Béranger, François

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1937-2003) - Auteur, Compositeur, Interprète

François Béranger naît en août 1937, à Amilly, près de Montargis, dans le Loiret. Il passe son enfance à Suresnes en région parisienne. Son père, militant syndicaliste, travaille chez Renault à l’usine de Billancourt. Résistant, au sortir de la guerre, il est élu député du parti démocrate-chrétien, le MRP, pour la Nièvre de 1945 à 1951. Sa mère, couturière à domicile lui transmet sa passion pour la chanson, en lui faisant écouter Damia, Fréhel, Charles Trenet, Jean Sablon ou encore Jean Lumière.

En 1954, François Béranger alors en terminale arrête ses études et rentre chez Renault comme ouvrier, tout en passant en candidat libre un bac technique. La même année il entre dans une troupe de théâtre amateur du XI ème arrondissement de Paris, La Roulotte. C’est ainsi qu’il commence à interpréter en s’accompagnant à la guitare des chansons de Félix Leclerc qu’il affectionne tout particulièrement. En 1958, il est appelé sous les drapeaux et après un passage à Berlin, se retrouve en Algérie pendant 19 mois. Démobilisé en décembre 1960, il en revient vidé et épuisé. Il reprend un temps son travail chez Renault, puis par l’intermédiaire de son beau-père l’acteur Olivier Hussenot, devient assistant auprès d’un réalisateur de courts métrages d’animation.

Il entre ensuite au Service de la Recherche de l’ORTF, dirigé par Pierre Schaeffer et y exerce diverses fonctions, de régisseur, à chef de production, en passant par la réalisation. Avec Mai 68, il se remet à écrire des chansons et les enregistre sur une cassette. La bande arrive entre les mains d’une directrice artistique de chez CBS. Avec un contrat en poche pour cinq ans, François Béranger sort un premier 45 tours en 1969, « Tranche de vie », suivi l’année suivante par son premier album, deux succès. Pourtant François Béranger n’est pas satisfait des méthodes de travail des maisons de disque. Il a du mal à voir ses chansons orchestrer par un autre sans qu’aucun dialogue ne soit possible.

Accompagné par le groupe américain Mornos, il publie en 1971, « Ca doit être bien », deuxième opus au son toujours acoustique (« Ma fleur », « La fête du temps »). Il assure la première partie de Gilles Vigneault à Bobino. Les ventes ne suivent pas et François Béranger se sépare à l’amiable de CBS, pour un petit label indépendant fondé au Québec par Gilles Vigneault, l’Escargot-Sibécar. Il se produit dès lors de plus en plus sur scène, d’abord seul avec sa guitare, puis en petites formations acoustiques, avant d’opter en 1974, suite à la rencontre du guitariste Jean-Pierre Alarcen, pour un son électrique plus rock.

« La Chaise » paru en 1974 (« Tango de l’ennui », « La Fille que j’aime »), reste encore d’une tonalité résolument folk, alors que « Le Monde bouge » (« Magouille blues »), publié quelques mois plus tard bénéficie de la présence d’Alarcen à la guitare et d’un véritable groupe. Avec eux et pendant cinq ans, Béranger enregistrera en tout trois albums studio et un live. Durant cette période, Béranger se produit partout en France, de festivals, en fêtes politiques en galas de soutien, en pratiquant une politique de cachets raisonnables, tout en ayant un droit de regard sur le prix des places. Lui qui ne passe plus en radio, qui agace la France bien pensante par sa franchise et son engagement, est ainsi suivi par un large public.

En 1976, il se produit ainsi devant 70 000 personnes à la Fête de l’Humanité, ou un mois de suite à L’Elysée Montmartre en 1978. En 1979, avec « Mamadou m’a dit », tiré de l’album « Joue pas avec mes nerfs », il renoue avec le succès médiatique. Il passe à l’Olympia pendant une semaine en mars 1981. En 1982, il décide de prendre une pause. Il n’a pas arrêter de tourner pendant douze ans et son dernier album « Da capo », paru chez RCA qui a racheté l’Escargot, n’est pratiquement pas distribué.

En 1989, il revient avec l’album « Dure-mère », presque entièrement réalisé avec des machines. Sa collaboration avec le musicien argentin Lalo Zanelli donne naissance en 1997, à un recueil de treize titres dit « Le Cactus », sur le quel il adapte « Marizibill » de Guillaume Apollinaire. Il effectue dans la foulée sa rentrée parisienne, deux soirs de suite en novembre, sur la scène du Trianon. La tournée qui suit donne lieu à un nouvel enregistrement public. En 1999, il se produit près de trois semaines au Lavoir Moderne Parisien. En octobre 2002, paraît un nouvel album, « Profiter du temps ». François Béranger est décédé d’un cancer le mardi 14 octobre 2003.

RÉAGISSEZ  COMMENTEZ

Donnez votre avis
Portrait de Utilisateur anonyme

Depuis "presque" ses débuts, François Béranger a été ignoré ou "effacé" des grands médias. Seul Jacques Martin avec son émission "Taratata" (eh oui, c'est pas Naguy qui l'a crée)et Michel Drucker avec "Champs Elysées" (première mouture), sans oublier un "A bout Portant" par Claude Villers, ou encore "Drôle de Musique" par Michel Lancelot, on été assez courageux pour braver le dictact des décideurs...De mémoire en tous cas. La personnalité singulière et incorruptible qu'était FBéranger, la qualité de ses chansons/de son oeuvre, reste à jamais au panthéon de ce que la chanson française à produit de meilleur. Honte aux décideurs médiatiques d'hier et d'aujourd'hui pour l'avoir ignoré et caché au grand public, qui sans cela, lui aurait permit de le garder dans son cœur et dans sa mémoire, à jamais. CP

Portrait de Utilisateur anonyme

A quand un hommage à François Béranger ? Vous en parliez à une époque... En 2013 cela fera déjà 10 ans qu'il est parti...

Poster un nouveau commentaire

CAPTCHA visuel
Entrez les caractères (sans espace) affichés dans l'image.
crédits le hall

© LE HALL DE LA CHANSON 1990 - 2017 :: Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles

Parc de la Villette - Pavillon du Charolais - 211, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris - 0153724300


logo MCC
NOUS
SOUTIENNENT

logo SACEM