Raoul Petite

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1979) - Groupe

Le groupe Raoul Petite se forme à Apt dans le Vaucluse en 1979. Ce combo qui a vu passer en plus de 25 ans d'existence une cinquantaine de musiciens, tire son nom de l'album Two Hundred Motels de Frank Zappa. Entre deux titres ce dernier présente son bassiste sous le patronyme de Raoul Petite. C'est ainsi que Carton (Christian Picard), chanteur de la formation, explique la provenance du nom du groupe. Tout comme Frédéric Tillard, guitariste, auteur, compositeur, il est fan de Zappa.

Raoul Petite se constitue autour de ces deux piliers, avec Maurice Ducastaing (sax), Bruno Huet (sax, flûte), Odile Avezard (chant), et d'une section rythmique (basse, batterie, guitare). Raoul donne son premier concert à Apt en 1979. L'année suivante le groupe tourne et remplit la salle Benoît XII à Avignon. Le premier changement important de personnel se produit en 1981 avec l'arrivée de David Salkin (batterie), de Christophe Monthieux (batterie, composition), de Marjorie Savino (chant), de Patrick Richard (basse) et de François Delfin (deuxième guitare). Le groupe continue de jouer, notamment en première partie de Jacques Higelin et de Pierre Vassiliu (deux amis des Raoul...) et affine son répertoire. En 1982, Raoul Petite fait ses premières télés nationales, notamment dans L'Echo des Bananes sur FR3 qui diffuse des extraits de concerts. L'année suivante, Nicolas Fiszman (claviers, basse) complète la formation qui comprend en tout 11 membres. Raoul Petite passe en concert au Palais des Glaces et à l'Olympia avec Pierre Vassiliu.

Le groupe enregistre son premier album en octobre et novembre 1983. Un clip est réalisé sur " Sable fin, cocotier (bananaze) ". C'est sûr si t'assures, c'est pas dur, premier opus, paraît en 1984. Raoul Petite y mélange déjà les genres musicaux : Funk (" Sable fin, cocotier ", " C'est sûr si t'assures, c'est pas dur "), rock (" Voyage à la nage "), slow guimauve (" Jane on the dune "), reggae (" Un Jamaïcain à Paris "), disco funk qui finit en rock (" Hé dis donc mon mec "), le tout sur des paroles délirantes, pleine d'humour et de dérision. Raoul Petite en profite pour remplir en tête d'affiche l'Olympia. En 1985, la formation bénéficie du soutien de Jean-Louis Foulquier qui pendant six mois les invite à passer dans son émission Pollen à la télé et les diffuse sur France Inter. La chanson " Paris -Tokyo " est ainsi présentée à la France entière. En 1986 sort Vivant, album live de 6 titres, dont 4 inédits : " La chanson des fleurs " (valse), " Je pourrais être aimé " (rock avec break très jazz rock), " The sea is just like concrete " ( rock, première version en anglais de " Dr Scratch "), " Quiqui le zombie " (mélange de funk, rock, slow jazzy...). Raoul passe une semaine au Casino de Paris.

En 1987, le groupe doute. Le succès public n'est pas au rendez-vous. Raoul manque de se séparer (départs de Christophe Monthieux, David Salkin, François Delfin...) mais revient en force en 1988 avec une formation de 13 musiciens (avec à la seconde guitare Marc Ceccaldi, à la batterie Michel Mangiaracina et aux claviers Alain Nicolas). Frédéric Simbolotti prend la basse et participe à l'enregistrement de l'album de la renaissance, Karaï, qui sort en 1989. Les neuf morceaux proposent une nouvelle fois un mélange détonant : rythmique funk et guitares saturées (" Dr Scratch "), funk avec basse slapée (" Niourk Niourk "), slow rock très top 50 (" Toujours vivant "), rock et reggae au final (" Tu me regardes "), rock alternatif (" Les Pâtes noires "), rock (" Le King de l'asphalte "), ska (" Mon loup "), ska funk avec intro arabisante (" Je mourre de rire)... Le groupe se produit à guichets fermés à l'Olympia. Raoul Petite prend toute sa dimension sur scène. Chaque chanson est prétexte à un nouveau délire visuel. Les musiciens proposent à chaque concert un véritable show avec chorégraphies (danse africaine, bataille de sabres, duo de braguettes..), déguisements et accessoires variés (catapultes pour envoyer des tartes à la crème dans le public, set de casseroles pour percussion), explosions diverses... Lors de la tournée 1984/85 par exemple, sur " Le king de l'asphalte ", les deux batteries encadrent un mur de brique, qui est défoncé par l'avant d'une voiture à la fin du morceau.

