Guilbert, Yvette

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1865-1944) - Interprète, Compositeur

Emma, Laure, Esther Guilbert naît le 20 janvier 1865 à Paris, au 78 rue du Temple dans le Marais. Elle ne prendra le pseudonyme d’Yvette que quand elle se décidera à monter sur les planches. Yvette Guilbert connaît une enfance difficile. La famille a peu d’argent et son père est un homme volage et dépensier qui finit par quitter le domicile conjugal.

Sa mère la fait vivre en exerçant le métier de chapelière puis en confectionnant chez elle des ouvrages perlés, de la passementerie, de la broderie… Yvette Guilbert quitte l’école à douze ans pour aider sa mère. A seize ans, elle entre comme mannequin chez le couturier Hentennart. Elle est ensuite vendeuse aux magasins du Printemps, puis devient trottin pour sa mère (elle se charge d’aller livrer les robes de chambre que celle-ci confectionne).

En novembre 1885, à vingt ans, elle fait la connaissance dans la rue de Charles Zidler, directeur de L’Hippodrome, puis créateur du Moulin Rouge en 1889. Recommandée par ce dernier, elle prend des cours de comédie en 1886 chez Landrol. Elle débute dans de petits rôles aux Bouffes du Nord, puis en 1887 au Théâtre Cluny et aux Nouveautés, sans grand succès. Elle passe ensuite au Théâtre des Variétés. Elle se tourne alors vers la chanson.

Elle débute en septembre 1889 à l’Eldorado, où elle essuie un échec, tout comme à l’Eden-Concert, où elle n’apprécie guère le répertoire qu’on lui fait chanter. Elle se met en quête de textes nouveaux. Elle rencontre Léon Xanrof. En août 1890, elle interprète à Liège en Belgique une demi douzaine de ses chansons dont  « Le Fiacre » et « L’hôtel du n°3 », ainsi que « Je suis pocharde » (Léon Laroche/Louis Byrec). De retour à Paris, elle passe au Moulin Rouge sous le nom de Nurse Valery. Elle obtient ses premiers succès en 1891 au Divan Japonais. Elle y interprète des chansons de Xanrof et d’Aristide Bruant, ainsi que notamment « Les petits vernis » (Jacques Redelsperger/Yvette Guilbert) et « Les Vierges » (Dalleroy/Yvette Guilbert).

Elle met au point sa tenue de scène : chevelure rousse flamboyante, robe décolletée verte en v, et célèbres gants noirs, une silhouette immortalisée par le peintre Toulouse-Lautrec. Le succès se confirme. Yvette Guilbert, « la diseuse fin de siècle » se produit à partir du 5 octobre 1891 au Concert Parisien. Sa carrière est lancée. Elle enchaîne les salles : les Ambassadeurs, la Scala... Yvette Guilbert fait la gloire des cafés-concerts de son temps. Elle crée véritablement les chansons à chaque nouvelle interprétation. Son allure inimitable, sa diction impeccable, sa manière de dire et de mimer les chansons autant qu’elle les chante, font d’elle la diseuse la plus célèbre de la Belle Epoque, loin devant Anna Judic ou Florence Duparc. Son répertoire se compose de chansons d’Aristide Bruant (« Belleville Ménilmontant »), de Jules Jouy (« La soûlarde », « La pierreuse »), de Jean Lorrain (« Fleur de berge »), de Paul Marinier (« D’elle à lui ») et de nombreuses chansons grivoises : « Les Jeunes mariés », « Les Vierges », « Sur le propos d’immanente syphilis », « Les Vieux messieurs », « Le Piston d’Hortense », « Eros vanné »... « Le Fiacre », « Les quatre z’étudiants » écrits par son ami Léon Xanrof et « Madame Arthur » de Paul de Kock, qu’elle met en musique, restent ses plus grands succès. Au cours de sa carrière elle interprétera aussi Mac-Nab (« Les fœtus »), et bien d’autres. Dès 1894, elle commence une carrière internationale qui la mène jusqu’aux Etats-Unis.

A partir de 1904, Yvette Guilbert aborde un répertoire nouveau, et s’attache à faire connaître les chansons du patrimoine et les grands poètes du Moyen Age au 19ème siècle. Elle interprète ainsi des chansons traditionnelles comme « La complainte du roi Renaud », « Le roi Louis », « La Légende de saint Nicolas », « Verligodin », « Les anneaux de Marianson », « C’est le mai »  (…), met en musique et chante des Noëls des 16ème siècle et 17ème siècles (« Le miracle de Sainte Berthe », « Le voyage à Bethléem »…), enregistre des chansons de Pierre Jean de Béranger (« Ma grand mère », « Les deux notaires »)… Elle passe plusieurs années dans les bibliothèques parisiennes (Bibliothèque Nationale, Bibliothèque de l’Arsenal…) à retrouver et retranscrire ces textes.

Pour ses cinquante années de carrière, le 21 juin 1938, un grand gala est organisé salle Pleyel, à Paris, auquel participent notamment Damia et Marie Dubas. Amie d’Eleonora Duse et de Freud, admirée par les artistes (Willette, Steinlein) et les écrivains (Willy, Pierre Louÿs, Edmond de Goncourt, Pierre Loti), contemporaine de Sarah Bernhardt et de Loïe Fuller, Yvette Guilbert a traversé les époques. Elle reste avec Thérésa et Paulus, l’une des premières grandes vedettes de la chanson française.

Yvette Guilbert décède le 3 février 1944 à Aix-en-Provence.

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