Snooze

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés : dominique dalcan

Français d’origine guadeloupéenne et allemande, Dominique Dalcan naît par hasard à Beyrouth au Liban en 1964, du fait d’un déplacement professionnel de son père, directeur de la photo pour la télévision. Il passe son enfance et son adolescence en banlieue parisienne. Même s’il joue un peu de piano, Dominique Dalcan ne reçoit aucune éducation musicale sérieuse. Il vient en fait à la musique par le punk, puis très vite s’intéresse à la musique contemporaine par le biais de Terry Riley, John Cage ou encore Philip Glass. Il se produit dans un groupe au lycée, qui ne fait pas long feu… Son univers musical s’étoffe à l’écoute de Brian Eno, du groupe américain Talking Heads, ou des français Alain Bashung et Serge Gainsbourg. Après une licence de lettres modernes, il s’oriente vers le cinéma. Il tente le concours de l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques), puis arrête pour se consacrer à la musique, le moyen le plus rapide selon lui pour arriver à dire ce qu’il souhaite. En 1987, il se met à composer des pièces au piano, puis collabore un temps avec le groupe rennais Complot Brunswick. Il réalise ensuite différentes maquettes de chansons. La K7 est finalement acceptée par le label belge Crammed Discs.

En 1991, paraît Entre l’étoile et le carré, premier album, recueil de dix chansons pop à tendance synthétique. Les textes soignés, la qualité des mélodies et des harmonies font de lui une des révélations de ce que la presse appelle la nouvelle chanson française. Le single « Comment faut-il faire ? », bénéficie d’un clip et passe régulièrement sur les chaînes musicales. En décembre 1991, Dalcan se produit aux Transmusicales de Rennes. Au printemps 1992, il entame une tournée acoustique, entouré d’un violoncelliste et d’un guitariste. La même année, il collabore au projet musical d’Hector Zazou, Sahara Blue, en hommage à Arthur Rimbaud. Il chante le titre « Ophélie », sur une musique de David Sylvian, accompagné par Ryuichi Sakamoto au piano.

En 1993, en dehors d’une participation à L’équipe à Jojo, album de reprises de chansons de Joe Dassin par, entre autres, Jean-Louis Murat, Autour de Lucie, Philippe Katerine ou encore Daniel Darc, Dominique Dalcan compose son deuxième album. Enregistré à Bruxelles, il est produit par Bertrand Burgalat, qui joue sur certains morceaux du piano, de la basse, de l’orgue et arrange les cordes de « Brian ». Les cordes et cuivres de deux morceaux sont enregistrés à Londres avec un grand orchestre dirigé par David Whitaker, l’un des arrangeurs les plus réputés des années 1960, ayant notamment travaillé avec Serge Gainsbourg (« Comic Strip »), Nico, Marianne Faithfull, les Rolling Stones, ou encore Lee Hazlewood.

Cannibale sort au printemps 1994. Cette fois les chansons prennent une orientation pop plus sixties et surtout globalement acoustique. Il le conçoit comme la Bande Originale d’un film imaginaire. Le morceau « Brian » comporte d’ailleurs à la fin un sample de la B.O. de Bullit, composée par un maître du genre, Lalo Schiffrin. Dans la foulée, Dalcan se produit en juin, sur la scène du Passage du Nord-Ouest, accompagné par 12 musiciens (une section de cuivres et une section de cordes). Il tourne ensuite avec différentes formations jusqu’en juillet 1995, et son passage sur la grande scène des Francofolies de La Rochelle aux côtés d’Alain Bashung et de Khaled.

En mars 1996, Dalcan publie un CD quatre titres Cheval de Troie (le single « Aveugle et sourd » et le triptyque « Cheval de Troie »), une de ses plus intéressantes productions. « Cheval de Troie », morceau de 17 minutes, avec de longues plages instrumentales, est un titre charnière dans la carrière de Dominique Dalcan, une porte ouverte vers la musique électronique. C’est d’ailleurs l’orientation qu’il choisit. Après la sortie en 1997 de sa première musique de film Ma Vie en rose, du réalisateur Alain Berliner dont la chanson « Rose » est interprétée par Zazie, il publie The man in the Shadow sous le pseudonyme de Snooze. Dominique Dalcan compose, écrit, produit mais ne chante plus. Cet album de musique électronique « down tempo » reçoit un très bon accueil en Angleterre et se voit distribué dans 25 pays.

