Cheb Mami

Créé le 29 septembre 2010 |
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1966 - Auteur, Compositeur, Interprète

Khélifati Mohamed, dit Cheb Mami, est né le 11 juillet 1966 au coeur de Graba el- Oued, quartier populaire de Saïda, grande ville du sud-ouest algérien réputée pour la richesse de son folklore et la qualité de sa veine poétique. Comme la plupart des vocalistes maghrébins, Mami entre dans la chanson par la porte confidentielle des fêtes de mariage et de circoncision.

En 1980, le « môme » (signification de son surnom Mami), âgé alors de 14 ans, acquiert une solide réputation d’animateur idéal pour noces et banquets, au moment où le postecassette installe les mélopées raï dans la rue. Véritable média parallèle traduisible en gros par « opinion », ce style musical sort enfin de la réserve où les pouvoirs l’avaient sciemment parqué, pour se répandre à travers toute l’Algérie, grâce aux jeunes numériquement majoritaires mais socialement exclus. Cheb Mami exprime leur détresse sexuelle, les virées-échappatoires du jeudi soir (vendredi est jour férié en Algérie) à travers ses chansons. Mais le raï, en dépit d’une percée fulgurante, continue d’être boudé par les médias nationaux et son lieu d'accueil reste les "rades" et les boîtes de la corniche oranaise.

C’est Cheb Mami, la plus jeune des grandes voix du raï, qui en 1982 à Alger, ouvre la première brèche à l’occasion d’un concours « révélations » diffusé par la télévision algérienne. Il y remporte le second prix, matérialisé par un accordéon. Cette première apparition télévisuelle, lui permet d’être engagé par « Disco Maghreb », la plus importante maison de disques de l’Oranais. Dès lors, Mami passe le plus clair de son temps entre animation de fêtes, spectacles dans les night-clubs et enregistrements de cassettes. Il fait sensation, en 1985, au cours du premier festival de raï autorisé par le pouvoir qui décrète cette musique comme « partie intégrante du patrimoine national. ». Surnommé « le petit prince », Cheb Mami y étale toute sa maîtrise vocale et réhabilite le "country raï" étouffé par la pression du raï surchargé de synthés des chebs d’Oran. Fait rarissime, Mami est auteurcompositeur de la plupart de ses chansons.

Loin de le griser, ce succès le pousse à débarquer à Paris à la fin de l’année 1985. Il y grave quelques cassettes dans le circuit du quartier de Barbés et joue dans plusieurs cabarets orientaux de la capitale. Il saisit sa chance au début de l’année 1986, lors des deux festivals de la Villette et Bobigny. Mami gagne là une reconnaissance du public, essentiellement communautaire, et celle des médias. Il rencontre avec Michel Lévy, managerproducteur. Avec lui, il réalise deux 33 tours (les premiers du raï moderne). Il participe à diverses émissions de télévision françaises et entame une tournée européenne.

Ce prometteur démarrage international est interrompu par son service militaire, de deux ans en Algérie. Affecté aux transmissions à Oran, Mami est en fait chargé de l’animation de spectacles dans les casernes. A son retour à Paris, en 1989, Il semble s’être débarrassé de sa timidité autrefois un peu trop flagrante et le prouve sur la scène de l’Olympia. Premier chanteur raï à se produire dans ce temple du music-hall parisien, il découvre également le premier les scènes américaines, celles du fameux Sound Of Brazil new-yorkais, notamment. En 1990, à Los Angeles, il enregistre « Let Me Raï » sous la houlette de Hilton Rosenthal, le producteur de Johnny Clegg. La carrière de cet album très abouti est contrariée par la guerre du Golfe.

En 1994, Mami enregistre de nouveau à Los Angeles, un album intitulé « Saïda », en hommage à son lieu de naissance. Mami a toujours su emmagasiner puis synthétiser de multiples influences avant de créer sa propre ligne. De l’héritage oral de Saïda, il assimile les rythmes bédouins qui constituent l’ossature du raï. Il incorpore également l’apport des vétérans du raï (Blaoui Houari ou Boutaïba S’ghir) et celui des racines méditerranéennes (grecques, turques et ibériques). Mais le fan de Stevie Wonder, Otis Redding, MC Solar et Tonton David (avec qui il a chanté en duo le titre « Fugitif ») n’oublie pas sa culture blues et rap et il l’intègre harmonieusement dans son album, notamment sur le titre « Ma Ma », chanté en duo avec l’étonnante Baby Girl. Ce morceau, qui se veut un clin d’oeil à la génération des banlieues, accompagne le film «Raï».

Pendant l’année 1998, Cheb Mami, jusque-là moins médiatisé que son collègue Khaled, marque son territoire et confirme son statut de star. Il s’offre le luxe de deux concerts au Zénith de Paris et attire plus de 13 000 personnes. André Téchiné choisit une de ses chansons pour la bande originale de son film « Les voleurs » et Laetitia Masson fait de même pour son film « En avoir (ou pas) ». Un portrait chaleureux lui est consacré par Arte et les télévisions lui ouvrent leurs portes. Depuis la sortie de l’album « Meli Meli » ("Parisien du Nord") chez la major Virgin, il accumule les succès (dont un duo avec Sting) et les sollicitations.

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