Capri, Agnès

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1907-1976) - Interprète, Auteur, Directrice de salle

Issue d’une famille juive qui a fui la Révolution Russe, Sophie Rose Friedmann, alias Agnès Capri est née en 1915 à l’Arbresle dans le Rhône. Adolescente, elle prend d’abord des cours d’art dramatique chez Charles Dullin et Louis Jouvet, et s’initie au chant dès l’âge de seize ans à la célèbre Schola Cantorum. Imprégnée d’idées révolutionnaires, elle devient membre de l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires et fréquente à cette occasion Paul Nizan, Louis Aragon et Marx Ernst.

En 1935, elle se lance dans la chanson au Boeuf sur le Toit, cabaret ouvert à l’initiative de Jean Cocteau, où elle interprète les premiers textes mis en musique de Jacques Prévert, comme "Embrasse moi" (Prévert/Wal-Berg) et "Quand tu dors" (Prévert/Christiane Verger). Le succès est immédiat et le tout Paris se précipite pour écouter cette jeune femme dont la voix et le répertoire sont très vite reconnus. Dans la foulée, Agnès Capri est programmée à l’A.B.C. Elle y fait scandale le jour de Pâques en récitant le poème de Jacques Prévert « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y ».

Elle se produit également sur la scène de l’Opéra bouffe, avant d’ouvrir, en 1938, son propre lieu, Le Capricorne, rue Molière à Paris. Cet endroit révolutionnaire, où elle retrouve plusieurs artistes surréalistes et amis du groupe Octobre comme Jacques Prévert, Michel Vaucaire, Joseph Kosma, verra les débuts de Germaine Montero. Elle y interprète toujours Jacques Prévert : "La pêche à la baleine" (Prévert/Kosma), "Deux escargots s'en vont à l'enterrement" (Prévert/Kosma). Début 1940, elle y crée, "Le grand type", dont elle a écrit les paroles, sur une musique de Joseph Kosma, et l'enregistre en mars de la même année. L’arrivée des troupes allemandes la contraint à fermer Le Capricorne.

En zone libre, elle monte un récital (création de "L'orgue de Barbarie" de Prévert/Kosma au Théâtre des Célestins de Lyon en novembre 1941), très vite interdit. Recherchée, elle quitte la France pour Alger. Elle y présente des spectacles de chansonniers et anime les spectacles de l’Opéra d’Alger avec l’aide de Jacques Canetti, grand découvreur de talents. Elle revient à Paris en 1944, et réinstalle son cabaret (théâtre Agnès Capri) où se produiront, entre autres, Catherine Sauvage, Cora Vaucaire, Mouloudji, Serge Reggiani et les Frères Jacques qui y remportent leurs premiers succès. La concurrence lui impose hélas en 1958 de fermer son cabaret.

Cependant, elle continue jusqu'à sa mort sa carrière de chanteuse et comédienne et enseigne son savoir au théâtre de l’Epée de Bois. Agnès Capri, également auteur de nombreuses chansons (« La Grande Opéra », « Laisse parler Jacob »), peut véritablement être considérée comme l’une des pionnières de la chanson au féminin. Elle décède en 1976 à Paris.

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