Katerine, Philippe

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

1968

Philippe Katerine, de son vrai nom Philippe Blanchard, naît le 8 décembre 1968 à Chantonnay, ville de 8000 habitants, située en Vendée au sud de Nantes. Il y passe son enfance et son adolescence au sein d’une famille pratiquante et y reçoit une éducation très classique. A huit ans il est opéré à cœur ouvert. Le thème des hôpitaux reviendra plus tard à maintes reprises dans ses chansons, tout comme la religion. Jusqu’à l’âge de douze ans, Philippe Katerine désire en effet devenir prêtre puis missionnaire, avant de tout rejeter à l’adolescence. Il apprend la guitare avec un voisin. Comme celui-ci pratique la bossa nova, c’est cette technique de jeu que Philippe assimile, pensant à l’époque que chaque guitariste joue de cette manière. Un oncle lui fait écouter Le Pêcheur, premier album de CharlElie Couture sorti en 1979 et Philippe Katerine ressent comme un déclic, appréciant le côté artisanal du disque, alors qu’avant la littérature l’intéressait plus. Vers 16 ans il commence à se produire dans différents groupes de sa région, fortement influencés par la musique anglo-saxonne, chantant en anglais et en français. Après son baccalauréat, il part pour Rennes et s’inscrit en faculté d’Arts plastiques. Il commence à enregistrer des chansons sur un magnéto quatre pistes dans sa chambre d’étudiant. Il multiplie les petits boulots : professeur de gymnastique en contrat emploi solidarité dans une maison familiale, objecteur de conscience en tant que projectionniste en milieu rural, employé aux abattoirs de Saint-Fulgent, chez Citroën, sans pour autant véritablement quitter la région nantaise. A force de composer et d’enregistrer, il se décide à aller plus loin. En novembre 1991 sort son premier album Les Mariages chinois (réédité un an plus tard avec un titre en plus sous le nom Les Mariages chinois et la relecture). Philippe Katerine a à l’époque un dégoût profond pour tout ce qu’il entend à la radio, des sons ampoulés très produits. Son premier disque sonne minimaliste. Il est entouré au chant par sa sœur Bruno et sa compagne Anne. Les textes sont brefs et les morceaux courts. En 1992, deux chansons enregistrées avec Dominique A sous le nom de groupe Les Linda, paraissent sur la cassette compilation Heol Daou. Pour L’Education anglaise, qui paraît en 1994, Katerine qui n’apprécie pas le son de sa voix se met en retrait et laisse chanter ses deux collaboratrices. Les chansons bénéficient d’arrangements de cordes et de cuivres. Avec Mes mauvaises fréquentations, en 1996, il assume pleinement son statut d’auteur/compositeur/interprète. Ses textes plus personnels et narratifs ne peuvent plus être chantés par d’autres. Côté musique, ces 16 morceaux oscillent entre bossa nova (« Chanson des jours bénis », « Lorsque je dors »), pop anglaise (« Mon cœur balance », « Parlez-vous anglais Mr Katerine ? »), le tout porté par des arrangements légèrement jazzy (contrebasse, vibraphone, guitare, trompette, flûte), évoquant parfois l’univers d’un Michel Legrand, période Jacques Demy. Valérie Leulliot chanteuse du groupe Autour de Lucie, participe aux chœurs sur deux morceaux. « Mon cœur balance » obtient un mini succès radio. Philippe Katerine part en tournée, se produisant notamment au Printemps de Bourges et au Batcalan à Paris en compagnie de Mathieu Boogaerts. Son succès grandit et au Japon, il vend plus de 20 000 albums. Il compose d’ailleurs un morceau pour la chanteuse japonaise Kahimi Karie. En 1997, en compagnie de Simon Mary son contrebassiste, il écrit et produit un album pour deux anglo-japonaises, Les Sœurs Winchester chantent Katerine. Il entreprend ensuite une collaboration avec l’actrice Anna Karina. Ils créent ensemble un spectacle dans le cadre du festival de Mâcon, avant de tourner en 2000, suite à la sortie du disque Une histoire d’amour. En parallèle, Katerine écrit deux textes pour le premier disque de Bertrand Burgalat, une chanson pour le deuxième opus de Françoiz Breut (pour laquelle il joue de la guitare et fait les chœurs) et surtout publie fin 1999, deux albums vendus ensemble ou séparément, L’Homme à trois mains/Les