A, Dominique

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1968) - Auteur, Compositeur, Interprète

Dominique Ané naît à Provins le 6 octobre 1968. A la maison ses parents écoutent Jean Ferrat, Léo Ferré, Georges Brassens et Jacques Brel et de la musique classique. Vers 11 ans, son père achète un magnéto cassette. Dominique qui écrit des petits textes, commence à enregistrer des chansons à capella. Vers 13-14 ans, il est choriste dans un groupe de reprises rock. Progressivement il amène des chansons au groupe. Ses parents quittent Provins pour Nantes. A 17 ans, Dominique y monte un groupe de rock new wave, John Merrick (nom du personnage d'Elephant Man), avec deux frères. Il joue de la guitare et chante. Le groupe se produit dans la région nantaise et enregistre quelques titres. L'expérience dure deux ans et demi, et un des membres quitte la France.

Au lieu de remonter une nouvelle formation, Dominique A préfère continuer seul. Il enregistre un premier 45 tours auto-produit, quatre titres, Ephémérides, en 1988. Il s'oriente progressivement vers une formule minimaliste, et achète un petit clavier et une boîte à rythmes. En 1991, il publie Un Disque Sourd,  33 tours 13 titres auto-produit, tiré à 150 exemplaires. Il l'enregistre seul chez lui avec un studio quatre pistes. Vincent Chauvier qui monte son label Lithium, signe Dominique A et devient son manager. Début 1992 paraît son véritable premier album La Fossette, qui reprend cinq morceaux d'Un Disque Sourd. Enregistré en quatre pistes, ces treize chansons pop bénéficient d'une orchestration minimaliste (synthétiseurs/boîte à rythmes/guitare). Un morceau comme " Le Courage des oiseaux " sonne même très pop synthétique. Malgré des ventes assez confidentielles, l'album reçoit un très bon accueil. En 1992, deux chansons enregistrées avec Philippe Katerine sous le nom de groupe Les Linda, paraissent sur la cassette compilation Heol Daou. L'année suivante, Dominique A participe au premier album de Diabologum, C'était un lundi après-midi semblable aux autres..., sur la chanson " Le Discours de la méthode ". En 1993, il sort son deuxième opus, Si je connais Harry. Musicalement dans la lignée du premier, il bénéficie d'un enregistrement en huit pistes. Françoiz Breut, sa compagne de l'époque chante sur quelques morceaux, notamment sur " Chanson de la ville silencieuse ". Dominique A reprend " Chiqué chiqué " de Christophe. Avec des textes plus ironiques, il casse son image de chanteur désespéré, voire torturé. Accompagné entre autres par Michel Cloup de Diabologum à la guitare, Dominique A part en tournée, se produisant à L'Européen à Paris.
 
Il consacre l'année 1994 à l'écriture de son troisième album, à Bruxelles où il s'est installé. Il l'enregistre pour la première fois en studio, avec Gilles Martin, qui vient de terminer Boire, premier album de Miossec. La Mémoire neuve sort en mai 1995. Dominique A y intègre des rythmes nouveaux (valse, bossa-nova), mais également plus d'instruments (guitare acoustique, basse, violoncelle, batterie, utilisation d'un sampler...), le tout pour des arrangements variés. Grâce à la chanson " Le Twenty-two bar ", Dominique A obtient son premier véritable succès public. Après le Théâtre de la Ville, le Divan du Monde à Paris, il repart en tournée se produisant notamment au Printemps de Bourges et finalement à l'Olympia, en décembre 1996. Au tout début de la même année, il est invité par Miossec sur la scène de La Cigale. Côté collaborations, il chante sur le deuxième album de Silvain Vanot, une reprise de " Seagull Woman " de Marc Bolan. Il se consacre à l'écriture et à l'enregistrement du premier album de Françoiz Breut, et à la tournée qui s'en suit. En 1998, il interprète deux chansons (" Monochrome " et " Les Bras de mer ") sur le disque de Yann Tiersen, Le Phare. Cette collaboration se poursuit en 2001 sur L'Absente (" Bagatelle "), ainsi qu'en concert comme en témoigne le double live C'était ici, paru en 2002.
 
