Brassens, Georges

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1921-1981) - Auteur, Compositeur, Interprète

Georges Brassens naît à Sète dans l’Hérault le 22 octobre 1921. Sa mère, Elvira, est d’origine napolitaine. Son père, Jean-Louis Brassens que l’on appelle Louis, est maçon. En septembre 1933,Georges Brassens débute ses études secondaires. Malgré un premier prix de Français en quatrième, Georges Brassens n’est pas un bon élève. Il préfère les activités sportives que les études.

A la maison, on chante beaucoup : des mélodies napolitaines et les chansons de Mireille pour Elvira, Paul Delmet, puis Ray Ventura pour Louis. Georges découvre Charles Trenet, qui débute au sein du duo Charles et Johnny. Il lui vouera toute sa vie une admiration immense. En 1936, Il fait une rencontre déterminante en la personne de son professeur de lettres, Alphonse Bonnafé. Ce dernier lui fait découvrir et apprécier la poésie et notamment François Villon, Baudelaire, Verlaine, Mallarmé... Durant l'année 1938, Georges Brassens fait de plus en plus l’école buissonnière. La chanson et la musique sont ses activités principales. Il réécritles paroles des succès de l’époque. Avec sa bande de copains (Emile Miramont au banjo, Germain Metge à l’accordéon, André Vivarès à la guitare et Robert Bayle à la trompette), il fonde un orchestre. Il y tient la batterie.
 
En février 1940, Georges Brassens arrive à Paris. Il loge chez sa tante Antoinette (la soeur de sa mère) au n°173 de la rue d’Alésia, dans le XIVème arrondissement. Il entre comme ouvrier tourneur aux Usines Renault de Billancourt. Le soir, il apprend le piano, seul avec une méthode dans le salon de sa tante. Il y reproduit les chansons qu’il aime, y met en forme celles qu’il écrit. Il composera tout au long de sa vie sur cet instrument. En juin, après le bombardement des Usines Renault et leur fermeture, il redescend à Sète. En septembre, il est de retour à Paris. Plus question de travailler aux Usines Renault, réquisitionnées par l’occupant. De nouveau logé chez sa tante, Georges Brassens se consacre au piano et à l’écriture. Il désire devenir poète et étudie l’oeuvre de ses illustres prédécesseurs à la bibliothèque du XIVème arrondissement. Entre 1940 et 1944, il écrit une centaine de chansons et trois à quatre cents poèmes, dont peu finalement verront le jour. En mars 1943, il est réquisitionné pour le Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne. Il part pour Basdorf. Il y rencontre Pierre Onténiente qui devient son ami et plus tard son secrétaire particulier. Il continue de travailler le piano le samedi soir et le dimanche à l’auberge du village. Il y chante les succès de Trenet et ses propres compositions. Il y écrit ses premières grandes chansons comme "Pauvre Martin" et "Bonhomme". Il s’y produit pour la première fois officiellement sur scène... Le 8 mars 1944, un an après son départ, il revient à Paris en permission pour deux semaines. Il les passe chez sa tante, puis déserte et s’installe impasse Florimont dans le XIVème chez Jeanne Le Bonniec et son mari Marcel Planche. Il y restera jusqu’en 1966.
 
