Lemarque, Francis

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1917-2002) - Auteur, Compositeur, Interprète

Nathan Korb alias Francis Lemarque naît à Paris en 1917. Fils d'émigrés juifs lituaniens, il passe son enfance rue de Lappe, dans le quartier de La Bastille. Dès l’âge de onze ans il entre dans le monde du travail, successivement comme vendeur en bimbeloterie, ouvrier dans une imprimerie, métallurgiste, garçon de courses, et figurant.

En 1934, il intègre le groupe MARS affilié à la Fédération des Théâtres OUvriers de France. Au sein de ce groupe, il forme un duo avec son frère aîné Maurice, les Frères Marc. Le nom est trouvé par Louis Aragon. Ils reprennent sans accompagnement les chansons de Gilles et Julien. Un soir, le duo se produit juste avant le groupe Octobre. Francis Lemarque rencontre alors Jacques Prévert. Ce dernier donne aux Frères Marc quelques chansons à interpréter : "La chasse à l'enfant", "Le cauchemar du chauffeur de taxi"... Il leur présente Joseph Kosma, qui devient leur accompagnateur.

Lors du Front Populaire, Les Frères Marc et le groupe Mars se produisent dans les usines en grève. Maurice, son frère aîné, est remplacé au sein du duo durant la période de son service militaire par Léo Noël, un des futurs fondateurs du cabaret l'Ecluse. La guerre oblige Francis Lemarque, du fait de ses origines juives, à se réfugier en zone non-occupée, puis il rejoint le Maquis.

Après la Libération, il se produit dans des cabarets, où il est l'un des premiers à s'accompagner à la guitare, et il commence à écrire des chansons. Insatisfait du résultat, il les montre à Jacques Prévert qui lui présente Yves Montand en 1946. Francis Lemarque a à peine le temps de chanter deux titres qu'Yves Montand l'apostrophe : "Tu en as beaucoup comme ça ?". La carrière de Francis Lemarque est lancée. Yves Montand enregistre "Ma douce Vallée" (autre titre "Qu'elle était douce ma vallée"), "A Paris", puis "Bal, petit bal" (1950), "Quand un soldat", "Les Routiers", "Toi tu ne ressembles à personne" (1952). Maurice Chevalier, Renée Lebas, Juliette Gréco, Henri Salvador, Marcel Amont, Patachou, Yvette Giraud, Lucienne Delyle ou Edith Piaf lui demandent des chansons, ce qui éclipse un peu sa carrière d’interprète.

Parallèlement, il se produit dans des cabarets : les Trois Baudets dès 1948, L'Echelle de Jacob, l'Ecluse à partir de 1951... Il enregistre ses propres titres ("Rue de Lappe" en 1950, "Marjolaine" en 1957, "Le temps du muguet"), des chansons pour enfants ("Le Petit cordonnier" et "La Grenouille", Grand Prix du disque 1956), et compose des musiques de films, dont celle de Playtime de Jacques Tati, sorti en décembre 1967. Bien qu'il ait toujours été éclipsé par le prestige d'Yves Montand, son interprète de prédilection, il n'en a pas moins obtenu des succès personnels. La vague yé-yé et le reflux des artistes des années 1950, l'écartent de la scène.

Il monte alors sa maison d'édition, mais n'en continue pas moins d'écrire et d'enregistrer : des poèmes de Francis Carco qu'il met en musique, des chansons pour enfants en 1970, un oratorio, Paris populi, écrit avec Georges Coulonges (monté en 1977 au TEP et enregistré avec Mireille Mathieu, Serge Lama, Michel Delpech et Juliette Gréco). En 1972, il participe à un spectacle avec Jean Ferrat au Palais de Sports. En 1974, il se produit au Théâtre de la Ville, en 1980 au Printemps de Bourges.

Il chante encore au Casino de Paris en 1994, à l'occasion de la sortie d'un nouveau disque, avec un titre hommage : "Quand Montand chante". En janvier 1997, au Théâtre Silvia-Monfort, et en octobre 1998, au Théâtre de l'Est Parisien, il réunit un public de tous âges. De nombreuses récompenses lui ont été attribuées tout au long de sa carrière : le Grand prix du disque en 1956 et 1978, le Grand Prix national de la chanson française en 1981, le Prix de l'Académie Charles-Cros en 1981 et 1989.

En 1992, il est fait chevalier la Légion d'honneur et officier de l'Ordre des Arts et des Lettres. La même année, il publie un livre de souvenirs intitulé J’ai la mémoire qui chante. Francis Lemarque reste le poète du Paris populaire et un mélodiste inimitable. En privilégiant souvent les tempos de valse lente, propices à la nostalgie, il a écrit des centaines de chansons. Il est décédé le samedi 20 avril 2002, à 84 ans, à son domicile de La Varenne-Saint-Hilaire dans le Val-de-Marne.

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