Arno

Créé le 29 septembre 2010 |
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1949

Arno Hintjens naît à Ostende en Belgique, le 21 mai 1949. Son père, socialiste, quitte le pays au début de la Seconde Guerre Mondiale pour rejoindre la Royal Air Force en Angleterre, où il a passé son enfance à Hammersmith, près de Londres. Sa grand-mère maternelle chanteuse d’opéra est d’origine franco-russe, son grand-père a des ascendances hollandaises. Sa mère à la maison écoute Juliette Gréco, Mouloudji, Gilbert Bécaud, Jacques Brel, Edith Piaf et Fréhel. Par le biais de son père, Arno découvre le jazz et surtout le blues, et plus tard la littérature américaine, Ernest Hemingway, Henry Miller, John Fante, Charles Bukowski… Ses parents ne possèdent pas de tourne-disque. Arno écoute les premiers 45 tours de rock’n’roll chez ses amis, notamment « One night with you » d’Elvis Presley, vers l’âge de six ans. Son grand-père paternel l’emmène chaque dimanche après le repas, Chez Eugénie, un café avec orchestre, sorte de bal populaire. Il apprécie également les fanfares, partie intégrante du folklore flamand. Il se passionne très jeune pour la musique, se procure un harmonica car un de ses grand-pères en joue. Le premier disque qu’il achète, c’est Strictly personal de Captain Beefheart. Il approfondie sa connaissance du blues, avec Howlin’ Wolf, Lightning Hopkins, Sonny Boy Williamson, Robert Johnson… Il écoute aussi de la soul américaine, notamment The Dock of The Bay d’Ottis Redding, les Kinks, et se passionne pour Bob Dylan, qu’il considère à l’époque comme son grand frère. Ses influences sont donc majoritairement anglo-saxonnes. Côté français, il ne redécouvrira Brel que vers 35 ans. A l’école, en dehors de la littérature et de l’histoire, alors qu’il bégaye quand l’émotion le gagne, il se défend en sport (football et natation), et apprend à remettre à leur place ceux qui se moquent de lui. A 18 ans, il quitte le lycée et voyage en Europe, puis plus tard en Inde. Il commence à chanter en s’accompagnant à la guitare. En 1972, il monte le groupe Freckle Face, très blues rock, dont le répertoire est constitué de reprises de Muddy Waters et de Willie Dixon. Au début, il joue de l’harmonica, mais progressivement il compose et chante. Freckle Face sort un disque auto-produit. En 1975, Arno rencontre le guitariste Paul Decouterre. Ensemble ils créent le duo rythmn and blues, Tjens-Couter. En quatre ans, ils publient deux albums, obtiennent un succès avec « Honey B », et se produisent en Europe (Angleterre, France… ). Pourtant Arno ne vit pas de sa musique. En 1980, il est cuisinier dans un club d’Ostende, Le Groove, chez Freddy Causaert. Il y rencontre Marvin Gaye, ami de Causaert, qui se désintoxique à Ostende. Il lui fait écouter les premières maquettes de son nouveau groupe TC Matic. Composé d’Arno (chant), de Jean-Marie Aerts (guitare), Rudy Cloet (batterie), de Serge Feys (claviers), et Ferre Baelen puis Michael Peet (basse), TC Matic mélange rock new wave et funk, avec une volonté de proposer une musique européenne. Arno déménage pour Bruxelles. Le groupe sort quatre albums dont Choco, en 1983, comprenant « Putain, putain » et Yé Yé en 1985 avec « Elle adore le noir », chanson dans la veine réaliste. TC Matic se produit en Scandinavie, en Angleterre, en France, en Allemagne, dans les Pays- Bas. Après une tournée européenne en première partie de Simple Minds, TC Matic se sépare en 1986. A 37 ans, Arno entame une carrière solo et publie la même année Arno. Il s’entoure pour cet album de deux anciens TC Matic, le guitariste Jean-Marie Aerts et le clavier Serge Feys qui co-signe avec lui quelques morceaux. Arno qui est trilingue (Flamand, Anglais, Français), si l’on ne prend pas en compte sa langue maternelle l’ostendais, chante ici en anglais (exception faite de « Qu’est-ce que c’est ? »). L’album est fortement marqué par le rythmn and blues. Arno passe d’un morceau à la basse soul entêtante (« Forget the cold sweat »), à un blues rock (« Qu’est-ce que c’est ? »), à un blues (« Come back »), et propose deux instrumentaux (« Congo », « Miss Nell »). En 1988, sort Charlatan, co-réalisé par Holger Czukay, bassiste du groupe allemand Can. Arno mélange les styles : chanson (« Le Bon Dieu » de Jacques Brel, « Le tango de la peau », « Bathroom singer » qui rappelle les bals populaires… ), rock (« Black doll », « Fun, money & pleasure ») et blues (« Trouble in mind »). Il part en tournée et se produit notamment au Printemps de Bourges et à l’Elysée-Montmartre à Paris. Ratata, paru en 1990, continue dans la même lignée, entre rock (« I’m not there », « I can’t stand it »), et chanson (« Mon sissoyen » avec sa rythmique empruntée aux Gilles de Binche, « Marie tu m’as »), avec une incursion du côté du funk avec « Whoop that thing ». L’année suivante il compose une partie de la musique du film Merci la vie