Le 31 décembre 1989, Raoul Petite est invité par Jacques Higelin sur la scène du Zénith de Paris pour un réveillon de nouvel an de 21h30 à l'aube. En janvier/février 1991, les douze Raoul qui ont participé aux sessions de Karaï, enregistrent son successeur, Moulé à la louche. Trois instrumentaux sonnent très jazz rock : " Faisez donc du vélo ", " Le cobra a-t-il des couilles ? " et " Rendement impeccable ". " Comme ça " et " Les Trois ronds " sont plus rock, " Plastic People " et " Cannibal Pigs " funk rock et " Fly Destroyer " funk. " Gringo " mélange funk et ska. Carton chante (?) même en espagnol sur le morceau salsa " Donde esta tu madre ?". Moulé à la louche se clôt sur le sublime " Captain Osmose ", slow atmosphérique avec guitare jazzy. Le groupe présente ses nouvelles compositions sur la scène de l'Elysée-Montmartre à Paris et au festival des Eurockéennes de Belfort. En 1992, Raoul tourne un peu partout dans l'hexagone. Odile Avezard (chant) et Marjorie Savino (chant) arrête l'aventure, tout comme Bruno Huet (sax). Irène Porcu (chant) et Fabien Cartalade (trombone) intègre la folle équipe qui met à sac à deux reprises le Petit Journal Montparnasse. L'année suivante la formation joue aux Francofolies de La Rochelle.

Plus fort les guitares, deuxième live du groupe, sorti en 1994 donne un aperçu de cette tournée. Il contient, entre autres, une version presque punk du morceau " Les Pâtes noires ", l'inédit " Bubble Gumm ", " Pig nose " que l'on retrouvera sur Têt de Kran et une version de plus de 10 minutes de " Tu me regardes " (avec solo basse/batterie). La K7 video Raoul Petite permet également de se faire une idée des prestations scéniques du groupe à l'époque. En 1995, Raoul publie Têt de Kran. Fred Sicard est à la batterie et Frédéric Fall à la basse. En dehors du ska (" Funny Girl "), rock (" Pig Nose "), funk rock (" Têt de Kran "), punk (" Fou de toi "), les Raoul font une incursion du côté du rap (seconde moitié de " Bulldozer " ), du slow de baloche avec fausses notes et texte à pleurer (" J'ai mal au coeur "), et livrent une version très personnelle de La Marche Turque de W.A. Mozart (" Le Marché Turc "). Le 30 mai 1995, ils investissent le Bataclan à Paris. En 1996, ils publient leurs inédits live : Les Introuvables (avec " Paris -Tokyo " et " Louise "). Fred Simbolotti revient à la basse, Maurice Ducastaing (sax) s'en va et Christophe Jullian arrive à la trompette. En 1998 paraît Rire c'est pas sérieux. Les guitares de " Mammouth " lorgnent du côté du rock hardcore, " Mimi Chachuka " vers le funk " Croisère s'amuse ", " Aventure à Mururoa " vers la chanson des îles, " Puisque tu m'aimes " vers la chanson des années 40... Les Raoul revisitent " Je mourre de rire " dans une version rock. Ils passent en concert au Café de la Danse.

En septembre 1999, ils fêtent les 20 ans du groupe sur la grande scène de la Fête de l'Humanité. En 2000, le groupe tourne en Suisse, Belgique, Espagne, Italie, Hongrie et au Canada. Raoul Petite revient en 2003 avec Dans ton Kulte, sixième album studio, qui mélange une nouvelle fois rock (" Faut y aller "), reggae (" Fouidom "), fanfare d'inspiration balkanique (" Georges Cloné "), rock hardcore (" Bull is dead), ska (nouvelle version du morceau " Le Muet "), twist (" Twé twiste "), funk groovy (nouvelle version de " Bulldozer " en morceau caché)... Fred Tillard (guitare, auteur/compositeur) est parti, tout comme Fabien Cartalade (trombone). Le groupe se resserre autour de Fred Simbolotti (basse), Carton (chant, seul membre de la formation originelle), Marc Ceccaldi (guitares), Alain Nicolas (claviers), Stef Boutier (batterie), Christophe Jullian (trompette), Raphaël André (trombone), et deux nouvelles chanteuses (Juliette et Cathy). En 2005, Raoul Petite est bien vivant et ne cesse de tourner. 

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