Miossec

Créé le 29 septembre 2010 |
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1964 - Auteur, Compositeur, Interprète

Petit-fils d’un ouvrier de l’arsenal, fils d’un sapeur pompier et d’une vendeuse, Christophe Miossec naît à Brest en décembre 1964. Il passe une enfance plutôt sportive (basket), à Kerbonne, quartier ouvrier de la ville. Ses premiers souvenirs musicaux remontent à l’âge de sept ans. Il écoute alors par l’intermédiaire de son frère aîné T. Rex, Jimi Hendrix et les Rolling Stones.

Vers douze ans, il lui emprunte sa guitare et commence à jouer. A treize ans et demi, il monte un premier groupe, Nanar Pavot, dans lequel il est guitariste, puis un second, toujours au même instrument, Printemps Noir. Avec cette formation rock, il passe aux Transmusicales de Rennes à l’âge de seize ans. A l’époque, il porte des collants, se maquille et se décolore les cheveux. Il écrit les paroles du groupe en essayant de copier Les Nus, groupe rennais dont Noir Désir reprendra « Johnny colère » sur scène. Printemps Noir joue à 90 % des compositions personnelles, et reprend des morceaux de The Cure et de Wire. Un des titres écrits par Christophe Miossec, « Les Yeux de Laura », devient même un des tubes de l’année 1983, interprété par Goût de luxe, sans que l’auteur ne touche un centime. Après son entrée en faculté d’histoire, Christophe Miossec abandonne la musique et se plonge dans la lecture (Bukowski, Kerouac, Hubert Selby Jr… ). Il commence un DEA de Sciences-Politiques, puis le désir d’écrire le rattrape. Il travaille notamment comme journaliste pour Ouest France à Brest, puis chez Gallimard pour l’élaboration d’une encyclopédie, enfin chez TF1 comme concept-rédacteur. Après dix ans d’expérience professionnelle, le désir de refaire de la musique devient un impératif. Il rachète des instruments et un magnéto huit pistes et s’isole près de la presqu’île de Crozon. Il part pour la Réunion quelques mois comme journaliste local, revient à trente ans s’installer chez ses parents et travaille ses chansons.

A Brest, il fait la connaissance du guitariste Guillaume Jouan, ancien trompettiste du groupe Les Locataires, dans un bistrot. Ils travaillent chaque jour à deux sur un premier album. A cette époque, Christophe Miossec entend La Fossette, premier opus de Dominique A, et son écoute le persuade de continuer. Rejoints par Bruno Leroux, ils enregistrent en un mois une maquette, sous le nom de Miossec. La cassette circule, ils sont remarqués par Les Inrockuptibles, et finalement signés chez PIAS. Boire sort en avril 1995. Ces treize chansons, dont une reprise de Johnny Hallyday (« La Fille à qui je pense »), bénéficient d’arrangements acoustiques (guitares, basse, trompettes, harmonica), qui mettent en valeur les textes abrasifs, directs et sans fioritures de Christophe Miossec. Ce premier opus distille un folk énergique et nuancé. Miossec reconnaît lui même que sa culture est complètement anglo-saxonne à la base, et que le lien qui existe pour lui entre la chanson française et les anglo-saxons, provient du folk. Cet admirateur de Jacques Brel, qui vénère Alain Bashung, et qui reconnaît que Gérard Manset n’est pas caricatural car il va au fond de sa musique, se définit comme un « chansonneur », qui murmure parfois comme Chet Baker. Boire, porté par « Non non non non (je ne suis plus saoul » et « Regarde un peu la France », se vendra à plus de 100 000 exemplaires. Le trio entame une tournée marathon en France, qui passe par La Cigale à Paris en janvier 1996, occasion d’inviter sur scène Dominique A et Silvain Vanot.

Après un changement de musiciens, le départ de Bruno Leroux, et l’arrivée du guitariste-violoniste Olivier Mellano (membre du groupe Mobiil, qui officie régulièrement aux côtés de Dominique A, voire de Françoiz Breut), du bassiste Christophe le Bris et du batteur Yves-André Lefeuvre (Complot Bronswick), Miossec enregistre un deuxième album, Baiser, qui paraît en 1997. Christophe Miossec désire à l’époque durcir le ton pour échapper au côté variété qui lui fait peur. Baiser sonne ainsi plus rock (« La Fidélité », « Une bonne carcasse », « Le mors aux dents »… ), sans pour autant perdre complètement la sonorité folk du précédent (« Je plaisante », « Juste après qu’il ait plu »). Miossec reprend également « Salut les amoureux » de Joe Dassin. Nominé aux Victoires de la musique, comme révélation 1997, il refuse d’y figurer, et est évincé de la liste. Il reprend la route pour défendre ses nouvelles chansons, passant par la scène de l’Olympia.

