Chao, Manu

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

1961 - Auteur, Compositeur, Interprète

José Manuel Chao naît le 21 juin 1961 à Paris, de parents espagnols. Son père Ramon, d’origine galicienne est journaliste à RFI Amérique latine après avoir abandonné une carrière de pianiste classique prometteuse. Sa mère Felisa, scientifique, est la fille d’un républicain basque espagnol qui a fui le régime Franquiste. Manu Chao passe son enfance et son adolescence avec son frère cadet Antoine, à Sèvres en banlieue Ouest, près de Boulogne-Billancourt. A l’âge de 10 et 8 ans, les deux frères découvrent un piano dans le salon de leur maison. Leur père les initie à l’instrument. Pourtant progressivement, ils s’en éloignent. Manu opte pour la guitare et Antoine pour la batterie. Manu entre au conservatoire. Il passe la plupart de son temps avec son cousin Santiago Casariego, alias Santi. Ils partagent les mêmes goûts musicaux : Chuck Berry, Little Richard, Otis Redding… A la maison, ses parents écoutent des disques ramenés d’Amérique Latine par son grand-père paternel. Manu Chao obtient son baccalauréat à 18 ans et s’oriente vers la musique. En 1979, avec Santi, ils intègrent le groupe Joint de Culasse, dont le répertoire est essentiellement constitué de reprises de standards rock des années 50.

En 1985, Manu monte les Hot Pants, dont le nom est tiré d’une chanson de James Brown. Santi tient la batterie. La musique est plus rock, tendance Clash ou Dr Feelgood, même si le rockabilly n’est jamais loin, mélangé avec un son latino (reprise de « Ay Qué Dolor » du groupe espagnol Los Chungitos). Les Hot Pants publient un seul album, Loco Mosquito, en 1985, et se séparent l’année suivante.

En 1986, Manu Chao participe un temps aux Kingsnakes. Surtout il joue dans Los Carayos, formation regroupant des musiciens de la scène rock alternative : Alain des Wampas, Antoine Chao, alors trompette des Chihuahua, Shultz de Parabellum, François Hadji- Lazaro, fondateur de Boucherie Production et des groupes Pigalle et Les Garçons Bouchers. Deux albums sortent : Persistent et signent en 1986 et Au prix où sont les courges en 1987.

La même année, Manu Chao forme la Mano Negra (nom d’une organisation de guérilleros sud-américains trouvé dans une BD), en compagnie de son cousin Santi à la batterie et d’Antoine, son frère à la trompette. A ce trio de base s’adjoignent des musiciens extérieurs : Thomas Darnal (claviers), trois musiciens des Casse-Pieds : Daniel Jamet (guitare), Jo Dahan (guitare, puis basse avec la Mano Negra) et Philippe Teboul (batterie, puis percussions avec la Mano Negra).

Après un premier 45 tours (« Zarzamora »), la Mano Negra sort son premier album en juin 1988, chez Boucherie Production. Il est enregistré avec ces musiciens, plus Alain des Wampas, et les Dirty District, groupe de Sèvres. Patchanka propose un mélange de rock (« Mano Negra », « Ronde de nuit », « Mala Vida »), de rock et de rap (« Rock Island Line », « Killin’ rats »), de rock et de salsa (« Indios de Barcelona »), de ska (« Lonesome Bop ») et même un flamenco (« Salga la luna »). Le tout est agrémenté de cuivres. Manu chante en français, anglais et espagnol. « Mala Vida » devient un succès et son clip est diffusé sur M6. En un an, par le bouche à oreille, le disque se vend à plus de 50 000 exemplaires. Le groupe part en tournée et acquiert sa formule définitive : Manu (chant/guitare), Antoine (trompette/chœurs), Santiago Casariego (batterie/chœurs), Daniel Jamet (guitare/choeurs), Jo Dahan (basse/chœurs), Tom Darnal (claviers/chœurs), Philippe Teboul (percussions/chœurs) et Pierre Gauthé, alias Kröpol, qui jouait avec les Têtes Raides (trombone). En 1989, la Mano Negra signe avec Virgin qui leur assure une autonomie presque totale, et quitte Boucherie Production. Ils sont pour cela fortement critiqués par les alternatifs les plus extrémistes. En avril 1989, le groupe enregistre son deuxième album, puis part en tournée en juin suivant au Pérou et en Equateur.