En 1999, Dominique A revient avec Remué. Désirant sortir du format pop et se démarquer d'une certaine " vieille chanson française " dont on le rapproche, ce quatrième album, impressionne par sa noirceur, tant au niveau des textes que de la musique. Certaines chansons bénéficient d'arrangements rocks avec guitares saturées, comme " Comment certains vivent "  ou " Tu vas voir ailleurs ". Toutefois, les ballades ne sont pas absentes comme en témoignent " Avant l'enfer " et même " Je suis une ville ". Surtout Dominique A opte pour une voix peu chantée, dans un registre bas. Ecoutant beaucoup de musiques dissonantes, il décide d'en injecter dans cet album. Après la tournée qui suit, il travaille sur le deuxième album de Françoiz Breut. Il se remet ensuite à écrire pour lui, privilégiant la formule guitare/voix. En 2001 paraît Auguri, co-réalisé par John Parish collaborateur entre autres de PJ Harvey. Avec ce cinquième disque, il décide de privilégier à nouveau les mélodies, et de varier les styles entre rock (" Pour la peau ") et pop (" Je t'ai toujours aimée " reprise du groupe belge Polyphonic Size, ou " Les chanteurs sont mes amis "). Il reprend également " Les Enfants du Pirée ", de Mélina Mercouri, popularisée en France par Dalida. Dominique A repart en tournée seul ou accompagné de trois musiciens. En novembre 2002, sort Le Détour, un coffret compilation de trois disques, proposant également inédits et raretés. En juillet 2003, il reprend "Mon camarade" sur Avec Léo, album hommage à Léo Ferré, à côté d'artistes comme Dionysos, Hurleurs, Jacques Higelin, Katerine, Bashung...
 
Le 9 mars 2004 paraît Tout sera comme avant, sixième album studio au titre trompeur. En effet, jamais Dominique A ne s'est autant éloigné de l'épure musicale qui, depuis ses débuts, collait à ses chansons. Pour ce nouvel opus, il s'est entouré du collectif Gekko (les musiciens Arnaud Devos et Jean-Louis Solans, le producteur Jean Lamoot), responsable de la réalisation et des arrangements de L'Imprudence de Bashung, disque qui l'avait fortement impressionné et lui avait ouvert d'autres horizons musicaux. Un essai concluant a tout d'abord eu lieu durant l'été 2003 sur six maquettes. Convaincu, Dominique A a confié ses chansons au trio et pour une fois ne s'est pas impliqué dans les arrangements. Tout sera comme avant regorge d'instruments à vents et à cordes (Bulgarian Symphony Orchestra), mais aussi d'une solide section rythmique (Martyn Baker et Simon Edwards déjà présents sur L'Imprudence), de piano, ukulele, d'ondes martenots... En voulant faire perdurer son expérience de la reprise de Léo Ferré où il n'était que chanteur, le nantais ose pour la première fois se confronter à une orchestration classique foisonnante qui introduit des dissonances dans ses compositions : " Tout sera comme avant", " Elle parle à des gens qui ne sont pas là", " Le fils d'un enfant", " Revenir au monde ", " Pendant que les enfants jouent " (avec une structure plus rock), " Dobranoc "... Il retrouve toutefois au détour d'un morceau une simplicité des arrangements qui privilégie la mélodie de la voix (" Dans les hommes "), flirte avec l'expérimental (" L'inuktitut "),  avec la chanson kitsch (" La retraite à Miami ")... Ce disque ambitieux marque un tournant dans la carrière de Dominique A. Il est accompagné de la sortie d'un recueil de nouvelles écrites d'après le titre des chansons par 15 auteurs (Richard Morgiève, Arnaud Cathrine, Olivier Adam, Chloé Delaume, Hélène Lenoir...). Dominique A se produit trois soirs de suite fin juin 2004, seul sur la scène du Théâtre des Bouffes du Nord à Paris. En octobre 2004, il entame une tournée française avec un groupe composé de Vincent Guérin à la contrebasse, de Daniel Paboeuf au sax (ex-Marquis de Sade), Jérôme Bensousan à la trompette et aux percus et David Euverte aux claviers. Il passe à l'Olympia le 30 novembre 2004. Le 17 décembre suivant, il partage la scène de la grande salle de la cité de la musique avec Philippe Katerine. Fin octobre sort En solo aux Bouffes du Nord, son premier DVD, reprenant sa série de concerts dans la salle parisienne en juin précédent, accompagné d'un cd de dix inédits dont une reprise de " Lumières " de Gérard Manset. La tournée en groupe se poursuit de février à avril 2005. Le 26 mai 2005, il ouvre en compagnie de Jeanne Balibar, par un exercice de lecture sonore inédit, la cinquième édition du festival C'est dans la vallée à Saintes-Marie-aux-Mines. Il se produit ensuite en solo. Le 23 Juin, il rejoint Alain Bashung sur la scène de la Cité de la musique. Dominique A apparaît sur Les retrouvailles, nouvel album de Yann Tiersen. Il y interprète en compagnie de ce dernier et de Miossec " Le jour de l'ouverture ".
 
