Matoub, Lounès

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1956-1998)

Lounes Matoub est né le 24 janvier 1956, à Taourirt-Moussa, petit village de Kabylie en Algérie. En 1978, il se rend en France, d'abord en Haute-Savoie pour rejoindre de vagues cousins puis à Barbès à Paris. Il effectue ses premiers pas artistiques dans un café de la rue Léon, au coeur du 18ème arrondissement. Les samedis soirs, il interprète des morceaux de chaâbi (genre populaire algérois), à la manière de Cheikh El Hasnaoui ou Dahmane El Harrachi (le créateur de " Ya Rayah"), ou des airs du folklore des montagnes kabyles.

Avec sa voix bluesy et convaincante et son jeu de mandole très fluide, il ne tarde pas à se faire remarquer. La chanson kabyle, style dominant, a encore le vent en poupe. Idir (l'auteur d'"A Vava Inouva") directeur artistique du puissant label Azwaw l'engage et lui fait enregistrer son premier 45T sous le titre "Ah Ya Tulawin" (Vous les femmes). La chanson, inspirée du terroir kabyle, est déclinée sur un tempo rapide, très dansant, soutenue par une orchestration réunissant une basse, une batterie, un mandole, une guitare, une derbouka et un synthé. La face B, " Ifenanen" (Les artistes), annonce déjà son engagement pour la défense de la culture kabyle.

La même année, son premier album confirme cette prise de position, avec le titre "Ayizem" (Le lion), chanté en duo avec Idir. Bientôt sa côte de popularité grimpe, les plus frustrés et les laissés pour compte se reconnaissent dans ses chansons et ses disques s'arrachent et ses concerts se jouent à guichets fermés.

En 1980, lors du printemps berbère en Kabylie en faveur de la reconnaissance de la culture et de la langue amazigh, Lounès Matoub traduit en actes ses mots. Il se tient aux côtés des manifestants et enregistre, à cette époque, ses albums les plus engagés.

En 1988, lors des émeutes d'Alger, il est victime d'un attentat. Pas encore totalement rétabli, il se lance dans de nouveaux enregistrements, donne une série de concerts et ne manque pas de rappeler son combat. Le groupe de rap algérien, Hamma Boys, reprend un extrait d'un de ses textes le plus contestataire.

Le 25 septembre 1994, il est enlevé par un commando. Une fois libéré, après que la Kabylie l'ait soutenue en masse, il reprend le chemin des studios et se produit deux fois au Zénith de Paris, plein à craquer. Lounès Matoub est assassiné le 25 juin 1998, laissant "Lettre ouverte... ", un dernier album-manifeste dérangeant et troublant.

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