Puta’s Fever sort à l’automne 1989. Nouveau cocktail explosif de rock (« Rock’n’roll band », « Soledad », « The devil’s call »…), de salsa (« Patchanka »), de raï à la sauce rock (« Sidi H’Bibi », classique oriental), de rap et rock (« The rebell spell »), rap et soul (« King kong five »), de reggae (« Peligro ») et même une chanson d’amour qui finit très rock (« Pas assez de toi »)… « Sidi H’Bibi » entre au Top 50. Le morceau, chanté en arabe est censuré pendant la Guerre du Golfe. L’album se vend à plus de 400 000 exemplaires en France et 300 000 dans le monde. La Mano Negra ne cesse de tourner : Olympia en novembre 1989, Pigalle en mars 1990 (La Cigale, Elysée-Montmatre…), Europe, Japon, Canada et même aux Etats-Unis en première partie d’Iggy Pop. L’expérience ne plaît pas au groupe qui décide de ne plus y jouer. En décembre 1990, La Mano enregistre son troisième opus à Cologne en Allemagne.

King of Bongo paraît en avril 1991. Le groupe élargit sa palette musicale : rock (« Mad man’s dead », « Welcome to occident », punk rock (« Letter to the censors »), boogie (« Don’t want you no more »), java (« Le bruit du frigo », « Paris la nuit », reprise de « Ronde de nuit »), salsa (« El Jako »), ska (« It’s my heart »), reggae (« Bring the fire », « The fool »)… La Mano refuse de faire la promotion de ce disque et part en tournée en banlieue parisienne, avec La Caravane des quartiers, regroupant diverses associations, puis en province. Fin 1991, le groupe se produit au Mexique, au Japon, en Italie. En mars 1992, La Mano s’embarque à bord du Cargo 92, avec la compagnie Royal de Luxe, les metteurs en scène Philippe Découflé et Philippe Genty et d’autres artistes. Pendant six mois, le cargo visite 17 ports de l’Amérique latine et propose spectacles et concerts (dans une rue reconstituée sur le bateau). Dans chaque pays le groupe donne des concerts improvisés dans les quartiers de villes visitées. Cette expérience unique pour chacun des musiciens, va également faire éclater des tensions dès le retour en France. En décembre 1992, paraît In The Hell of Patchinko, album live enregistré un an auparavant à Kawasaki au Japon. On y retrouve toute la fureur de ce groupe de scène. La Mano a joué en concert avec de nombreuses formations, notamment Les Wampas et Les Satelittes.

En janvier 1993, Antoine et Jo quittent le groupe. Jo rejoindra en 1996 les Wampas en tant que guitariste. Antoine devient un temps DJ puisse se lance dans la radio en tant que programmateur, réalisateur et animateur. Daniel Jamet s’en va ensuite au cours de l’enregistrement du dernier album. On le retrouvera plus tard au sein de différents groupes dont Flor Del Fango (avec notamment Napo Romero, ex-chanteur et guitariste de Chihuahua, et Philippe Teboul). Privé de trois de ses membres, La Mano Negra part pour la Colombie en novembre 1993. Le groupe traverse le pays à bord d’un train, l’Expreso de hielo (l’express de glace) et donne des concerts. Au bout de deux semaines, Philippe Teboul, Santi, Kröpol abandonnent et rentrent en France. De trop fortes tensions les opposent à Manu Chao. Seul Tom continue le voyage en sa compagnie.