Georges Brassens achète sa première guitare en 1945. L'année suivante, il collabore au journal Le Libertaire, organe de la Fédération Anarchiste, tout d’abord comme correcteur, puis comme auteur de chroniques sous des pseudonymes variés. En 1947, il écrit les chansons "La chasse aux papillons", "Brave Margot", "Le Gorille", "La mauvaise réputation"... Georges Brassens rencontre près de l’impasse Florimont, Joha Heyman, une jeune femme née en Estonie. Elle devient sa compagne. Il la surnomme "Püppchen", ce qui en allemand signifie "Poupée". Elle lui inspire "J’ai rendez-vous avec vous", "Je me suis fait tout petit", "La non demande en mariage"... En 1951, Georges Brassens s’est constitué un répertoire : "Le gorille", "Brave Margot", "Bonhomme", "La mauvaise réputation", "Le parapluie", "La chasse aux papillons", "Maman, Papa", "J’ai rendez-vous avec vous"... Un ami anarchiste, Henri Bouye, parle de lui à Jacques Grello, chansonnier vedette du Caveau de la République. Ce dernier l’écoute chanter. Il en ressort totalement enthousiaste, lui offre sa guitare flambant neuve et surtout l'encourage. Jacques Grello le fait passer sans succès au Caveau de la République, puis au Lapin Agile (Brassens abandonne dès le deuxième soir car il n’arrive pas à capter l’auditoire), à l’Ecluse, à l’Echelle de Jacob et au Milord l’Arsouille. Deux de ses amis d’enfance, Victor Laville et Roger Thérond, travaillant à Paris Match, poussent Georges Brassens à auditionner devant Patachou dans son cabaret de la butte Montmartre. Le jeudi 6 mars 1952, assez tard, après le départ des derniers clients, il entonne "Le Gorille", "La mauvaise réputation", "la chasse aux papillons".... Pierre Nicolas, alors contrebassiste du lieu, l’accompagne. Brassens chante plus d’une heure. Patachou est conquise et l'engage. Il débute le samedi suivant. Patachou présente Ray Ventura à Brassens qui cherche un éditeur. Elle demande également à Jacques Canetti (impresario, directeur artistique chez Philips, directeur du Théâtre des Trois Baudets) de venir l’écouter. Canetti l’engage pour une tournée d’été de quarante dates avec Patachou et Les Frères Jacques.
 
Le 19 septembre 1952, Georges Brassens débute aux Trois Baudets dans un programme dont la vedette est Henri Salvador, et Mouloudji la vedette américaine. Il s’accompagne seul à la guitare. Jacques Canetti fait enregistrer à Brassens quatre 78 tours deux titres pour la firme Polydor qui sortent tout au long de l’année : "Le Gorille" et "Le mauvais sujet repenti", "La mauvaise réputation" et "Le petit cheval", "Corne d’aurochs" et "Hécatombe"... Georges Brassens se produit une nouvelle fois aux Trois Baudets à partir de février 1953 dans le spectacle Ne tirez pas sur le pianiste avec Catherine Sauvage. Il passe aussi chez Agnès Capri, à la Villa d’Este... Du 16 au 29 octobre 1953, il chante en tête d’affiche à Bobino, accompagné par Pierre Nicolas à la contrebasse. En décembre sort son premier 33 tours 25cm : Georges Brassens chante les chansons poétiques (et souvent gaillardes) de ... Georges Brassens. Au cours de l'année 1954, Brassens passe plusieurs fois à l'Olympia. En mars, paraît son deuxième 33 tours ("Le vent", "J’ai rendez-vous avec vous", "Banc public", "Pauvre Martin"...) Son 78 tours contenant "Le Parapluie" et "Le fossoyeur" obtient le Premier Prix de l’Académie Charles Cros. Il finit l’année sur la scène de Bobino. Pierre Onténiente devient son secrétaire particulier. En 1955, Georges Brassens tourne pendant quatre mois en France, Belgique, Suisse, Afrique du Nord. En avril, sort son troisième 33 tours ("Les sabots d’Hélène", "Chanson pour l’Auvergnat", "La Mauvaise herbe"...) Avec la création d’Europe n°1, ses chansons censurées comme "Le Gorille", passent enfin à la radio. Du 6 au 27 octobre 1955, il retrouve l’Olympia. Du 27 janvier au 15 février 1956, il chante à Bobino. Il tourne en France et en Belgique. En mars 1956, sort son quatrième 33 tours ("Je me suis fait tout petit", "Auprès de mon arbre", "La légende de la nonne"...) Georges Brassens joue dans le film Porte des Lilas de René Clair, adapté du roman La grande Ceinture de René Fallet. Durant l'année 1957,  il se produit à l'Olympia, à  l'Alhambra, à Bobino... En septembre, il publie son cinquième 33 tours ("Oncle Archibald", "Les Lilas", "La marche nuptiale"...). L'année 1958 le voit tourner en France, Suisse et Italie. Il passe à l’Olympia du 23 octobre au 17 novembre. Son sixième 33 tours ("Le pornographe", "Le vieux Léon", "Comme une soeur"...) sort en novembre. De mi-janvier à mi-avril 1959, il passe en concert en France, Belgique, Suisse et en Afrique du Nord. Il retrouve Bobino du 5 au 23 novembre 1959. Georges Brassens se produit du 21 janvier au 15 février 1960 à l'Olympia, puis à Bobino du 14 au 25 avril. En mars 1960, son septième disque ("Les funérailles d’antan", "Le mécréant", "Le Père Noël et la petite fille"...) paraît. Le 20 avril, son ami le poète Paul Fort meurt à l’âge de 88 ans. Georges Brassens rencontre pour la première fois l’idole de sa jeunesse, Charles Trenet.  
 
