Chevalier, Maurice

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1888-1972) - Interprète, Acteur, Auteur

Né à Ménilmontant le 12 septembre 1888 dans un milieu modeste, il commence dès l'âge de 12 ans à se produire dans des cafés et des petits cabarets, comme l'Elysée-Ménilmontant. Son répertoire est alors composé d'imitations de Dranem. Sur scène, il adopte une tenue de clown : nez peint en rouge, petit chapeau, chaussures trop grandes.

C'est à l'Alcazar de Marseille, où il triomphe en 1905, à 17 ans, que sa carrière est lancée. Il entretient une liaison avec Fréhel, avant d'être engagé pour trois ans à partir de 1910 aux Folies- Bergère pour des revues avec Gaby Deslys, puis avec Mistinguett qui devient sa compagne. Son retour du front en 1916, le fait changer de répertoire. Son passage en tête d'affiche au Casino de Paris en 1920 marque une étape dans sa carrière : de retour de Londres, il adopte le smoking, son déhanchement inimitable et coiffe pour la première fois son fameux canotier.

Dans cette après-guerre des Années folles, où le music-hall a recours à une débauche de moyens pour répondre à une soif de divertissement, Maurice Chevalier, à la fois gosse de Ménilmontant et image de la réussite sociale, est plus que jamais en phase avec le public. Il enchaîne en 1920 et 1921 deux opérettes phare d'Albert Willemetz et Henri Christiné : Phi-Phi et Dédé ("Dans la vie faut pas s'en faire"). En 1924, sa revue Paris en fleurs au Casino de Paris est un succès sans précédent. Son mariage avec Yvonne Vallée reste l'événement médiatique de 1928. Son séjour aux Etats-Unis, de 1928 à 1935, le consacre comme star internationale. Il déchaîne l'enthousiasme sur scène, mais surtout, il enchaîne les tournages de succès au cinéma : La Chanson de Paris, Parade d'Amour, La Veuve Joyeuse, Monsieur Bébé...

Son retour en France est plus difficile : le music-hall décline, ses cachets sont trop élevés, et il subit la concurrence de nouveaux artistes, comme Charles Trenet et Tino Rossi. En juillet 1940, Maurice Chevalier gagne sa maison de La Bocca près de Cannes. Il continue à se produire, avec Henri Betti son pianiste attitré, en zone libre. En septembre 1941, il revient à Paris pour deux mois seulement, à la demande d'Henri Varna, directeur du Casino de Paris. A partir du 30 septembre 1941, il s'y produit dans la revue Toujours Paris, et y crée, entre autres, "Notre espoir" (Maurice Chevalier/Henri Betti).

Il refuse de chanter à Berlin et d'animer une émission sur Radio-Paris. Il accepte cependant, à la demande d'une délégation du gouvernement de Vichy, de se produire au camp de prisonniers d'Alten Grabow en Allemagne, où il a été lui-même retenu en 1914. Il n’accepte aucun cachet et obtient la libération de dix prisonniers originaires comme lui de Ménilmontant. Sa prestation, le 27 novembre 1941, est retransmise par radio en différé dans tous les autres camps de prisonniers en Allemagne.

Il y chante, entre autres, "Ca sent si bon la France" (Jacques Larue/louiguy) et "La Chanson du maçon" (M. chevalier-M. Vandair/Henri Betti). Cette dernière va alimenter une longue polémique. Elle apparaît aux yeux de certains comme une chanson de propagande. Par ailleurs, ce passage en Allemagne est largement repris par les journaux sous contrôle allemand comme le Petit Parisien et Paris Soir. On y déforme ses propos. Début 1942, alors qu'il est de retour dans sa maison de Cannes, il apprend que la presse anglaise le qualifie de pro-nazi. En décembre 1942, il enregistre "La symphonie des semelles en bois" (M. Chevalier-A. Willemetz/V. Scotto). Les troupes allemandes ont envahi la zone libre le mois précédent. Maurice Chevalier décide de ne plus chanter en public. En février 1944, en écoutant la BBC, il entend Pierre Dac qui détaille une liste d'artistes coupables de collaboration. Son nom est cité. Il n'en revient pas.

Après le débarquement du 6 juin 1944, les rumeurs et la crainte d'une épuration expéditive l'obligent à se cacher pendant plusieurs mois en Dordogne. Il y apprend même sa mort, à la radio, exécuté par des maquisards. En octobre 1944, après avoir été arrêté le 14 septembre précédent, il est de retour à Paris. Le quotidien Ce Soir, d'obédience communiste, prend à la demande de Louis Aragon, sa défense. La presse de la Résistance reprend l'article. Maurice Chevalier est blanchi. En décembre, il reprend les galas, et interprète "Fleur de Paris" (Maurice Vandair/Henri Bourtayre). En 1946, il inaugure un nouveau genre de spectacle : le one-man-show, d'abord à Lyon, puis au Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Il continue à tourner dans des films en France. Il reconquiert le public américain grâce à deux films : Ariane, pour lequel Henri Betti compose "C'est si bon", et surtout Gigi, de Vincente Minnelli, en 1957, qui reçoit 9 Oscars.

Maurice Chevalier se voit décerner une récompense spéciale pour sa "contribution à plus d'un demi-siècle au monde du spectacle". A 69 ans, il redevient une vedette internationale. Même s'il n'a jamais été un grand vendeur de disques, Chevalier continue à se produire avec succès sur scène, au cinéma et à la télévision. Son dernier spectacle à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées en 1968, il a 80 ans, fait un triomphe. Il décède le premier janvier 1972.

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