de Bertrand Blier et enregistre en quelques jours un album de reprises de standards de blues (notamment Willie Dixon, Sonny Boy Williamson… ), sous le nom de Charles et les Lulus. En octobre 1992, il entre en studio à Nashville aux Etats-Unis avec le producteur Glenn Rosenstein (Talking Heads, The Ramones… ). Idiots Savants paru en février 1993, contient une très belle reprise du morceau « les Filles du bord de mer » d’Adamo, dont Arno est un grand fan. Cette chanson selon lui décrit exactement sa ville natale. Le reste des titres navigue entre rock (« New born monkey », « Hoi Hoi », « Vive ma liberté »), blues rock (« A beautiful day in L.A. »), boogie (« Boogie woogie into town »), soul rock (« I sold my soul on MTV ») et blues (« Martha ma douce »). Cet album reste la dernière collaboration d’Arno et du guitariste Jean-Marie Aerts. En mai 1993, Arno compose la musique de plusieurs films, notamment celle de Personne ne m’aime de Marion Vernoux. En novembre 1994, l’album Water, plus orienté rock que les précédents, sort sous le nom de Arno & The Subrovnicks. Après 25 ans de carrière Arno publie en juin 1995, son premier disque entièrement chanté en français, A la française. On y retrouve « Le Bon Dieu », « Marie tu m’as », une chanson composée par CharlElie Couture (« Elle pense à lui »), une reprise de « Comme à Ostende » de Jean-Roger Caussimon et Léo Ferré et « Les yeux de ma mère ». En décembre, Arno se produit sur la scène du Bataclan à Paris et part en tournée pour plus de 110 dates. Arno en concert (à la française) qui retrace cette série de concerts est publié en février 1997, en même temps que Give me the gift, réalisé spécialement pour le marché américain. En janvier 1997, il joue un des rôles principaux dans Alors voilà, réalisé par Michel Piccoli. Il en compose également la musique. En mai 1998, Arno revient au rock et au blues avec Charles & the white trash european blues connection, enregistré en une journée à Bruxelles le mois précédent, qui contient notamment une reprise des Kinks (« Death of a clown »). Il interprète « La la la », sur Aux suivants, disque hommage à Jacques Brel. En 1999, participant à l’album de l’américaine Bervely Jo Scott, il interprète en duo avec elle « Jean Baltazaarrr », mélange de « La Fille du Père Noël » de Jacques Dutronc et de « Jean Genie » de David Bowie. A 50 ans, Arno publie A poil commercial, en août 1999. Certains morceaux sont mâtinés de sonorités électroniques (« Fantastique », « Dans mon lit », « Sitting in a car »), d’autres se résument à un piano et une voix (« Mon anniversaire »), ou sonnent rock (« European mercy »). Arno revisite « Oh la la la ! » de TC Matic avec clarinettes Klezmer, ainsi que « Je suis sous » de Claude Nougaro. En 2000, il donne plus de 170 concerts, notamment en Slovénie et en République tchèque. En avril 2000, pour le Printemps de Bourges, il invite sur scène à ses côtés Adamo, Stephan Eicher et Miossec. En octobre suivant il se produit trois fois à la Cité de la musique à Paris. A la fin de l’année paraît la première compilation d’Arno, Le best of. En février 2002, il revient avec Charles Ernest, nouvel album, dont le titre reprend les prénoms de ses deux grands-pères. Véritable synthèse de tous les styles musicaux abordés par Arno, cet album passe de la chanson (« Lola, etc. », « Il est tombé du ciel »), au rock (« Je veux nager », « Elle a eu »), au blues rock (« Ma femme », « They look at me »), à une rythmique soul (« Honky tonk »), sans oublier les reprises (« Mother’s little helper » des Rolling Stones, et « Elisa » de Serge Gainsbourg en duo avec Jane Birkin). Arno participe à Autour de Serge Reggiani, disque hommage au chanteur, et interprète « Sarah ». Il repart en tournée. Durant l’été 2003, il se produit, entre autres, au Francofolies de La Rochelle, aux Vieilles Charrues et à la Fête de l’Humanité. Le 4 mai 2004 paraît un nouvel album en français, French bazaar. Arno navigue une nouvelle fois entre chanson ("Chic et pas cher"...), blues ("Chanteur de charme"), et rock ("In love avec une DJ"). Il offre une version magnifique de "Voir un ami pleurer" de Jacques Brel, et reprend "Sarah" de Georges Moustaki, popularisée à l'époque par Serge Reggiani. En septembre 2004, il se produit deux fois au Vietnam, avant d'entamer une tournée jusqu'à fin mai 2005, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse et en France. Il continue durant l'été avec quelques festivals dont Solidays à Paris et les Francofolies de La Rochelle. Un album en concert, Arno live in Brussels, enregistré à l'Ancienne Belgique en mars 2005, sort fin août, suivi en octobre par un DVD. Un Tribute à Arno sort en février 2006, avec notamment Têtes Raides ("Elle adore le noir"), Magyd Cherfi ("Lola etc"), Rodolphe Burger ("When the rock") et Cali ("Lonesome Zorro")...

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