Daho, Etienne

Créé le 29 septembre 2010 |
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1956 - Auteur, Compositeur, Interprète

Etienne Daho naît le 14 janvier 1956, à Oran, en Algérie. Son père y est alors militaire dans l’armée française. Sa mère est chimiste. Etienne Daho et ses deux sœ urs aînées sont élevées un temps par leurs grands-parents, au Cap Falcon à Oran, après le départ de leur père. C’est dans cette échoppe, mi-bar, mi-épicerie, qu’Etienne découvre les yéyés, dont Françoise Hardy et Sylvie Vartan, sur le juke-box de l’endroit et qu’il a pour la première fois envie de faire de la musique. Sa famille revient en France à la fin de la guerre d’Algérie. Etienne vit alors quelques mois chez un oncle à Reims, avant de s’installer définitivement à Rennes en 1965. A la maison sa mère chante Elvis Presley et Frank Sinatra. Ses sœ urs plus âgées écoutent les Beatles, le Kinks, les Rolling Stones et les Who. La famille possède également des vinyles de soul américaine, et de chanson française, dont Jeanne Moreau, Françoise Hardy et Brigitte Bardot. Etienne est également marqué par les tubes populaires qu’il entend à la radio. A 15 ans, il achète son premier disque : The Piper at the gates of dawn, de Pink Floyd (il restera fan de Syd Barrett), puis The Velvet underground and Nico du Velvet Underground. Il se découvre une passion pour la musique et ne cesse dès lors de fréquenter le disquaire du coin, Disques 2000.

A partir de 1978, Etienne Daho gravite dans l’entourage du groupe rock rennais Marquis de Sade. Il est alors en faculté d’anglais, tout en étant surveillant d’internat. A l’époque il écoute Françoise Hardy, Astrud Gilberto, Serge Gainsbourg, Modern Guy, Marie et les garçons et Les Stinky Toys. C’est en écoutant le deuxième album des Stinky Toys qu’Etienne Daho décide de chanter. En décembre 1978, il organise un concert des Stinky Toys à Rennes, Salle de la Cité. Il y laisse toutes ses économies, mais peut à loisir rencontrer Elli et Jacno. Ce dernier après le concert, le convainc d’écrire des chansons. Le 14 juin 1979, Etienne Daho monte pour la première fois sur scène lors de la première édition des Transmusicales de Rennes, au sein d’un groupe constitué pour l’occasion, Entre les fils dénudés de la dynamo. Durant l’été, il se met à écrire. Il enregistre une première cassette à l’automne, aidé par le guitariste Richard Dumas, du groupe TVC 15. Cette cassette circule dans Rennes. Elle est signée Etienne Daho Jr, car il porte le même prénom que son père. On y trouve déjà « Cow-boy », « Il ne dira pas » et « Mythomane ». En juillet 1980, il enregistre une nouvelle maquette, entouré cette fois-ci par des musiciens de Marquis de Sade (Franck Darcel à la guitare, Thierry Alexandre à la basse et Eric Morinière à la batterie). Le 18 décembre 1980, il se produit une nouvelle fois aux Transmusicales, entouré de ces musiciens et d’amis. Etienne Daho considère cette expérience comme une seconde naissance.

En avril 1981, il signe son premier contrat chez Virgin France. Marquis de Sade se sépare le même mois. Etienne Daho peut entrer en studio avec ses trois musiciens de prédilection durant l’été 1981. Jacno produit l’album et Elli participe à la conception de la pochette. Etienne Daho Jr laisse la place à Etienne Daho tout court. Mythomane paraît en novembre 1981. De ces dix morceaux pop, « Il ne dira pas » est choisi pour sortir en single. Le succès critique est immédiat, mais les ventes ne suivent pas. En 1982, Etienne Daho s’installe à Paris en compagnie de Franck Darcel et d’Arnold Turboust, son nouveau clavier. Ils commencent à écrire de nouvelles chansons. Enregistrée en juillet à Rennes, « Le Grand sommeil » sort en décembre 1982. En quelques semaines, le morceau envahit les ondes et devient un succès. En 1983, le trio travaille au second album.