Du 29 septembre au 15 octobre 1961, il chante au Canada ( Montréal, Québec et Ottawa). Son huitième disque sort en novembre    ("La complainte des filles de joie", "Le temps ne fait rien à l’affaire", "Dans l’eau de la claire fontaine"...) Il termine l’année sur la scène de l’Olympia (du 3 novembre au 3 décembre 1961). Le 15 mai 1962, Georges Brassens donne un spectacle hommage à Paul Fort au Théâtre Hébertot à Paris. En décembre 1962, il se produit à l’Olympia. Il souffre de plus en plus de coliques néphrétiques. Il ne tient que grâce à des piqûres. Le soir de la dernière, Bruno Coquatrix insiste pour qu’il retourne sur scène alors que Brassens est en pleine crise. Il n’y remettra plus les pieds à l’exception d’un gala unique le 7 décembre 1965 au profit de Serge Lama, victime d’un grave accident. Son neuvième et dernier 33 tours 25 cm paraît en décembre 1962 ("Les trompettes de la renommée", "Jeanne", "Marquise", "Les amours d’antan"...). Le 16 janvier 1963, Georges Brassens se fait opérer du rein gauche à la clinique Jouvenel par le professeur Couvelaire. Il doit s’astreindre à un régime draconien, qu’il ne respectera pas toujours. Brassens passe à Bobino du 12 septembre au 7 octobre 1963, puis part en tournée en France, Belgique et Suisse (du 14 octobre au 7 décembre). Georges Brassens revient au cinéma en 1964, non pas comme acteur, mais en écrivant une de ses chansons les plus connues "Les Copains d’abord" pour le film Les Copains d’Yves Robert, un de ses vieux complices des Trois Baudets. En novembre 1964 sort son premier 33 tours 30 cm ("Les copains d’abord", "La tondue", Les deux oncles", "Le Grand Pan"...) Brassens passe à Bobino du 21 octobre 1964 au 10 janvier 1965, avec en alternance en première partie, Barbara, Serge Lama, Michèle Arnaud, Brigitte Fontaine, Jean Harold et Boby Lapointe. En 1965, Georges Brassens chante à l’ABC avec Charles Trenet à l’occasion d’un Musicorama diffusé sur Europe 1. Il donne un gala au profit du Monde Libertaire le 10 novembre.
 
