El Harrachi, Dahmane

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1925-1980)

Né le 7 juillet 1925 à El Biar, un quartier résidentiel d'Alger. El Harrachi, de son vrai nom Amrani, grandit à El-Harrach (ex-Maison Carrée), dans la banlieue algéroise. Son père, Cheikh El-Amrani, muezzin de la Grande Mosquée de la capitale algérienne, l'élève dans le respect des principes musulmans. Il suit les cours de l'école coranique et fréquente l'école primaire jusqu'à l'obtention de son certificat d'études. Le jeune homme exerce divers métiers dont la cordonnerie et, pendant sept ans, celui de receveur de tramway. C'est au cours de cette période qu'il entame ses débuts musicaux, intégrant une troupe d'amateurs qui tourne dans toute l'Algérie.

En 1949, il se rend en France et s'installe à Lille, puis à Marseille et enfin à Paris qu'il ne quittera pratiquement plus. C'est dans les cafés, embués de vapeurs éthyliques et de nostalgie qu'il se produit. Dans ces endroits, où l'on vient humer l'air du "pays", Dahmane, virtuose du banjo, interprète singulièrement de sa voix rendue rocailleuse, par l'alcool et le tabac, les classiques du chaâbi, en séduisant et bouleversant les consciences.

Bientôt, Dahmane s'impose par ses propres chansons, écrites dans les années cinquante, hantées par Alger la Blanche, les femmes et "la plus haute des solitudes" du travailleur immigré. Du genre populaire de la musique de la Casbah d'Alger, El-Harachi garde les lignes mélodiques et une nette propension aux proverbes et aux dictons de la tradition orale. Son chaâbi utilise un parler compréhensible par toute la communauté maghrébine. Ce qui explique, en partie, son large succès.

Découvert sur le tard par la nouvelle génération, EI-Harrachi a droit à une première scène digne de ce nom, lors du Festival de Musique maghrébine de la fin des années 1970 à la Villette. En Algérie, terre qu'il n'a jamais cessé d'évoquer, il fait deux apparitions avant de connaître une fin tragique, le 31 août 1980, dans un accident de voiture sur la corniche algéroise. De Dahmane, il nous reste un vaste répertoire et un documentaire réalisé par Hadi Rahim pour la télévision algérienne. Rachid Taha lui a rendu hommage en reprenant un de ses meilleurs titres : "Ya Rayah" ("Candidat à l'exil/ Tu auras beau voyager où tu veux/ Un jour tu finiras par revenir à ton point de départ."). En un chant bref, Dahmane a su résumer le cours de la destinée de toute une génération en exil.

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