Créatures. Pour L’Homme à trois mains, il enregistre les chansons seuls en direct, en s’accompagnant à la guitare. Par contre sur Les Créatures, il est secondé par le trio The Recyclers (Steve Arguelles : batterie, percussions, programmations, Christophe Minck : basse, contrebasse, harpe, Benoît Delbecq : piano, synthétiseurs, programmations). Changement assez radical par rapport à l’orientation pop de ces précédents albums : Katerine se lance dans des collages bruitistes, des arrangements free jazz, se met à nu dans des textes décalés, proches parfois de l’écriture automatique. Il déclare ainsi son amour à un poulet (« Poulet N. 728 120 »), fait le bilan de sa vie à l’occasion de son anniversaire (« J’ai 30 ans »). Il flirte même avec le disco sur « Je vous emmerde ». Un grand orchestre illumine « Au pays de mon premier amour ». Philippe Katerine devient de plus en plus inclassable. Il part en tournée accompagné par les Recyclers. Puis il compose un album, Azul, pour Helena Noguerra, sa compagne. Il se produit avec elle sur la scène du Trianon à Paris en février 2002, en compagnie notamment des Recyclers, de Bertrand Burgalat et d’Alain Chamfort. Le 4 novembre 2002 sort 8ème ciel, son nouvel opus enregistré une nouvelle fois avec les Recyclers, mélange de chansons pop (« 8ème ciel », « où je vais la nuit », « Mort à la poésie », « Elle a vu »), légèrement funk (« Les grands restaurants »), voire soul (« Des étoiles », « Inutile ») ou bossa nova (« Barbecue à L’Elysée »). En janvier 2003, il commence une tournée française s’arrêtant le 17 mars à La Cigale à Paris. Philippe Katerine participe au conte musical L’héroïne au bain, sorti en avril 2003, écrit et composé par Olivier Libaux, ex-membre du groupe Les Objets. Il y chante la chanson titre en duo avec Helena. On y retrouve Dominique Dalcan, Lio, et Ludovic Triaire, ex-chanteur des Loups. Philippe Katerine travaille également pour le cinéma. Il a composé la bande originale du court métrage Nom de code Sacha, dans lequel il joue son propre rôle (2002), et celle de Un homme un vrai, film des frères Larrieu (mai 2003). Il passe derrière la caméra et réalise un court métrage 1 km à pied, pour Arte. il y refait son ancien chemin d'école, caméra à l'épaule et raconte ses souvenirs. Dans la foulée, il signe un premier long métrage, Peau de cochon, constitué de douze parties, pour l'instant sans distributeur. Musicalement il termine le prochain album d'Héléna Noguerra, cette fois interprété en français, Née dans la nature, qui paraît le 30 mars 2004. Peau de Cochon, premier film en tant que réalisateur de Philippe Katerine sort sur les écrans en avril 2005. Robots après tout, nouvel album studio, enregistré avec Renaud Letang et Gonzalès paraît en octobre 2005. Katerine a travaillé chez lui avec une groovebox prêtée par Olivier Libaux, une machine qu'il ne connaissait pas. Il a délibérément laissé de côté sa guitare afin de trouver un nouveau moyen de composer. Il a enregistré ses maquettes sur un huit pistes et les a confiées à Gonzalès et Renaud Letang, qui ont ensuite travaillé sur des boucles rythmiques ajoutant programmations diverses et synthés. En découle un album aux sonorités electro qui s'ouvre sur "Etres humains" aux paroles scandées par "la chorale des robots". Les 14 morceaux mélangent electro ("Etres humains", "Excuse-moi", "le 20.04.2005"), disco (le tubesque "100 pour cent VIP"), dance ("Louxor j'adore", "Border line", "Qu'est-ce qu'il a dit", "Après moi" proche de "Le Sampa" de Richard Gotainer...), ballade planante (le très mélodique "Numéros" avec Helena), improvisation vocale sur une rythmique minimaliste avec bruits de rue et chorale ("Patati patata !"), techno pop ("78-2008")... On y retrouve les obsessions récurrentes de Katerine : les chiffres, la mort, la solitude au milieu des autres, la paranoïa, le sexe... Cet album d'une liberté absolue donne lieu en février et mars 2006 à un spectacle conçu avec la chorégraphe Mathilde Monnier. Auparavant, Katerine se produit sur scène avec les ex-Little Rabbits à Rennes durant les Transmusicales et au Point Ephémère à Paris les 13 et 14 décembre 2005.

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