Java

Créé le 29 septembre 2010 |
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Erwan Seguillon et François Xavier Bossard, dit Fixi, tous deux nés en 1974, se rencontrent au collège à Paris. Ils se perdent ensuite de vue. Erwan s’oriente vers le rap et le reggae et participe à Sense Lion et Mystic Vibes. Fixi, multi-instrumentiste de formation classique (batterie, piano, trombone), devient musicien professionnel à l’âge de 17 ans. Il accompagne Sinclair, Tony Allen (ancien batteur de Fela), M…

En tournée avec Tony Allen en Amérique latine, Afrique et dans les pays d’Europe de l’Est, il se rend compte que l’accordéon reste là-bas un instrument lié à la fête, à la danse et non pas figé, un peu cliché comme en France. Vers 1997, il retrouve Erwan. Ensemble ils se plongent dans les musiques de guinguette d’entre-deux-guerres. Fixi apprend l’accordéon, instrument dont joue son père. Ses textes ne rentrant plus dans les formats du rap classique, Erwan leur cherche un autre support musical. Avec Fixi, ils décident de retrouver leurs racines parisiennes tout en restant moderne, en utilisant programmation et samples.

Leur première tentative est concluante : Fixi met en musique « Métro », un texte d’Erwan au phrasé rap. Il l’associe à un accordéon et à des programmations. Le duo décide de continuer et Java naît. En 1998, ils sont rejoints par Jérôme Boivin alias Pépouse Man à la contrebasse ( il a précédemment joué dans de nombreuses formations rock, jazz, funk) et Marlon à la batterie. Java commence sur scène. Le groupe se forge un répertoire et le teste dans les bars puis les petites salles. En février 2000, Java enregistre en trois semaines son premier album.

Hawaï sort en mai suivant. Les treize morceaux mélangent rap, lié au phrasé d’Erwan (« Sex accordéon et alcool », « Pépètes », « Dieu », « Métro »… ), jazz (« Chihuahua »), chanson ( « Mon monde », « Le poil » très swing proche de Boris Vian, « Danser », valse musette à l’énergie très rock sur le final, le refrain de « C’est la vie »… ), funk (« Au banquet des chasseurs »… ), et même pop (« Le Ramses » très gainsbourien, période Melody Nelson), le tout porté par une rythmique groove impeccable et efficace. Côté textes, Erwan mélange poésie et humour avec une gouaille toute parisienne. Il a commencé à chanter en anglais, sur du reggae. Il n’est venu que plus tard à la chanson, en écoutant Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Boris Vian ou encore Renaud et Jacques Higelin. Ne voulant pas se laisser enfermer dans le « rap musette », étiquette trop souvent mise en avant concernant leur musique, Erwan et Fixi la définissent comme de la chanson française mélangée à de la musique hypnotique, noire, d’origine africaine.

Java ne cesse de tourner après la sortie du disque. Marlon est remplacé à la batterie par Alexis, frère de Fixi. A Paris, les quatre musiciens se produisent à l’Européen en juin 2000, puis en province.. Ils jouent au cours de l’été 2001 au festival des Vieilles Charrues, aux Francofolies de La Rochelle... A l’étranger, Java tourne au Mexique, donne un concert au Liban. On les retrouve en France, en première partie de M, de Mano Solo… Témoin de cette tournée de plus d’un an et demi, Sur Seine, paraît en 2001. Ces sept morceaux dont deux inédits (« Apocalypse » et « Chronique d’une toxine ») rendent compte de l’aisance du groupe en concert, à l’instar de la version de « Sex accordéon et alcool » qui dure près de dix minutes. Le 20 mars 2002, Java est à l’affiche du film, Les Femmes… ou les enfants d’abord… de Manuel Poirier. On les voit à la fin se produire dans un bal et faire valser enfants et amoureux. En août 2002, le groupe s’envole pour le Brésil où il enregistre une partie de son deuxième album studio. L’enregistrement se poursuit à Paris et à la campagne. Dès le printemps 2003, les quatre musiciens reprennent la route, en province, mais également à Paris avec un passage au Nouveau Casino.