En 1998, après la naissance de son fils, il se remet à l’écriture, toujours en compagnie du fidèle Guillaume Jouan. A Prendre sort en novembre. Même si les deux acolytes ont rêvé d’un disque sans guitare, ce n’est pas le cas. Force est pourtant de constater que des machines font leur apparition (« Retour à l’hôtel », « L’assistant parlementaire », « En haut du mât »), et qu’un quatuor à cordes est utilisé sur certains morceaux (« Le chien mouillé (en silence) », « Le voisin », « Le déménagement »). A posteriori, Christophe Miossec avoue ne pas aimer ce disque. Il décide après la tournée de 1999, de mettre fin à sa collaboration avec Guillaume Jouan, co-compositeur des trois premiers albums. Depuis 1998, il écrit des textes pour les autres, notamment « Les Avalanches » pour Jane Birkin sur A la légère, « Ex », « Remise de peine » et « Notre histoire », sur Sang pour sang de Johnny Hallyday en 1999, un autre pour Axel Bauer, « Toi et moi », co-écrit avec Jacno, qu’il chante sur French paradoxe, album de ce dernier publié en 2002, et « Faisons envie » pour Alain Bashung sur L’Imprudence la même année. En juin 2000, il enregistre près de 80 % d’un album avec les musiciens de son dernier groupe de scène, optant pour un travail autour de l’improvisation. Le résultat ne lui sied pas et il abandonne le projet. Par un hasard providentiel, il rencontre Matthieu Ballet, ancien musicien du groupe Oui-Oui, collaborateur entre autres de Thomas Fersen, Joseph Racaille avec qui Miossec a repris « La non-demande en mariage » de Georges Brassens, ou encore de la chanteuse Arielle. C’est dans le studio de Matthieu Ballet, à Mortagne-au-Perche dans l’Orne, que l’enregistrement du nouvel album, s’effectue de janvier à mai 2001.

Brûle paraît le 23 octobre suivant. Ce quatrième opus, retrouve la sobriété du premier, une tonalité dans l’ensemble acoustique, enrichie par les arrangements subtils de Matthieu Ballet. On y croise ainsi banjo et violon (« Brûle »), un orgue Hammond et trompette (« Madame », dédiée à Juliette Gréco), une ambiance très yiddish sur « Le Défroqué », une boîte à rythme et un synthé très années 80 (« Grandir »), des touches de piano dans « Pardonne », mais aussi des chœ urs féminins (« Brûle », « Tendre S »)… Côté textes, Christophe Miossec a choisi l’épure. Il met également en musique un poème de Georges Perros (« Ainsi soit-elle »), écrivain breton qu’il aime particulièrement au même titre que Raymond Carver ou Henri Calet. Entouré des musiciens de l’album, Miossec entame une tournée qui passe durant l’été 2002, par les grands festivals français (Francofolies de La Rochelle, Vieilles Charrues… ), occasion de croiser la route de ses amis Yann Tiersen, Dominique A ou encore Noir Désir. Début avril 2003, il se produit cinq soirs, dans le Midi, accompagné par l’Orchestre Lyrique d’Avignon, soit 55 musiciens, et interprète essentiellement de nouvelles compositions, ainsi que « Ô triste était mon âme », texte de Verlaine mis en musique et chanté par Léo Ferré. Miossec a écrit trois textes ("Il et elle", "Couvre feu" et "Adieu Bohème") pour l'album de Juliette Gréco, Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez (2003).

