Salvador, Henri

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1917-2008) - Auteur, Compositeur, Interprète

Henri Salvador naît le 18 juillet 1917 à Cayenne, en Guyane. Son père exerce le métier de percepteur. Ses parents sont guadeloupéens : son père est d'origine espagnole, et sa mère, fille d'une indienne caraïbe. La famille Salvador s'installe à Paris quand le petit Henri a 7 Ans. <--break->En découvrant Django Reinhardt à la radio, il se lance dans l'étude forcenée de la guitare jazz. En 1935, il anime un bar dans le quartier de Montparnasse avec une petite formation, chantant à l'occasion des standards ou improvisant des sketches humoristiques.Il intègre l'orchestre de Ray Ventura, en remplacement du chanteur-guitariste-comique Coco Aslan, et suit la troupe en 1941 au Brésil et en Amérique du Sud.
 
Après la Libération et sa rentrée en France, il abandonne l'orchestre après une courte tournée en Europe et décroche un contrat de première partie à Bobino en 1947. Il y interprète "Clopin-Clopant" (de Pierre Dudan) et "Maladie d'amour", adapté d'une chanson créole, qui font l'objet de son premier enregistrement.
 
Il est à l'ABC avec Mistinguett en 1949, reçoit son premier Grand Prix du Disque avec "Parce que ça me donne du courage", de Mireille et Jean Nohain, et collabore avec Maurice Pon pour écrire "Le Loup, la biche et le chevalier" (appelé aussi "Une chanson douce"), "L'Abeille et le papillon" ou "Petit indien".
 
Sous l'égide de sa femme, il produit alors ses spectacles (au Théâtre Daunou, à l'ABC ou au Théâtre de l'Etoile) qui tiennent l'affiche plusieurs mois, mêlant chansons et sketches comiques, accompagné par une formation dont Michel Legrand est le pianiste.
 
Avec Boris Vian, qu'il rencontre au milieu des années 1950, Henri Salvador signe près de 400 chansons, la plupart dans un style parodique loufoque qui fait feu de tout bois : la musique antillaise ("Oh si y avait pas ton père"), la Java ("La Java mondaine"), le Blues ("Blouse du dentiste") ou le Rock'n'roll ("Rock'n'roll mops", Rock hoquet"), une musique que Boris Vian et Henri Salvador (avec la complicité de Michel Legrand), sous les pseudonymes de Vernon Sinclair et Henry Cording, sont les premiers à importer en France et à enregistrer. Issu de cette collaboration, "Faut rigoler" est un des grands succès de 1956. Henri Salvador crée, en 1961, sa plus magistrale mise en musique d'un texte de Bernard Dimey, "Syracuse".
 
A partir des années 1960, alors qu'il délaisse la scène, Henri Salvador est surtout présent sur les ondes en tant qu'amuseur public rigolard. Il enchaîne les parodies ("Twist SNCF", 1962) ou les chansons gags ("Zorro est arrivé", "Le Travail c'est la santé" en 1965) ; il devient le chanteur attitré de la compagnie Walt Disney (il enregistre une chanson pour chaque sortie de dessins animés) ; il démarre en 1968 un show télévisé, Salves d'Or, qui devient chaque année le rendez-vous obligé des fêtes de Noël.
 
En 1992, il reprend sa guitare pour se produire dans des clubs de jazz à Paris, et sort un disque en 1994, où il met en musique aussi bien Boris Vian et Bernard Dimey que Boris Bergman ou Jean-Claude Vannier. En 1995, il publie un ouvrage de souvenirs, Attention ma vie, aux Editions Lattès. En octobre 2000, sort un album aux sonorités brésiliennes, Chambre avec vue ("Jardin d'hiver"), qui devient rapidement Disque d'or et lui permet de retrouver la scène : il se produit en 2001, au Printemps de Bourges, à l'Olympia, aux Eurockéennes de Belfort, au Festival des Vieilles Charrues... Aux Victoires de la Musique 2002, il reçoit la victoire du spectacle musical de l'année pour sa prestation à l'Olympia. En novembre 2003 paraît Ma chère et tendre, nouvel album studio, réalisé avec l'équipe du précédent, Jacques Erhart et Bruno Ehlinger. Les arrangements et la direction musicale sont une nouvelle fois confiés à Bernard Arcadio. Henri Salvador met un texte de Keren Ann en musique ("Ma chère et tendre"), reprend une chanson de cette dernière et de Benjamin Biolay ("Ailleurs"), interprète Guy Béart ("Vous"), compose sur des paroles de son vieil ami Bernard Dimey ("Sans toi") et de Jean Dréjac ("Quand un artiste")...
 
A 86 ans, il repart en tournée fin janvier 2004, en passant par le Palais des Congrès à Paris du 6 au 15 février. Il y est accompagné par 50 musiciens. En 2006, il revient avec Révérence, un album enregistré en partie à Rio au Brésil. Henri Salvador y chante en duo avec Caetano Veloso ("Cherche la rose") ainsi qu'avec Gilberto Gil. Le 21 décembre 2007, à 90 ans passés, il fait ses adieux à la scène au Palais des Congrès. Henri Salvador s'est éteint le mercredi 13 février 2008 à son domicile parisien suite à une rupture d'anévrisme.

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