Programme

Créé le 29 septembre 2010 |
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Fondé à Toulouse au cours de l’année 1997, Programme se compose d’Arnaud Michniak (textes/musiques) et de Damien Bétous (musiques/programmations). Ils se rencontrent à l’occasion de la tournée de #3, dernier album de Diabologum dont fait partie Arnaud. Damien assure les lumières. Pendant dix ans il a étudié le piano avant de s’orienter vers la musique concrète, au conservatoire puis à l’université de Toulouse, avant de se rendre compte que le milieu de la musique contemporaine est aussi sclérosé qu’un autre. Il décide de ne pas s’enfermer dans la musique électroacoustique, alors qu’Arnaud lui, désire ne pas s’enterrer dans le rock. Programme naît de ce désir de proposer quelque chose de différent musicalement, sans se soucier du genre, de mettre en forme paroles et musique sans que ce soit automatiquement sous un format classique de chansons. Ils travaillent pendant deux années, associent à la prose d’Arnaud des sons et des rythmes en accord avec elle. Le 20 janvier 2000 paraît leur premier album Mon cerveau dans ma bouche. La musique est inclassable, mélange rock notamment avec l’utilisation de guitares saturées, rap pour certaines rythmiques et le phrasé d’Arnaud, musique concrète, silences, sans qu’aucun genre musical ne domine l’ensemble. Programme utilise des samples : de Moonshake sur « Je sais où je vais », de Vince Taylor sur « Boomerang », de Sly and the family stone, mais également des sons piochés par hasard à la radio, le tout traité sur ordinateur. Les paroles, scandées mais pas chantées, dénoncent avec violence, seul moyen de rester lucide, le non sens du quotidien, l’absurdité de l’humain : « on ne devrait jamais dire de mal de personne/les types qui finissent clodos je commence à comprendre/les pères de famille qui à 30 ans se pendent je commence à comprendre/tout est gâché/avant de créer des emplois faîtes des hommes » (« Je sais où je vais »). L’objectif de Programme reste en effet d’instiller le doute, de pousser à la réflexion. Arnaud reconnaît que des groupes ou artistes comme Suicide, le Velvet Underground, Public Enemy ou Léo Ferré l’ont captivé parce qu’ils l’ont profondément déstabilisé. Et c’est ce que Programme recherche avec ses auditeurs. Du 23 juin au 23 septembre 2001, Programme participe à la Biennale d’art contemporain de Lyon. Le duo propose une installation appelée Génération finale mêlant musique, objets et lumières et joue pour la première fois en concert, avant de se replonger dans l’écriture de son deuxième disque. L’Enfer tiède sort le 2 avril 2002. Ce deuxième opus contient beaucoup moins de samples que le premier. Les toulousains avouent avoir travaillé beaucoup plus la fusion entre la voix et la musique et tenté de gommer à l’écoute le travail informatique lié à la composition. Le résultat, huit morceaux d’une grande cohésion musicale. Les textes poétiques et sombres, véritables reflets ou photographies de notre époque, de ce qu’elle génère comme peurs, émotions et dégoûts, sont servis par des montages sonores où apparaissent violoncelles (« Le sort »), accord unique de piano martelé (« Une vie »), saxophone (« Et la ville disparaît ») et toujours guitares saturées (« N’importe quoi pour n’importe qui »). Programme devient de plus en plus inclassable, comme en témoigne « Et la ville disparaît », dernier morceau de l’album, longue dérive de plus de dix minutes mêlant saxophones, boucles de guitares et texte scandé, dont l’univers n’est pas sans rappeler celui de Léo Ferré, un des seuls selon Arnaud à avoir réussi à affirmer des choses dans la chanson française, justement parce qu’il en est sorti. Avec ce deuxième album, Programme décide de se confronter à la scène et part en tournée. Leur concert tient plus de la performance que d’une prestation « classique » de n’importe quel groupe de rock actuel. Arnaud utilise trois micros différents, tandis que Damien joue de la guitare, du saxophone et s’occupe des machines. Les lumières à quartz assènent des flashs et illuminent avec parcimonie le duo. Programme se produit à Paris, au Nouveau Casino, à la Boule Noire, à La Cigale, mais également en province, en Belgique, en Espagne… Invités par Noir Désir aux Francofolies de La Rochelle, ils se produisent en juillet 2002, sur la grande scène devant 12 000 personnes. Début avril 2004 paraît Bogue, mini album de Programme. Il a été réalisé en 2003, suite à une commande de France Culture pour l'Atelier de Création Radiophonique, et diffusé une seule fois en février 2003.

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