Khaled

Créé le 29 septembre 2010 |
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1960 - Auteur, Compositeur, Interprète

Hadj-Brahim Khaled, de milieu populaire, est né le 29 février 1960 à Sid-El-Houari (Oran). Contrairement à bien des artistes, il n'est pas issu d'une famille de musiciens, exception faite d'un oncle qui taquine de temps en temps l'accordéon. Son père, employé dans un garage de la police locale observe d'un oeil méfiant ses débuts vocaux, à l’âge de neuf ans, lors de veillées entre amis ou de fêtes familiales. Exclu du système scolaire pour absences répétées, il entame une ronde de petits métiers : vendeur ambulant de limonade, cordonnier, apprenti-mécano, garçon de café.

Sous la pression de ses parents, il entreprend une formation de dactylographe chez les anciens "Moudjahidine" (combattants de la guerre d'Algérie) mais le coeur n'y est pas parce qu'il possède "les yeux de Qaïs" (l'amoureux fou de la poésie arabe) pour l'accordéon, instrument fétiche dont il joue toujours, en alternance avec le synthétiseur. Comme tous les jeunes maghrébins, Khaled a subi les influences de divers courants musicaux. L'Algérie, fraîchement indépendante, a vibré au son de la pop psychédélique, s'est trémoussée sur les riffs sauvages des guitaristes de Johnny Hallyday et d'Elvis Presley (dont les films battent des records d'affluence que n'égalent que les films « hindous »), a pleuré à l'écoute des lamentos de Joselito, le petit espagnol à la voix d’or, a été charmée par les mélodies d'Idir avant de s'amouracher du tempo reggae. Khaled, lui, a surtout un faible pour la chanson marocaine.

Au début des années 70, dingue du maestro El Alami (ex-directeur de l'orchestre régional de Casablanca) et en hommage au richissime folklore du Maroc, remis au goût du jour par Nass El Ghiwane, il monte un groupe Noudjoum El Khams qui se sépare en 1975. En deux ans, Khaled enregistre pas moins de six singles, tous portant l'empreinte des mélopées du Royaume Chérifien. Son nom circule de plus en plus dans les milieux de l'édition et des "prospecteurs de nouveaux talents".

L'année 1978 sonne le glas du 45 tours qui cède la place à la cassette, plus adaptée aux exigences du raï. A la différence du tourne disque familial, le magnétophone à piles permet l'écoute des paroles « choquantes » hors de la maison. Cheb Khaled commence alors à s'intéresser sérieusement aux textes raï dont le côté surréaliste l'enchante. On lui doit d'ailleurs de beaux cadavres exquis (« Shab El Baroud » ou « La Camel ») que n'auraient pas reniés Guillaume Apollinaire ou André Breton. En 1979, Cheba Fadéla donne le coup d'envoi du raï électrifié mais c'est Khaled qui marque le plus de points. Il est le premier à intégrer des synthés et une boîte à rythmes à sa musique, en 1982.

Après deux premiers disques soutirés gratuitement par un producteur, il enchaîne avec succès, cassettes sur cassettes. Faute d'être encore un solide moyen de subsistance, le raï lui sert de pain spirituel jusque dans sa manière de vivre. Pensant les nuits plus belles que les jours, il erre de boîte en boîte et court les fêtes. Il fait même un peu de prison, ce qui lui inspirera la chanson « Cima El Berda » (ciment froid).

Sa popularité éclate au grand jour en 1985 lors du premier festival raï algérien, autorisé par des autorités débordées. C'est sur scène que Khaled donne la pleine mesure de son talent. Sa voix rauque et sensuelle transforme une ritournelle des plus banales en blues accrocheur et entêtant, vrille l'espace, trace des arabesques imaginaires. Khaled brille en particulier par ses improvisations et l'interprétation à chaque fois renouvelée de ses refrains. Son chant met dans chaque mot toute la douleur et le poids de l'existence. Ses paroles abordent des sujets tabous comme l'alcool et l'amour.

Sacré « roi » du raï, Khaled triomphe en France en 1986, lors des Festivals de Bobigny et de la Villette. Depuis, il ne cesse de vocaliser en Europe, au Japon et aux USA. Honni par les intégristes, adulé par les jeunes, ce fin amateur de bistrots, ami des animaux, s'est fixé depuis près de douze ans en région parisienne (après avoir résidé à Marseille).

Depuis 1992, il connait une consécration mondiale grâce à son tube internationnal « Didi », tout en faisant, en 1996, une intrusion dans le coeur de tous les Français avec « Aïcha », dont le texte est de Jean-Jacques Goldman.

Le 26 septembre 1998, il se trouve aux côtés de Rachid Taha et de Faudel sur la scène de Bercy devant 15 000 spectateurs. Il se produit, pour la première fois depuis 1986, à Alger en novembre 2000. Premier chanteur maghrebin à entrer dans le Top 50, Khaled restera celui qui a réussi à ouvrir des perspectives internationales à la musique maghrébo-orientale

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