En juin 1994, il quitte le groupe et monte P18. Casa Babylon sort en mai 1994. Il a été enregistré pendant près de trois ans dans différents studios et pays (France, Allemagne, Argentine…). Manu Chao le mixe seul. L’album est truffé de montages sonores (émissions de radio, dialogues de feuilletons TV…). Manu y partage le chant avec Fidel Nadal, un argentin rencontré lors de Cargo 92. Les morceaux majoritairement issus d’improvisations retravaillées par la suite naviguent entre salsa (« Casa Babylon »), rock et rap (« The Monkey », « Santa Maradona ») et surtout reggae (« Senor Matanza », « Machine Gun », « Drives me crazy »…).

La Mano Negra se sépare sans annonce officielle en 1994. Manu Chao s’installe l’année suivante en Espagne et monte Radio Bemba avec Philippe Teboul à la batterie. Ce dernier finalement rentre en France et l’expérience tourne court. Après avoir songé à un disque techno, Manu Chao voyage en Amérique latine, au Mexique, au Brésil, en Colombie... Il se rend également en Galice en Espagne. Avec un mini studio portatif et sa guitare sèche, il enregistre des chansons au gré des rencontres. Surtout il réapprend à chanter accompagné seulement d’une guitare, n’importe où, dans les bars, la rue… En mai 1997, il rencontre l’ingénieur du son Renaud Letang. Aidé par l’ancien batteur des Satellites, il ordonne les nombreuses maquettes accumulées par Manu.

Clandestino, son premier album solo paraît en avril 1998. Les 16 morceaux pour la grande majorité interprétés en espagnol s’enchaînent sans coupure, avec bruitages sonores variés. Manu Chao privilégie les ambiances acoustiques, très loin des sonorités rock de la Mano Negra. Musicalement l’album mélange reggae et surtout musiques latines : samba, bossa, salsa… « Clandestino » envahit les ondes tout comme « Desaparecido » et « Je ne t’aime plus ». Sur « Bongo bong », Manu reprend « King of Bongo » de la Mano Negra. Antoine, son frère, joue de la trompette sur le disque et Jeff Cahours (ex-Satellites), du trombone. La même année, un Best Of de la Mano Negra voit le jour. Clandestino se vend à plus de trois millions d’exemplaires. Manu tourne à partir du printemps 2000 avec Radio Bemba en Amérique latine : Mexique, Equateur, Argentine, Bolivie, Pérou, Chili, Brésil…

Enregistré dès 1999, Proxima estacion : Esperanza ne sort qu’en juin 2001. Réalisé une nouvelle fois avec Renaud Letang, mais cette fois en partie à Barcelone où Manu vit, ce deuxième opus solo est musicalement dans la lignée du précédent (« Me gustas tu », « Homens »…). Par contre, « Denia », interprété en arabe lorgne du côté de la chanson algérienne traditionnelle et « Trapped by love » vers le jazz. Manu Chao enregistre une guitare rythmique sur « Le vent nous portera », premier single extrait de Des Visages des figures, album de Noir Désir qui sort en septembre 2001. Il reprend la route avec Radio Bemba et cette fois se produit en France et en Europe. En septembre 2002 paraît Radio Bemba Sound System, album live de 29 morceaux enregistré à la Grande Halle de La Villette à Paris un an auparavant. Manu revisite ses morceaux et ceux de la Mano Negra avec énergie et mélange, rock, punk, ska, reggae et musiques latines. Il s’octroie ensuite une pause avant de reprendre les concerts dès mai 2003 en France puis en Europe.

Vivant depuis un an à Paris, dans le quartier de Pigalle, Manu Chao revient en novembre 2004 avec un livre, Sibérie m'était contée, compilant plusieurs de ses textes avec des illustrations du dessinateur Wozniak. Le livre est accompagné d'un nouvel album entièrement en français. Manu Chao produit par ailleurs, Dimanche à Bamako, album d'Amadou et Mariam qui sort en novembre. Fin novembre 2005 paraît Out of Time, double DVD réalisé par trois ex-membres du groupe, qui propose l’histoire de La Mano Negra en images et Lo Mejor de La Mano Negra, double CD (Best Of et morceaux live inédits).

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