Leur nouvel album, Safari croisière, sort le 29 septembre 2003. Dès le premier morceau, « 6/8 », Erwan présente le nouvel opus tel un Monsieur Loyal survolté. Le groupe explore des genres musicaux variés et se rapproche en cela de ses prestations scéniques : rap (« Ce s’ra tout » et son texte désopilant et inventif sur un quidam qui tente de séduire sa boulangère), samba (« Samba do Jerusalem »), pop voire rock (« Carte bleue » sur un texte d’Alexandre Kaufmann), funk voire techno (« Cendrier », conte de Cendrillon revisité à la sauce nicotine), valse musette (« Le 10 »), chanson tirant vers le jazz («Alinéa »), musique africaine (« La guerre » et sa rythmique transe), musique ethnique (« Sacrifice chez les Zombilé »)… Le titre de l’album prend alors toute sa signification, Java nous entraîne en effet dans un voyage musical mondial comme l’illustre le dos du CD et Chrémitman (Chré pour Chrétien, Mit pour Sémite et Man pour Musulman) le Dieu anti-guerre qui suit leur itinéraire.

A l’occasion de la sortie de l’album, le groupe joue à l'Elysée-Montmartre à Paris à guichets fermés le 29 octobre, et une seconde fois le 17 novembre. La tournée en province se poursuit jusqu’au mois de décembre. Sur scène, les morceaux prennent une teinte, une énergie beaucoup plus rock’n’roll. Les musiciens n’hésitent pas à se déguiser afin d’illustrer les chansons : inoubliable Pépouse en Mireille, la boulangère à la coiffure peroxydée et à la tenue si légère, Fixi en bourdon et bien sûr Erwan en Dieu. Sur la scène de L’Elysée-Montmartre l’accordéoniste Daniel Colin est venu les rejoindre pour deux séquences de valse musette, et les couples de danseurs se sont formés dans la salle. A Marseille, c’est les Massilia Sound System qui se sont prêtés au jeu... La tournée reprend en avril 2004 et se poursuit jusqu'à l'été (Printemps de Bourges, Solidays...). Le 12 septembre, le groupe se produit à la Fête de l'Humanité aux côtés de Têtes Raides et d'Alain Bashung. En novembre Java tourne deux semaines au Québec, avant de se produire en janvier 2005 en Australie…

Le 5 juin 2006 paraît Radio Cortex, premier album solo de R-Wan, chanteur de Java. Pour ces 14 chansons et 5 jingles, R-Wan a travaillé avec Arno Elbaz (Bazbaz, Mc Anuff), Climbié (Faudil Club de France), Nicolas Kassilchik (26 Pinel), Jérôme Paret, Camille Ballon, Fixi (Java), Jérôme Van den Hole (Van Den Love) et l'ingénieur du son Laurent Guénau. Concept album, Radio Cortex reproduit la programmation d'une radio pirate idéale. Musicalement, les morceaux alternent reggae ("A ta porte"), rap, ragga ("Le caramel sur la cerise"), electro, chanson ("On se dit tu" en duo avec la comédienne Maud Legenedal) et parodies : "Radio Active" qui reprend "Petit Papa Noël" et "Lâche l'affaire", remake de "Laisse béton" de Renaud. R-Wan reprend "Océan Indien" du poète malgache Roger Kha. Il présente Radio Cotex sur scène en France en octobre. Du 15 novembre au 15 décembre, il tourne avec le jamaïcain Winston Mc Anuff (dont le nouvel opus est réalisé par Fixi) et avec Java. Le 8 décembre, les trois groupes se produisent au Zénith de Nancy et le 12 à l'Elysée-Montmartre à Paris.

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