'inégalité entre hommes et femmes, le poids de la famille traditionnelle ou encore l'absence de liberté. Originaire de Khémisset (Atlas marocain), Najat Aatabou est née le 9 mai 1960 au sein d’une famille nombreuse (cinq frères et quatre soeurs). Rêvant d’un métier d’avocate, une soirée familiale change le cours de sa destinée. Invitée à pousser la chansonnette lors d’une fête, elle s’exécute de bonne grâce. L’assistance est vite envoûtée et même les musiciens, d’habitude blasés, tombent sous le charme (ils deviennent par la suite ses compagnons de route).

Un spectateur enregistre sur un simple magnéto la prestation de Najat puis commercialise en « pirate » la cassette, qui fait un malheur en cette année 1981. De son côté, Aatabou, encouragée par cet engouement soudain, se décide à aller de l’avant malgré l’opposition de ses parents, malheureux à l’idée que leur fille puisse être perçue comme une « débauchée ». Rien n’y fait, elle décide de devenir chanteuse et part pour Casablanca. Sa réputation l’y a déjà précédée. Elle y fait une rencontre déterminante en la personne d'Houcine Debala, patron de la maison d’édition Hassania qui la prend en charge.

De son travail avec les musiciens Mohamed Aouit et Abderrahim Bekali, entre autres, jaillit en 1983 le fameux « J’en ai marre », que l’on entend dans tous les souks, les maisons des quartiers modestes et les rues populeuses et commerçantes. Perçue comme éternelle perdante au jeu de l’amour et de la politique, écrasée sous le poids des traditions et maintenue dans les filets pernicieux imaginés par des hommes, la femme maghrébine n’a cessé de souffrir en silence de son sort injuste. Avec ce titre, Najat Aatabou, jeune fille moderne, jolie et dynamique, exprime sa révolte, son ras le bol, de l’inégalité entre la femme et l’homme, du poids de la famille traditionnelle, du manque de liberté.

Au fil des ans, la popularité de Najat grandit, le public s’enflamme et la presse écrite s’emballe. Médi 1, la radio semi-privée marocaine lui fait un triomphe tandis que l’officielle, y compris la télévision, lui refuse l’accès à l’antenne et aux plateaux. La même attitude est observée par certaines salles de spectacles. Néanmoins, elle persiste et signe quelques morceaux qui scandalisent les puritains à l’enseigne de « Choufi Ghirou » (Va voir ailleurs) ou « Goul El Haq » (Dis la vérité). Par son obstination, son travail de revalorisation du folklore local (notamment l’ahidous) et la qualité de son répertoire, elle parvient à vaincre bon nombre de préjugés.

« La lionne de l’Atlas » comme on la surnomme, rugit toujours et continue à se produire tant au Maroc qu’en Europe, en particulier en France, en Belgique et aux Pays-Bas où elle compte de nombreux admirateurs ravis de la suivre dans ses folies berbères.

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