La Notte, la Notte, réalisé par Franck Darcel, avec une pochette de Pierre et Gilles, sort en mars 1984. L’album navigue entre morceaux pop dansants (« Week-end à Rome », « Le Grand sommeil »… ) ou pas (« Promesses », « Laisse tomber les jaloux », « Saint-Lunaire, dimanche matin »… ) et bénéficie d’une très belle reprise d’une chanson de Françoise Hardy (« Et si je m’en vais avant toi »). « Week-end à Rome », sur lequel participe Lio, paru en single en septembre suivant marque le début d’une longue série de succès commerciaux. En janvier 1985, Etienne Daho enregistre un nouveau 45 tours. Publié en mars suivant « Tombé pour la France », morceau pop synthétique, dont le clip est tourné par Jean-Pierre Jeunet (Delicatessen… ), marque la fin de sa collaboration avec Franck Darcel. Etienne Daho part en tournée et passe pour la première fois à l’Olympia, le 18 mars 1985. « Tombé pour la France » devient le tube de l’été. Virgin publie un mini album sept titres, Tombé pour la France, comprenant un remix du morceau éponyme, et notamment trois reprises (« Chez les Yé Yé » de Serge Gainsbourg », « Arnold Layne » de Pink Floyd, et « Si je m’en vais avant toi » chanté en duo avec Françoise Hardy). En octobre, cette dernière lui remet son premier disque d’or, récompensant plus de 100 000 exemplaires vendus, pour La Notte, la Notte. En novembre, il s’envole pour Londres en compagnie d’Arnold Turboust pour enregistrer son nouvel album. Pop satori sort en avril 1986. Ces nouveaux morceaux sonnent très pop synthétique, mise à part la reprise de Syd Barrett (« Late night »). « Epaule Tattoo » devient un nouveau tube (140 000 exemplaires écoulés en deux mois). En octobre suivant, Etienne Daho entame une nouvelle tournée qui passe par l’Olympia huit soirs de suite, avec Elli Medeiros en première partie.

La « Dahomania » culmine début 1987, avec la sortie du deuxième single de l’album, « Duel au soleil », composé par Jérôme Soligny, avec lequel il vient d’écrire une biographie de Françoise Hardy. Pop satori atteint les 500 000 ventes. Etienne Daho, après avoir fait une apparition en 1986 dans le film Désordre d’Olivier Assayas, participe à Jeux d’artifices de Virginie Thévenet. En avril 1987, il publie Collection, qui rassemble inédits, faces B et remixes. Il se lance dans la production d’autres artistes, notamment « Les Maux dits » des Max Valentins (futurs Valentins) et « Cette histoire commence » de Dani. Enregistré une nouvelle fois à Londres, mais sans Arnold Turboust, Pour nos vies martiennes paraît le 1er juin 1988. Le jour de sa sortie, l’album est déjà disque d’or. Il est distribué dans huit pays étrangers, dont le Japon, l’Allemagne et l’Angleterre. Le très pop « Bleu comme toi », aux guitares plus présentes que sur le précédent opus, est choisi comme single. Il est suivi par la très belle ballade « Des heures indoues ». Etienne Daho continue de travailler pour les autres. Il écrit « Laisse moi rêver » pour Françoise Hardy, réalise un album de Bill Pritchard, et produit le 45 tours « La Ville » de Daniel Darc. Début 1989, il repart en tournée pendant quatre mois, jouant dans 35 villes, avec un passage huit jours de suite au Zénith à Paris, et un final au Marquee à Londres, le 21 avril.

En novembre suivant, sort son premier album en public, enregistré au Zénith, Live Ed. Etienne Daho prend alors un peu de recul. Il collabore avec Jacques Dutronc (« Qui se soucie de nous »), produit le premier disque des Valentins (Café des deux mondes), un album de Lio (Des fleurs pour un caméléon) et un single de Sylvie Vartan. En 1991, Etienne Daho part pour New York afin d’enregistrer de nouvelles chansons. Il prend des cours de chant, apprend à jouer de la guitare et compose la plupart des morceaux de Paris Ailleurs, qui sort en octobre 1991. Il produit l’album avec Edith Fambuena du groupe Les Valentins qui tient également les guitares. A sa sortie, il est salué comme l’album de la maturité. Les cinq premiers morceaux deviennent des succès (« « Des attractions désastre », « Saudade », « Comme un igloo », « Les Voyages immobiles », « Un homme à la mer »). Les synthés sont relégués au deuxième plan et les guitares ont la part belle. D’octobre 1992 à l’été 1993, Daho tourne en France (Zénith, Olympia, Francofolies de La Rochelle), ainsi que dans 14 pays essentiellement européens, à l’exception du Canada et du Japon. Paris Ailleurs s’écoule à plus de 500 000 exemplaires. La reprise de « Mon manège à moi », initialement interprété par Edith Piaf, se retrouve en tête des hit-parades français.

En décembre 1993, paraît un nouvel enregistrement en public Daholympia. Daho co-produit Faux témoin de Jacno ainsi que Mes amis et moi d’Arnold Turboust. Début 1995, il écrit avec ce dernier quelques morceaux, qu’il produit, pour Brigitte Fontaine (Genre humain). Il part ensuite s’installer à Londres. Il y enregistre avec Saint Etienne, un mini album, Reserection (septembre 1995), sur lequel figure une nouvelle version de « Week-end à Rome », en anglais (« He’s on the phone »), qui se classe à la deuxième place des charts britanniques.

