Mistinguett

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1875-1956) - Interprète, actrice

Elle a su gravir toutes les marches des emplois de la Revue, allant de la comique à la meneuse en passant par la gigolette et l'épileptique, avant de descendre d'autant mieux le mythique grand escalier du Music-hall parisien, couronnée comme une reine de pacotille. Une sorte de « madame sans gêne » assumant ses défauts ordinaires pour les transformer en qualités d'une réussite sans pareille.


BIOGRAPHIE :

Mistinguett, de son vrai Jeanne Bourgeois, naît à Enghien-les-Bains dans le Val d’Oise le 5 avril 1875. Son père est journalier et sa mère couturière. Elle prend quelques cours de chant, se produit dans les cafés de sa ville, avant de suivre une troupe de cirque. Elle débute au Petit Casino (1894) et au Trianon Concert (en mars 1895, avec la chanson «Max ! Max ! C’que t’es rigolo !» de Lucien Delormel et Sam Devere).

Elle se fait appeler Miss Hélyett puis Mistinguette avec un « e » final.  Elle reste de 1897 à 1907 à l'Eldorado où elle participe à quelques tableaux dans les opérettes sketches que programme la salle en deuxième partie de soirée. Elle y apprend véritablement le métier de la scène en s’essayant à différents genres : chanteuse comique, épileptique, gigolette... Elle écrira plus tard : « A force d’assiduité, je suis devenue nature ». Au théâtre, elle joue dans une pièce de Georges Feydeau.

Mistinguett est engagée au Moulin-Rouge en 1909 pour participer à une revue dont la vedette est Max Dearly. Ils interprètent ensemble « La Valse chaloupée » (Lucien Boyer-Léo Lelièvre/Jacques Offenbach, 1908), une danse à la violence suggestive qui mime les rapports d'une fille et de son souteneur. Le triomphe de ce tableau assure une renommée immédiate à Mistinguett. En 1911, elle est engagée aux Folies-Bergère comme meneuse de revue. Elle y rencontre Maurice Chevalier qui quitte Fréhel pour elle. Ils créent à deux le sketch La valse renversante. Mistinguett, qui enchaîne les revues aux Folies-Bergère ou à l'Alcazar d'Eté, tourne dans des films presque sans interruption de 1908 à 1917. Elle tient en particulier le rôle d'Eponine dans Les Misérables d'Albert Capelloni (1912), et fait la vedette dans deux épisodes de Mistinguett Détective (1917). En 1917, elle crée la revue Pa-ri-ki-ri puis remplace Gaby Deslys dans Laissez-les tomber au Casino de Paris, salle qui sous l'égide d'Henri Varna, inaugure la mode des revues somptueuses et extravagantes. Toujours au Casino de Paris, elle mène Paris qui jazz en 1920, une revue pour laquelle Albert Willemetz et Maurice Yvain lui écrivent « J'en ai marre », « En douce » et « La Java ». Les mêmes auteurs signent pour elle « Mon homme » : un tel succès que Francis Carco, dont la pièce de théâtre du même nom se joue au même moment, doit incorporer la chanson dans la représentation.

Au sommet de sa popularité, Mistinguett est alors l'invitée obligée de toutes les inaugurations officielles. La presse se délecte de ses photos, de ses aventures ou de ses réparties à l'emporte-pièce. Ses succès, « La Belote » (Albert Willemetz-Charles Chapentier/Maurice Yvain, tiré de la revue Bonjour Paris, 1924) ou « On m'suit » (Mistinguett-Léo Lelièvre fils/Fred Pearly-Pierre Chagnon, tiré de la revue Paris qui tourne, 1928), atteignent des records de vente en petits formats. « J'en ai marre » (Georges Arnould-Albert Willemetz/Maurice Yvain, de la revue Paris en l’air, 1921) et « Valencia » (Lucien Boyer-Jacques Charles/José Padilla, paso doble de la Revue Mistinguett, 1925) dépassent les trois millions d'exemplaires. Succès réédité avec « Ça c'est Paris » (Lucien Boyer-Jacques Charles/José Padilla), tiré de la revue du même nom au Moulin Rouge en 1926, ou avec « Je cherche un millionnaire » (Marc Cab-Leopold de Lima/Nacio Herb Brown, tiré de la revue Féerie de Paris, 1937).

Pour son public, Mistinguett incarne le music-hall, tout autant qu'elle personnifie la Parisienne. Elle n'est pourtant qu'une piètre chanteuse, comme elle l'affirme en 1933, dans sa chanson portrait « C'est vrai » (Albert Willemetz/Casimir Oberfeld, marche de la revue Folies en folie, 1933) : « on dit que j'ai la voix qui traîne... c'est vrai ». Pour elle, l'essentiel reste la scène (elle n'a jamais utilisé de micro), où elle fait preuve d'un abattage, d'une spontanéité, d'une gouaille et d'une énergie qui ravissent les spectateurs et surtout où elle montre ses jambes. Des gambettes légendaires, à la fois outils de scène et image de marque qui, dès les années 1920 sont assurées à la Lloyds pour 500.000 francs : un enjeu qui contraint la compagnie d'assurance à dépêcher un inspecteur à chaque spectacle de la Miss. Travailleuse acharnée, Mistinguett ne quitte jamais l'affiche pour bien longtemps, entre les tournées (aux Amériques en 1924 et 1939) et les revues (entre autres, aux Folies-Bergère en 1934 avec Fernandel).

Le 25 novembre 1941, Mistinguett se produit sur la scène du Casino de Paris, dans la revue Toujours Paris (deuxième version). Elle y crée, entre autres, deux nouvelles chansons « Titine » (Léopold de Lilma/René Toché) et « La Tour Eiffel est toujours là » (Marc Lanjean-François Llenas/Marc Lanjean), qu'elle grave en juin 1942, lors de son dernier enregistrement. La revue reste à l'affiche jusqu'en juillet 1942 et la Miss passe régulièrement sur Radio-Paris. En décembre 1943, elle se produit à l'Alhambra puis au Théâtre de l'Etoile dans Paris Paname. En décembre 1944, elle est de nouveau au Théâtre de l'Etoile dans Paris revient. Elle entre sur scène debout dans une jeep, en uniforme kaki. A l'automne 1945, elle reçoit un blâme du comité d'épuration des artistes, pour être passée sur Radio-Paris et avoir gagné de l'argent en participant à des évènements parrainés par les Allemands (Galas au Gaumont Palace en 1943). En octobre 1945, elle reprend ses succès dans un tour de chant à l'Alhambra.

Elle participe encore à une revue à l'ABC en mai 1949 : elle a 74 ans et danse le be-bop. Elle décède à Bougival en 1956.

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