Il quitte l’impasse Florimont en 1966. Il emménage dans un immeuble moderne, Le Méridien, situé au 7-9 rue Emile Dubois, toujours dans le XIVème arrondissement. Il a pour voisin de palier Jacques Brel. Il se produit avec Juliette Gréco sur la scène du TNP du 16 septembre au 23 octobre 1966. En octobre sort un nouveau disque ("Supplique pour être enterré à la plage de Sète", "La non-demande en mariage", "Le grand chêne", "Les quatre bacheliers"...) Brassens se produit à nouveau à Bobino du 10 janvier au 13 février 1967. Le 7 mai à trois heures du matin, Jacques Brel emmène Brassens qui souffre d’une crise aiguë de coliques néphrétiques à la clinique. Le 12 mai, il subit une deuxième opération du rein. Le 8 juin, il reçoit le Grand Prix de poésie de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre. Brassens se réjouit sans y participer des évènements de 68. Il est une nouvelle fois cloué sur un lit d’hôpital. Le lundi 6 janvier 1969 a lieu la rencontre entre Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré, interviewés par François-René Cristiani pour une publication dans Rock & Folk le mois suivant. Le photographe Jean-Pierre Leloir immortalise l’événement. Brassens emménage dans une maison avec petit jardin au 42 rue Santos-Dumont, dans le XVème arrondissement. En novembre 1969, il publie un nouvel album ("Misogynie à part", "Oiseaux de passage", "La religieuse"...). Brassens donne à Bobino ce nouveau récital du 14 octobre au 4 janvier 1970. Il accepte d’interpréter "Heureux qui comme Ulysse" (Paroles d’Henri Colpi, musique de Georges Delerue) pour le film éponyme réalisé par Henri Colpi, un vieil ami de Sète.
 
En 1971, il compose la musique du film Le drapeau noir flotte sur la marmite de Michel Audiard adapté du livre de René Fallet Il était un petit navire. L'année suivante, il enregistre un disque hommage à Paul Fort, à l’occasion du centenaire de la naissance du poète (Paul Fort – Centenaire). Du 10 octobre 1972 au 7 janvier 1973, il retrouve Bobino, sa salle fétiche. Il s’y produit à guichets fermés avec, entre autres, en première partie Maxime Le Forestier, Philippe Chatel, Henri Tachan. En octobre 1972, sort son avant dernier album ("Fernande", "Mourir pour des idées",         "La ballade des gens qui sont nés quelque part"...) Affaibli par ses problèmes de santé, Georges Brassens entame une dernière tournée le 14 janvier 1973. Il donne jusqu’au 2 juin plus de cent concerts, en France et Belgique. Après trois années d’absence consacrées à l’écriture et aux amis, Brassens revient en 1976 avec un album intitulé Nouvelles chansons ("Trompe-la-Mort", "Les ricochets", "Don Juan"...) Il se produit pour la dernière fois sur la scène de Bobino, du 19 octobre 1976 au 20 mars 1977. Le soir de la dernière, il achève ses rappels par "Les Copains d’abord". Jacques Canetti fait monter sur scène tous les amis présents : Joël Favreau, Mireille, Marcel Amont, Pierre Dudan, Pierre Louki, René Fallet... qui chantent avec lui. Brassens enregistre en juin 1979, avec son ami Moustache et des musiciens de jazz, vingt-deux de ses chansons en version instrumentale jazz. Brassens les accompagne à la guitare. Il chante en plus une inédite, "Elégie à un petit rat de cave", dédiée à la femme de Moustache. Il  participe au conte musical Emilie Jolie de Philippe Chatel en tenant le rôle du hérisson.
 
Les 14 et 15 mai 1980 accompagné de Pierre Nicolas (contrebasse), Joël Favreau (guitare), de Jean Bertola (piano) et de Georges Tabet, Brassens enregistre au profit de l’Association Perce-Neige vingt-sept chansons de sa jeunesse, parmi lesquelles : "Le Fiacre", "Boum", "Le petit chemin", "Pour me rendre à mon bureau", "Avoir un bon copain". En septembre 1980, il se plaint de douleurs au ventre. En novembre, il est opéré. Il souffre d’un cancer de l’intestin. Le jeudi 29 octobre 1981 à 23h15, Georges Brassens décède à St Gély-du-Fesc dans l’Hérault, chez son ami le chirurgien Maurice Bousquet. 

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