En novembre 1996, il revient avec Eden ("Soudain"), co-réalisé avec Arnold Turboust, un album lorgnant du côté de l’electro, qu’il qualifie lui même d’electro-chansons. « Au commencement » bénéficie d’une rythmique jungle, « Les bords de Seine » chanté en duo avec Astrud Gilberto mélange electro et bossa nova, et « Me manquer » sera remixé par Air. De novembre 1997 à avril 1998, Etienne Daho retrouve la scène.

En novembre 1998, sort une compilation de ses singles, Best of singles. Co-réalisé avec les Valentins et enregistré en partie à Londres, Corps et armes paraît en avril 2000. Daho revient avec des morceaux pop magnifiquement habillés de cordes (« San Antonio de la luna » sur une musique des Valentins, « La Baie » composé par Jérôme Soligny, « Ouverture », « Le Brasier »… ). En novembre il reprend la route pour plus de 80 concerts, accompagné notamment à la guitare par Vincent Mounier, ancien musicien de l’Affaire Louis’ Trio. Daholive publié en octobre 2001 retrace cette tournée. « Comme un boomerang », titre inédit de Serge Gainsbourg, qu’Etienne Daho interprète avec Dani, sorti en single se vend à plus de 250 000 exemplaires.

En 2002, il compose avec les Valentins « The pleasure song » pour Marianne Faithfull. Sa maison de disques publie Dans la peau de Daho, trois CD retraçant sa carrière, avec titres rares et inédits. L'année 2003 est consacrée à l'écriture et à l'enregistrement d'un nouvel album, en compagnie des musiciens de la dernière tournée, à l'exception du batteur Gavin skinner remplacé par Mathieu Rabaté. Etienne Daho travaille et enregistre avec Christian Fradin (claviers), Mako (programmations/claviers), Mars (basse), Vincent Mounier (guitares/programmations), dans des conditions proches du live. Il compose trois chansons pour l'album de Dani, Tout dépend du contexte, sorti le 29 septembre 2003. Le 4 novembre suivant, le nouvel opus de Daho, Réévolution, paraît. D'emblée les 12 morceaux présentent une unité de ton absente des deux précédents album du rennais, plus éclectiques. Daho revient à une pop avec guitares aux arpèges clairs ("Retour à toi", "L'orage", "If", "Le jour et la nuit"...) ou aux guitares saturées plus pop rock ("Réévolution", "Vis à vis", "L'inconstant" et son refrain entêtant). Il bénéficie de la présence de deux invités de marque : Charlotte Gainsbourg sur "If", relecture d'un titre interprété à l'origine pour le duo parisien Ginger Ale, et Marianne Faithfull sur "Les liens d'Eros", pour laquelle elle récite en français un texte de son grand-oncle Leopold Van Sacher-Masoch, La Vénus en fourrure. Etienne Daho commence une tournée en mars 2004 avec un passage à l'Olympia du 23 au 28. En juin suivant, il investit plusieurs Zénith en France dont celui de Paris le 29. Les concerts ont été filmés et enregistrés.

Le premier mars 2005 paraît Sortir ce soir, best of live de 18 morceaux essentiellement tirés du Réévolution Tour 2004 (3 titres datent de la tournée 2001, un de 1998). La version collector comprend en plus quatre titres live issus de l'album Réévolution et la version single 2005 de "Sortir ce soir". Le DVD Sortir ce soir/Live 2004 propose l'intégrale du Réévolution Tour, filmé par Bruno Sevaistre. En septembre 2006 Etienne Daho revient sur deux fronts. Tout d’abord avec le nouvel album d’Elli Medeiros, qu’il co-réalise. Il participe à la composition de « Soulève-moi » et de « L’ailleurs ». Il chante en duo avec elle « My heart belongs to daddy », succès intemporel de Marylin Monroe écrit par Cole Porter. Pour fêter les vingt ans de Pop Satori, disque fondateur de l’electro pop à la française, vendu à plus de 600 000 exemplaires, Capitol le ressort en version deluxe. Cette réédition comprend deux CD : l’album original remasterisé et 27 titres bonus. On y découvre enfin le Pop satori live show, 11 morceaux enregistrés à l’Olympia en octobre 1986. Daho s’y produisait avec en première partie Elli Medeiros et Arnold Turboust y interprétait « Mademoiselle Adélaïde » en duo avec la comédienne Zabou. Au rayon curiosités, plusieurs démos : « Satori pop Century », « Love at first sight » qui deviendra « Paris le Flore », « Centerfold romance » (« Duel au soleil »), « (Qui sera) Demain mieux que moi », ainsi qu’un duo avec Orchestral Manœ uvre in the Dark (« So in love »), une version épurée de « Soleil de minuit » écrite à la demande d’Olivier Assayas pour son film Désordre (1987), des remixes : « Epaule Tattoo » par William Orbit, « Tombé pour la France » par Fischerspooner… Etienne Daho interprète l’intégralité de Pop Satori dans le cadre du festival des Inrockuptibles le 13 novembre à La Cigale.

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