George, Yvonne

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1896 1930) - Interprète

Peu connue mais pourtant incontournable, muse des cabarets des « années folles » où intellectuels et artistes les plus savants vouaient un culte à la chanson, elle compte parmi les fondatrices du haut lignage des interprètes qui choisirent le noir (pour elle un vert très sombre) comme couleur à leur expressionnisme féminin.


BIOGRAPHIE :

Yvonne George, de son vrai nom Yvonne de Knops, naît à Liège en Belgique en 1896. Elle suit des cours de comédie au Conservatoire de Paris. Elle obtient quelques petits rôles puis retourne en Belgique. Après la Première Guerre mondiale, elle se lance dans le tour de chant. Paul Franck, directeur de l’Olympia, la découvre à Bruxelles. Il la fait débuter dans le programme de l’Olympia le 8 octobre 1920. Elle se fait huer par le public populaire des galeries. 

On lui reproche son manque de spontanéité, ses effets théâtraux et son intellectualisme. En 1923, au Casino de Paris, elle fait partie de la distribution de la revue En douce. En 1924, le programme de l’Olympia annonce Yvonne George « dans ses chansons vécues ». La même année elle se produit au cabaret Chez Fischer, accompagnée au piano par Georges Van Parys. Elle devient l’égérie du Bœuf sur le toit. Jean Cocteau lui confie le rôle de la nourrice dans son adaptation de Roméo et Juliette à la Cigale le 2 juin 1924, dans le cadre des Soirées de Paris du comte Etienne de Beaumont. Elle apparaît dans Les incertitudes de Coppélius, film de Loïe Fuller. Elle est acclamée par le milieu intellectuel de Montparnasse. On la surnomme « la muse de Montparnasse » ou encore « la reine du Bœuf sur le toit ». Ses admirateurs se pressent dans sa loge : Henri Jeanson, Vlaminck, Van Dongen, Maeterlinck,  Crommelynck… Robert Desnos lui voue un amour sans faille mais qui reste sans retour. Il lui écrit quelques uns de ses plus beaux poèmes dont « J’ai tant rêvé de toi ». Il va même jusqu’à se procurer de la drogue pour elle.

En juin 1926, elle remporte enfin un véritable succès à l’Olympia, notamment avec son interprétation de « Valparaiso », chanson de marin recueillie par Georges Auric (également connue sous le titre « Nous irons à Valparaiso »). Habillée de noir, les cheveux courts plaqués en arrière, le visage blême et expressif à l'extrême, les yeux immenses masqués d’un fard agressif, Yvonne George interprète sur scène ses chansons comme autant de saynètes de théâtre, ayant souvent recours au mime, à la façon d'une tragédienne.

Son répertoire est constitué de chansons de marins (« Valparaiso », « Adieu chers camarades »),  de chansons traditionnelles (« Les cloches de Nantes », « Le bossu » ou « La mort du bossu »…) et de chansons d’auteurs contemporains : « Pars » (Jean Lenoir), « L’autre » (Jean Lenoir) , « Toute une histoire » (Henri Jeanson), « J’ai pas su y faire » (E. Costil-P. Cartoux/Maurice Yvain),  « C’est pour ça qu’on s’aime » (Vincent Telly/Charles Borel-Clerc), « Je te veux » (Henry Pacory/Erik Satie), « Si je ne t’avais pas connu » (Lucien Boyer/Henry Verdun-Jean Boyer), « O Marseille » (Henri Falk/Jean Wiener), « Chanson de route » (Henri Falk/Jean Wiener)…

Yvonne George chante dans les grandes salles parisiennes, à l’Eldorado (juin 1927), au Théâtre des Champs-Elysées, à l’Apollo (octobre 1927), au théâtre de l’Empire (décembre 1927), à Bobino (mai 1928)… Femme excessive, elle est de tous les abus, la drogue (opium, cocaïne) et l’alcool. Jean Tranchant dans ses mémoires parle de : « … cette ombre de velours vert qui s'accrochait au rideau pour ne pas tomber ». De plus, la tuberculose la ronge. Elle alterne les cures et les rechutes parisiennes. Jean Cocteau organise son dernier gala au Grand Ecart le 12 juin 1928. Le tout Paris s’y presse.

Figure méconnue de la chanson réaliste, Yvonne George décède le 22 avril 1930 à Gènes à l’âge de trente trois ans, après une courte carrière de dix années. Elle est incinérée, le 26 avril 1930, au crématorium du Père-Lachaise.

Robert Desnos écrivit à propos d’elle : « Plainte des amoureuses, poésie éternelle de la passion, de la révolte et de l'aventure, Yvonne George les exprime par tous ses gestes, son attitude, son existence même. Ce n'est pas une femme, c'est une flamme, elle est mieux qu'intelligente : sensible, plus que belle: émouvante. La femme moderne, si longtemps calomniée par les sots, trouve en elle sa plus haute expression ».


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