Montand, Yves

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1921-1991) - Interprète, Acteur

Né en Italie (sous le nom d'Ivo Livi), sa famille s'installe à Marseille quand il a trois ans. Il se produit à l'occasion dans les cafés et dans les salles de cinéma. Passionné de films américains, il emprunte le style Fred Astaire, chant et claquettes. Lors d'un bref passage à l'Alcazar de Marseille en 1938, il imite les vedettes du moment : Charles Trenet, Maurice Chevalier et Fernandel. Sous l'Occupation, entre un retour à l'usine et une incorporation forcée aux Chantiers de la jeunesse, il passe une fois encore en 1941 à l'Alcazar de Marseille, avec Rina Ketty, puis à l'Odéon de Marseille, où il est sacré "Révélation de l'Année".

Il arrive à Paris en 1944, à la fois pour échapper au STO (Service du Travail Obligatoire en Allemagne), et car il vient de signer un contrat pour passer à l'ABC en avril. La tête d'affiche est Georges Guétary. Yves Montand y interprète notamment une chanson de cow-boy, "Dans les plaines du Far-West" (Charles Humel-Maurice Vandair/Charles Humel), en phase avec un public privé, Occupation oblige, de westerns américains.

Il enchaîne les prestations dans les salles et cabarets parisiens, en particulier le Club des Cinq, avant de partager l'affiche du Moulin Rouge avec Edith Piaf. Une rencontre autant sentimentale qu'artistique : sous la houlette d'Edith Piaf et de son auteur du moment, Henri Contet, Yves Montand se façonne un répertoire ("Battling Joe", "Les Grands boulevards") qui lui permet de passer du stade d'imitateur ou de cow-boy à celui d'interprète.

En 1945, son récital obtient un si grand succès au Théâtre de l'Etoile, sa salle fétiche, qu'il doit le poursuivre à l'Alhambra. Cette époque reste aussi celle des rencontres : Jacques Prévert et Joseph Kosma, le pianiste Bob Castella, le guitariste Henri Crolla, qui font partie de son carré de fidèles. Il rencontre également Francis Lemarque qui lui signera seize chansons. L'essentiel du répertoire d'Yves Montand est là, à la fois poétique, populaire et engagé.

C'est enfin la rencontre avec Simone Signoret, qu'il épouse en 1951, et avec le cinéma, pour lequel il entreprend une carrière à part entière (sorti en 1952, Le Salaire de la peur est un succès mondial). Il repasse au Théâtre de l'Etoile en 1946, 1949 (il partage l'affiche avec Line Renaud), en 1951 (son premier one-man-show), en 1953, en 1958 et en 1962. L'édition 1953 marque sa consécration absolue : il tient 6 mois l'affiche, 200 000 billets vendus, le disque du récital avec "Les Feuilles mortes", dépasse le million d'exemplaires. Il se trouve alors au sommet de son art, la voix chaude et souple d'un crooner, les gestes précis et travaillés tout en donnant l'air de la décontraction.

Dans le droit fil de son engagement politique, Yves Montand reste le premier artiste de music-hall à aller chanter à Moscou en 1956, ainsi que dans les pays de l'Est. Il y est reçu comme un chef d'état, et l'accueil du public est enthousiaste. Il se produit également aux Etats-Unis en 1959 : on le compare à Maurice Chevalier, et les médias reprennent la formule "le style, c'est Montand". Il y commence le tournage avec Marilyn Monroe du film Le Milliardaire (titre original : Let's make love). Une idylle entre les deux artistes naît de cette rencontre.

De plus en plus présent au cinéma, Yves Montand l'est moins sur scène : il passe à l'Olympia en 1968, et attend treize ans pour y retourner en 1981, avant de poursuivre triomphalement une longue tournée en province. En 1982, il fait un tabac en donnant un récital au Metropolitan Opera de New-York, qui accueille pour la première fois de son histoire un chanteur de variétés.

Dans les années 1980, Yves Montand devient une institution nationale, de la chanson, du cinéma et des médias. En 1990, il envisage de remonter sur scène, au Palais Omnisport de Bercy. Il décède peu de temps avant, à la fin du tournage d'IP5, de Jean-Jacques Beinex, en novembre 1991.

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