Le premier mars 2004, il publie 1964, son cinquième album. Quatre des douze nouvelles chansons sont enregistrées avec l'orchestre lyrique de la région Avignon- Provence. Au départ, une série de concerts avec cet orchestre devait revisiter le répertoire du brestois. Finalement Miossec écrit huit nouveaux morceaux dont ces quatre qui se retrouvent sur l'album. Leurs arrangements sont confiés à Joseph Racaille, collaborateur, entre autres, de Dick Annegarn, Arthur H, Thomas Fersen et de Bashung sur Fantaisie Militaire. Miossec avoue que Bashung est un modèle pour lui. D'ailleurs, Jean-Louis Piérot (moitié des Valentins, responsable de Fantaisie Militaire) réalise 1964. Il y joue du piano, de l'orgue, des synthés, du vibraphone et de la guitare. Edith Fambuena, l'autre moitié, apparaît à la guitare sur quatre titres, aux chœ urs sur "Brest" et "En quarantaine" et cosigne avec Piérot " Le stade de la résistance ". Les musiciens de la tournée de Brûle, Yann Péchin (guitare, banjo, mandoline et co-composition de cinq morceaux), Philippe Entresangle (batterie, percussions) et Alain Ekpob (basse), complètent le duo. Les textes de Miossec sont plus concis et laissent plus de place à la musique. Ces douze nouvelles compositions oscillent entre pop rock (" Je m'en vais ", " Rose ", " Les gueules cassées ", " Essayons ", " Restons en vie ", " Brest " une des plus belles mélodies de Miossec, un tube en puissance...), pop (" Le stade de la résistance "), folk et folk rock avec orchestre symphonique (" Ta chair ma chère ", " Désolé pour la poussière ", " Dégueulasse ")... Miossec reprend la route dès le mois d'avril. Le 14 juin, il passe en vedette américaine de Bashung sur la scène de l'Olympia. En septembre il fait une apparition au cinéma dans Sous le grand ciel de Pascale Breton. Il vient d'écrire pour Khaled, Mass Hysteria et rêve d'en faire autant pour Arno. Après les festivals d'été, il continue une tournée française jusqu'en décembre 2004, avec trois concerts à la Cigale en septembre et une escale bruxelloise en octobre. Miossec participe à On dirait Nino, hommage à Nino Ferrer, qui sort le 18 avril 2005. Il interprète "Chanson pour Nathalie". Il a par ailleurs écrit deux textes ("Fausse route" et "Un homme à la mer") et co-écrit trois autres avec Mouss pour le dernier album éponyme de Mass Hysteria (paru en mai). Il interprète et co-écrit "Le jour de l'ouverture" avec Dominique A et Yann Tiersen, sur le nouveau CD de ce dernier, Les Retrouvailles.

Après un an et demi de gestation, le sixième album de Miossec, L’étreinte sort le 21 août 2006. D’abord testés sur scène à l’occasion d’une mini tournée de 5 dates en Bretagne en septembre 2005 (abandon de deux morceaux), les 12 nouvelles chansons ont été enregistrées à Bruxelles où vit Miossec. L’étreinte est réalisé par Jean-Louis Piérot (ex-Valentins déjà présent sur l’opus précédent) et par Miossec lui même. Le Brestois y est entouré par l’anglais Robert Johnson (guitares, basse… ), Jean-Louis Piérot (claviers… ), le batteur gallois Ian Thomas, le belge Stef Kamil Carlens de Zita Zwoon aux choeurs, voix et piano, la hollandaise Fay Lovsky (chœ urs, thérémine, vibraphone, sciée musicale… ), Gérard Jouannest (pianiste de Brel et compagnon de Juliette Gréco) au piano, une section de cordes dirigée par le violoniste Nicolas Stevens (vu, comme le violoncelliste Jean-François Assy, sur la tournée de l’Imprudence d’Alain Bashung)… Miossec a écrit tous les textes, composé seul 5 morceaux et co-composé trois autres avec Jean-Louis Piérot. Gérard Jouannest a écrit la musique de « 30 ans », Les Valentins celle de « Le loup dans la bergerie », Daran « L’amour et l’air » et Robert Johnson « Bonhomme ». Avec ce nouvel album, Miossec élargie sa palette musicale : pop avec chœ urs à la Beach Boys et guitare électrique en arpèges (« La facture d’électricité »), folk rock (« Mes crimes » , « La grande marée » avec de très belles guitares folk en arpèges, puis une rythmique plus rock), pop rock (« Quand je fais la chose » avec son de clavier et de guitare électrique très sixties, « L’amour et l’air » avec cordes, scie musicale et mandolines), valse (« L’imbécile »), chanson (« 30 ans » avec piano/voix, puis guitare, percus, solo de bugle et cordes), ballade avec guitare acoustique et flûtes (« Bonhomme ») ou ballade avec cordes, thérémine et vibraphone (« Le loup dans la bergerie »). « La mélancolie », quant à elle, avance tout en crescendo : début avec guitare folk en arpèges puis piano, cordes et entrée d’une rythmique basse batterie soutenue, puis riff de guitare électrique entêtant, chœ urs et final decrescendo avec guitare acoustique, cordes et voix. Le peintre Paul Bloas, brestois, ami de bar d’adolescence de Miossec a réalisé la pochette et les dessins que l’on retrouve dans le livret. Miossec entame une tournée fin novembre avec un passage par La Cigale à Paris le 3 décembre.

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