Dalcan revient à la chanson en 1998, avec Ostinato, troisième album cette fois orienté bossa nova. Vinicius Cantuaria, compositeur et collaborateur d’Arto Lindsay et de Caetano Veloso, y enregistre des guitares. Certains arrangements sont confiés à Clare Fisher, arrangeur de Tom Jobim. Dalcan reprend même « Vagabundo » de Caetano Veloso. Avec ce troisième opus, il réalise la synthèse entre musique brésilienne et la pop, le tout sur des rythmiques lorgnant parfois vers la techno.

Snooze réapparaît en 2001, avec Going Mobile, sur lequel on retrouve la chanteuse Nancy Danino (présente sur The Man in The Shadow et sur un titre d’Ostinato), mais également Deborah Brown, chanteuse de jazz américaine. Plus lumineux que le précédent, Going Mobile contient beaucoup plus d’instruments et de voix, et beaucoup moins de samples.

Dominique Dalcan participe au conte musical L’héroïne au bain, sorti en avril 2003, écrit et composé par Olivier Libaux, ex-membre du groupe Les Objets, aux côtés de Philippe Katerine, Helena Noguerra, Lio, ou encore Ludovic Triaire, ex-chanteur des Loups. Jusqu’en avril 2003, il se produit en concert avec Snooze. Il interprète lui même certains morceaux et retrouve le plaisir du chant.

Le 17 janvier 2005 paraît Americana, troisième album de Snooze, sur son propre label, Ostinato. Dalcan se charge lui même de toutes les parties vocales en anglais, en modifiant parfois le timbre de sa voix. Americana s'ouvre sur l'instrumental "The wave" qui commence sobrement au fender rhodes, avant l'arrivée d'une rythmique dansante et entêtante. "Treat me like a man" et "Welcome to my seventeen" sonnent d'emblée très pop. "People are made of stone" mélange guitares folk, pedal steel guitar country et sonorités electro. Dans l'instrumental "Black flowers", guitares folk, dobro et pedal steel guitar s'allient à la rythmique techno. Dans le très soul "White jazz", avec nappes de harpe, Dalcan se fait crooner. "Home is where it hurts" dans sa partie instrumentale, avec piano et cordes, se rapproche de la musique contemporaine, avec un aspect répétitif proche de John Adams ou Steve Reich. "So goes the night" qui clôt l'album mêle sonorités electro, trompette jazzy et guitare espagnole. Americana réunit pour la première fois les deux facettes d'un même artiste : Dalcan et Snooze.

Dominique Dalcan revient à la chanson avec Music-Hall, best of qui sort le 14 novembre. Le disque comprend 15 titres : l'inédit pop "Music-hall", "Comment faut-il faire ?" unique rescapé de Entre l'étoile et le carré (1991), "Cannibale" (rechanté pour l'occasion), "Le danseur de Java", " Happiness", "Une saison unique", "Brian", tirés de Cannibale (1994), "Aveugle et sourd" de Cheval de Troie (1996) et "Individualistic", "33", " Plus loin mais jusqu'où... ", "L'air de rien" de Ostinato (1998). "Rose" en duo avec Zazie provient de la Bande Originale du Film Ma vie en rose d'Alain Berliner. "Ninoutchki" avec Anna Karina se trouve à l'origine sur la compilation Ensemble (contre le Sida). La reprise de "The look of love" de Burt Bacharach n'était disponible que sur la face b du single promotionnel "Les années bleues"... On y retrouve tous les genres abordés par Dalcan, de la pop orchestrale, à l'electro, en passant par la bossa nova, les guitares saturées, le tout sur des textes personnels et intelligents... Un album indispensable qui résume parfaitement son travail depuis 15 ans. Dalcan est en concert le 12 janvier 2006 à l'Européen à Paris.

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