Monnot, Marguerite

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1903-1961) - Compositrice

Marguerite Monnot naît le 28 mai 1903 à Décize, dans la Nièvre. Son père Gabriel Monnot a perdu l’usage de la vue à l’âge de trois ans. Il est musicien et compositeur de musique religieuse. Il est le titulaire de l’orgue de l’église de Saint-Aré, patron du village et donne des cours de piano. Sa mère, Marie, institutrice, donne aussi des cours de musique. La jeune Marguerite grandit dans une atmosphère musicale.

Elle ne fréquente que très peu l’école communale. Sa mère s’occupe de son éducation à la maison. Son père lui apprend le piano. A l’âge de trois ans, Marguerite Monnot compose sa première petite chanson. A trois et demi, elle accompagne un chanteur à Paris qui interprète une berceuse de Mozart. A huit ans, elle joue, toujours dans la capitale, des pièces de Liszt, Chopin et Mozart. Elle continue de se produire ainsi jusqu’à l’âge de quinze ans. Son talent musical précoce et ses concerts suscitent de nombreux articles dans la presse.

Marguerite entre au Conservatoire de musique de Paris. Elle y suit des cours d’harmonie et de fugue avec Vincent d’Indy et Nadia Boulanger, étudie le piano avec Alfred Cortot. Elle donne une série de récitals dans les capitales européennes. A 18 ans, en 1921, engagée pour une tournée aux Etats-Unis,  elle y renonce, du fait probablement d’une peur intense de la scène, et abandonne définitivement sa carrière prometteuse de concertiste classique.

Marguerite Monnot découvre le jazz et la chanson en écoutant la TSF. Elle commence à composer. En 1931, elle signe la musique de « Ah ! Les mots d’amour !», sur des paroles de Tristan Bernard, pour le film, La Fortune, tiré d’une de ses pièces et réalisé par Jean Hémard. Cette valse est interprétée par Jane Marny. Elle compose ensuite la musique de « Viens dans mes bras », sur un texte de Marc Hély, pour Lucienne Boyer. Son talent est vite reconnu et elle est encouragée à continuer. Elle co-écrit en 1935 avec Robert Juel la musique de « L’étranger » avec Robert Malleron comme auteur. Cette chanson est créée et enregistrée par Annette Lajon. Elle obtient le Grand Prix du disque en 1936. « L’étranger » est repris par la jeune chanteuse que l’on appelle alors « La môme Piaf ».

En 1936, Marguerite Monnot travaille avec l’auteur Raymond Asso. Ils écrivent ensemble « Mon légionnaire » et « Le fanion de la légion », toutes deux créées par Marie Dubas. Edith Piaf se les approprie six mois plus tard. C’est par l’intermédiaire de Raymond Asso que Marguerite Monnot rencontre Edith Piaf.

C’est le début d’une collaboration fructueuse et d’une amitié sincère entre les deux femmes qui va durer 25 années. Marguerite Monnot compose ainsi plus d’une cinquantaine de chansons pour Edith Piaf, parmi lesquelles : « J'entends la sirène » (paroles : Raymond Asso, 1936), « Je n'en connais pas la fin » (Raymond Asso, 1939), « Le petit monsieur triste » (Raymond Asso, 1939), « L'homme des bars » (Edith Piaf, 1941), « C'était un jour de fête » (Edith Piaf, 1941), « J'ai dansé avec l'amour » (Edith Piaf, 1941), « Y’a pas d’Printemps » (Henri Contet, 1944), « Mariage » (Henri Contet, 1945), « Le petit homme » (Henri Contet, 1946), « L'hymne à l'amour » (Edith Piaf, 1949), « Chanson bleue » (Edith Piaf, 1951), « Heureuse » (René Rouzaud, 1953), « Les amants de Venise » (Jacques Plante, 1953), « La goualante du pauvre Jean » (René Rouzaud, 1954), « Les amants d’un jour » (Claude Delécluse et Michèle Senlis, 1956), « C'est à Hambourg » (Claude Delécluse et Michel Senlis, 1957), « Les neiges de Finlande » (Henri Contet, 1958), « Tant qu’il y aura des jours » (Michel Rivgauche, 1958), « Milord » (Georges Moustaki, 1959), « Les blouses blanches » (Michel Rivgauche, 1960)... Pour Yves Montand, Marguerite Monnot écrit en 1945 avec Edith Piaf, « La grande cité », « Elle a… », ainsi que « Ma môme, ma p’tite môme » sur des paroles d’Henri Contet. 

Marguerite Monnot se marie le 11 juillet 1950 avec le chanteur Paul Péri, de son vrai nom Étienne Giannesini. Chanteur de music-hall, acteur (il joue Mackie dans l’Opéra de Quat’sous), Paul Péri a obtenu en 1949 le Grand Prix de la Chanson Française. Marguerite écrit pour lui  « Encore un verre », « Pervenche », « Ma rue et moi »...

En 1951, elle compose la musique de la comédie musicale en deux actes et huit tableaux de Marcel Achard, La p’tite Lili, qui est jouée pendant sept mois sur la scène de l’ABC à Paris. En 1956, l’adaptation de « La goualante du pauvre Jean », interprétée par Dean Martin sous le titre « The poor people of Paris », est numéro un des ventes aux Etats-Unis. La même année, Marguerite Monnot compose sur un livret d’Alexandre Breffort, la musique de la comédie musicale Irma la douce («Irma la Douce », « Ah dis donc dis donc », « Avec les anges »...). Irma la douce est créée au Théâtre Gramont à Paris le 12 novembre 1956, avec Colette Renard et Michel Roux dans les rôles principaux. Elle reste à l’affiche pendant plus de quatre ans. Adaptée en anglais dans une mise en scène de Peter Brook, elle est jouée à Londres en 1958 avec succès, puis à Broadway à New York en 1960.

A la toute fin des années cinquante, Marguerite Monnot est remplacée auprès d’Edith Piaf par le jeune compositeur Charles Dumont (« Non, je ne regrette rien »...). Marguerite Monnot décède à l’âge de 58 ans, le 12 octobre 1961, des suites d’une appendicite non soignée.

 

EN VIDEO :

Marguerite Monnot - Dans l'ombre de Piaf
Extrait d'un documentaire sur Marguerite Monnot à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort (2011) :
 


 

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

J'ai dansé avec l'amour par Edith Piaf (Edith Piaf / Marguerite Monnot), EMI Music France, Beuscher, 1941 / Y'a pas d'printemps par Edith Piaf (Henri Contet / Marguerite Monnot), EMI Music France, Beuscher, 1944 / La goualante du pauvre Jean par Edith Piaf (René Rouzaud / Marguerite Monnot), EMI Music France, Beuscher / Jacques Wolfsohn, 1954 / C'est à Hambourg par Edith Piaf (Claude Delécluse - Michelle Senlis / Marguerite Monnot), EMI Music France, Enoch, 1957


EXTRAITS AUDIO :
 

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