Gréco, Juliette

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1927) - Interprète

Née à Montpellier, élevée à Paris, elle est livrée à elle-même alors que sa mère est déportée sous l'Occupation. A la Libération, alors qu'elle essaie de devenir comédienne, elle fréquente l'avant-garde artistique de Saint-Germain-des-Prés, et devient une habituée du Tabou. Sa photo commence à apparaître dans la presse qui la qualifie de muse de Saint-Germain-des-Prés.

Déjà célèbre en 1947 sans avoir rien fait pour, Juliette Gréco personnifie alors l'existentialisme de l'Après-guerre : subversion morale pour les uns, revendication d'une liberté insouciante pour les autres.

En 1949, elle débute dans la chanson, sur la scène du Boeuf-sur-le-Toit, poussée par Marc Doelnitz qui vient de reprendre l'établissement. Elle se compose un répertoire de poètes : "Si tu t'imagines" de Raymond Queneau, "La Rue des Blancs-Manteaux" de Jean-Paul Sartre, puis "La Fourmi" de Robert Desnos, "Les Feuilles mortes" et "Je suis comme je suis" de Jacques Prévert ; toutes les musiques sont signées Joseph Kosma.

Elle poursuit au cabaret de la Rose Rouge, part en tournée, enregistre son premier disque en 1951 et passe à l'Olympia en 1954 ; mais sa réelle popularité auprès du grand public se mesure, après une période consacrée au cinéma, par son retour triomphal en 1961 à Bobino, puis avec le succès du feuilleton télévisé Belphégor qu'elle interprète en 1965. Cette année-là elle doit prolonger d'un mois son engagement à l'Olympia, et se produit avec Georges Brassens au TNP en 1966, puis à Bobino en 1968 ("Déshabillez-moi").

Devenue une figure emblématique de la France à l'étranger, où elle se produit beaucoup, elle impose sur scène, dans sa robe noire et souvent accompagnée d'un seul piano, une économie de moyens qui rend chaque geste expressif. Son phrasé particulier, qui oscille entre le chant et la diction, semble prendre ses distances avec ses textes et les sublime, avec humour et audace.

A la fois exigeante et populaire, elle constitue son répertoire en interprétant aussi bien Serge Gainsbourg ("Accordéon"), Charles Trenet ("L'âme des poètes"), Pierre Mac Orlan ("La Fille de Londres"), Guy Béart ("Il n'y a plus d'après", "Qu'on est bien"), Léo Ferré ("Jolie Môme"), Charles Aznavour ("Je hais les dimanches"), Jean Dréjac ("Sous le ciel de Paris")...

En 1993, elle confie l'écriture d'un album à Etienne Roda-Gil, sur des musiques de Caetano Veloso et de Julien Clerc. A l'automne 1998, Un Jour d'été et quelques nuits, bénéficie de textes de Jean-Claude Carrière, mis en musique par son mari Gérard Jouannest, ancien pianiste de Jacques Brel. En novembre 2003, son nouvel album Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez est en grande partie écrit par Benjamin Biolay, ainsi que par Miossec, Gérard Manset, Art Mengo, et Gérard Jouannest.

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