Keïta, Salif

Créé le 29 septembre 2010 |
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1949

Salif Keïta naît en 1949 à Djoliba au Mali. Les Keïta sont l’une des plus anciennes familles nobles du pays, et Salif a pour ancêtre le grand Soundjata Keïta, fondateur de l’Empire mandingue au XIIIe siècle. Il n’est donc pas destiné à devenir chanteur - dans une société de castes, ce statut est dévolu aux griots. Mais, très tôt, il se fait remarquer dans les grins (clubs de thé) de Bamako, et commence à prendre des libertés avec son lignage. Transgressant les codes, il n’a de cesse de devenir chanteur professionnel, au grand dam de sa famille, qui mettra des années à l’accepter.

Il se révèle dans le mythique Rail Band du Buffet de la gare, la formation chargée d’animer la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako, puis devient le leader des Ambassadeurs du Motel, et c’est avec son compère, le superbe guitariste Kanté Manfila, qu’il signe ses premières grandes compositions. En 1978, ils gagnent Abidjan ensemble, fondent les Ambassadeurs Internationaux et gravent quelques succès panafricains, dont l’album Mandjou.

Lors d’un séjour aux Etats-Unis, ils sortent les albums Primpin et Toukan. En 1984, Salif Keïta s’installe à Paris, et l’année suivante, la presse le découvre grâce à deux concerts donnés à la mairie de Montreuil, la deuxième ville malienne du monde.

Mais c’est avec le superbe Soro (1987) qu’il donne à son blues “griotique” une stature internationale. A partir de là, cette voix de tête, capable de rivaliser avec la plainte du saxo, les pulsations hypnotiques des congas ou les arabesques des guitares, pousse encore plus loin le dialogue entre technologie et musique traditionnelle, comme en témoigne en 1991 l’album Amen, produit et arrangé par Joé Zawinul, leader du mythique Weather Report. L’album est servi par un brillant aréopage de musiciens, parmi lesquels le batteur Paco Séry, le bassiste Etienne M’Bappe, le clavier Cheikh Tidiane Seck, le balafoniste Kélétigui Diabaté, Carlos Santana et le percussionniste Bill Summers. C’est un disque de contrastes, qui évoque le monde contemporain et, plus particulièrement, les enjeux cruciaux de l’Afrique.

Cette démarche humaniste sera celle de tous les albums suivants, notamment Folon (1995), Sosie (1996) et Papa (1999), hommage à son père et premier album enregistré dans son propre studio, qu’il a fait construire au pays.

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