Le septième album studio de Dominique A, L'Horizon, sort le 6 mars 2006. Il est coproduit par Dominique Brusson, déjà présent en 1999 sur Remué, qui sonorise les concerts du nantais depuis neuf ans. Dominique A a quitté Virgin pour le label de son tourneur Olympic. Pour ce nouvel opus, il s'est entouré de ses musiciens de scène, Jérôme Bensousan (trompette, trombone, clarinette?), David Euverte (piano, claviers), Vincent Guérin (contrebasse?), Daniel Paboeuf (saxophones, clarinette) auxquels sont venus se greffer les fidèles Sacha Toorop (batterie), Olivier Mellano (Guiatres électriques, Mandoline) et Laetitia Bégou (piano sur « Antaimoro » et « Adieu, Alma », deux titres qu'elle cosigne). Après les arrangements foisonnants de Tout sera comme avant, ces 11 morceaux sont plus immédiats, directs et aérés. Les instruments entrent par touches successives, s'en vont, s'en viennent et finalement donnent une impression d'espace, une touche cinématographique à l'ensemble. Parfois le climat, l'atmosphère prime sur la mélodie (« Music-Hall »)... L'album s'ouvre sur « L'horizon », fresque lyrique de sept minutes tout en crescendo et ruptures qui n'est pas sans rappeler une écriture dont Manset était jusqu'à aujourd'hui seul dépositaire, avec choeurs masculins et parties de guitares électriques aériennes. « Rouvrir », à la très belle mélodie, fait la part belle aux guitares « ambient », tout comme la magnifique « Par l'ouest ». « Dans un  camion » avec son format plus pop, ses cuivres accrocheurs, sa mélodie au piano est un parfait premier single. « Retour au quartier lointain » (dont la rythmique guitare n'est pas sans rappeler « Antonia ») et « La pleureuse » sonnent plus rock. « Antaimoro » et « Adieu, Alma » mettent en avant le piano. La première bénéficie de sublimes arrangements de clarinette, la seconde d'un crescendo final tous instruments dehors. L'ombre du grand Brel vient planer sur le très réussi « Rue des marais ». Les métaphores marines se retrouvent dans plusieurs textes : « L'horizon », écrite sur un bateau au Groenland, « Par l'ouest », « La relève », inspiré par le roman Le Quart de Nikos Kavvadias, « Music-Hall » sur le casino de Ouistreham? « Retour au quartier lointain » fait référence à Quartier Lointain, manga de Jirô Taniguchi. « Antaimoro » reprend le nom d'une tribu malgache et d'un papier qu'elle fabrique. « Rue des Marais » est directement connecté à l'enfance, en l'occurrence à Provins et ses remparts.
Dominique A a écrit et composé une chanson (« Où est la ville ?») sur Fictions de Jane Birkin, une autre pour Jean Guidoni (« Cloaca maxima »), deux autres pour Jeanne Balibar... Il travaille également pour Bashung (un  texte ?). Dominique A est en tournée à partir du mois d'avril, sans section rythmique, avec Olivier Mellano (guitare), Daniel Paboeuf (cuivres), Jérôme Bensoussan (cuivres et percussions) et David Euverte (claviers). Il se produit le 23 mai à La Cigale à Paris.

RÉAGISSEZ  COMMENTEZ

Donnez votre avis

Poster un nouveau commentaire

CAPTCHA visuel
Entrez les caractères (sans espace) affichés dans l'image.
crédits le hall

© LE HALL DE LA CHANSON 1990 - 2016 :: Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles

Parc de la Villette - Pavillon du Charolais - 211, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris - 0153724300


logo MCC
NOUS
SOUTIENNENT

logo SACEM