Têtes Raides

Créé le 29 septembre 2010 |
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Christian Olivier naît en 1964, au Mali, où ses parents travaillent. Il quitte l'Afrique à huit ans quand sa famille s'installe dans l'Essonne, en banlieue parisienne. En 1984, il monte le groupe Red Ted. Il y chante et joue de la guitare électrique, son frère Pascal, dit Cali est à la basse et Grégoire Simon (Iso) au saxophone. Les Red Ted jouent essentiellement des reprises, les Clash, les Rolling Stones, Chuck Berry... La même année Christian fonde Les Chats Pelés, collectif d'art graphique (qui réalisera toutes les pochettes et livrets des Têtes Raides et de La Tordue) avec deux anciens étudiants comme lui de l'Ecole Estienne, Benoît Morel (futur chanteur de La Tordue) et Lionel Le Néouanic. Les Red Ted, avec Marco à la batterie, se produisent aux terrasses des cafés de Perpignan, pendant leurs vacances, et plus généralement dans les bistrots ou la rue. Ils vivent de petits boulots, investissent dans du matériel et une camionnette et partent jouer en province, notamment en Bretagne. Christian Olivier découvre Jacques Brel et Georges Brassens et se met progressivement à écrire en français. En 1987, il abandonne la guitare pour l'accordéon et les Red Ted deviennent les Têtes Raides. Après un premier 45 tours auto-produit ("C'est quoi" qui comprend "Emily") en 1988, le groupe passe au Sentier des Halles à Paris en novembre de la même année, derrière un mur de cartons démontables, avec projection de films d'animation des Chats Pelés. Cet élément graphique, ainsi que l'importance des lumières et du théâtre restera une permanence de leur travail scénique.

En 1989, les Têtes Raides, sortent un premier album auto-produit, enregistré dans la cave de Grégoire, Not dead but bien raides, dont la pochette en carton a coûté près des deux tiers du coût de production. La musique des Têtes Raides passe du rock ou punk rock ("Moon is a pancake", "Armande, Théo, Marcel et les autres ", "Educ mon luc", après une intro au sax et trombone), à la chanson ("Que les repas ingurgités…" avec ses cuivres et son accordéon, "Rue d'la peste" et son univers proche de la chanson réaliste, "J'aime autant le haut que le bas"...). On y trouve également la valse "Ginette", qui deviendra un des classiques du groupe. Le trio de départ y est secondé par Pierre Alu à la batterie, Pépo à la guitare électrique et Pierrôt au trombone. A ceux qui les classent dans la chanson néoréaliste, ils répondent qu'ils font des chansons. Le groupe se produit au Printemps de Bourges. En 1991, les Têtes Raides sortent Mange tes morts. L'album sonne plus électrique que le précédent, avec Mike à la guitare. Jean-Luc Millot (Lulu) arrive à la batterie. Les compositions mélangent toujours rock ("Les Clampettes" et son accordéon, "Fuckingam Palace", "Exsangue"...), et chanson ("Rue d'Nièvre", "Cosette"). Des rythmiques ska ("Bas quartiers", "Frigo", "Boy") et reggae ("Home freedom") apparaissent ainsi que des chants d'enfants ("Les conquérants"…). Le groupe repart en tournée, proposant un spectacle avec trois personnes venant du cirque, qui font de la corde, jonglent. Ils passent à Paris au Théâtre des Déchargeurs à l'automne 1991. Vincent Frèrebeau de chez Warner (aujourd'hui responsable du label Tôt ou Tard), est dans la salle. Il écoute par la suite les bandes du prochain disque du groupe et les signe. Les Oiseaux paraît en 1992. Ce troisième opus voit l'arrivée à la guitare acoustique de Serge Bégout (également au sax baryton) et d'Anne-Gaëlle Bisquay au violoncelle. Cet album marque une transition pour le groupe. Les orchestrations sont plus acoustiques, et la musique plus proche de la chanson ("Gino", "La p'tite comptine", "La p'tite dernière", la valse "Emily"...), même si les rythmiques s'emballent toujours au détour d'un morceau, du côté du rock ("Austerlitz") ou du ska ("Les gens"). Avec cette formule, les Têtes Raides peuvent aussi bien jouer dans les bars que dans des salles de concert comme au Théâtre Dejazet, en juin 1992, avec comédiens et un trapéziste, ou en décembre suivant au Bataclan.

En octobre 1993 paraît Fleur de yeux, album dans la lignée du précédent, mais avec des cuivres plus présents, comme sur l'intro de "Les papiers" qui sonne très fanfare. Le groupe met en musique un texte de Fernando Pessoa sur "The mad fiddler". Les paroles de Christian Olivier flirtent parfois du côté du surréalisme : "... Le soleil est tombé en morceaux/Un parapluie est mort dans le caniveau/Un cycliste se fait traîner par son oiseau…" ("Ton portrait"). Anne-Gaëlle la violoncelliste, chante la très belle ballade "Sans titre". Les Têtes Raides présentent ce nouvel opus, au cinéma l'Entrepôt à Paris, et dans d'autres salles en province. Durant la projection d'un film réalisé lors de leur tournée précédente, ils assurent la bande son en direct. Ils partent en tournée, et jouent notamment au Casino de Paris en décembre 1993, puis en juin 1994 au Théâtre de L'Européen. Même si le public est de plus en plus nombreux à chacune de leurs prestations, et malgré de très bonnes critiques dans la presse, les ventes de disques ne suivent pas. Il faut donc attendre 1996 pour voir la sortie d'un nouvel enregistrement, Le Bout du toit. Il s'ouvre sur une dédicace à Georges Brassens (le très réussi "St Vincent"), et marque le début de la collaboration avec Jean Corti, ancien accordéoniste de Jacques Brel, qui joue sur "L'Hermaphrodite". Les Têtes Raides mettent en musique un texte de Robert Desnos ("L'amour tombé des nues"). Pour la première fois, un des textes de Christian Olivier est ouvertement politique et engagé : "...Les hommes naissent égaux/Dans le caniveau…" ("Des accords"). Scott Taylor intègre le groupe, au piano, à l'accordéon, au trombone, au tuba et au flageolet. Le groupe se produit à l'Olympia le 21 mai 1996. Jean Corti assure la première partie et rejoint les Têtes Raides ensuite pour notamment reprendre "Les Vieux" (Le groupe l'enregistrera en 1998, sur Aux Suivants, disque hommage à Jacques Brel).

En décembre les Têtes Raides investissent la salle du Trianon à Paris. A cette occasion est enregistré Viens !, leur premier disque live qui sort en 1997, chez Tôt ou Tard, label créé par Vincent Frèrebeau. En avril 1998, le groupe publie Chamboultou. Edith, la sœur de Serge remplace Scott au piano, cornet, trombone, tuba. Les musiciens sont tous multi-instrumentistes et le disque foisonnent d'instruments variés : métalophone, basse, contrebasse, cornet, violon, violoncelle, guitares, saxophones, flûtiau, hélicon...Le piano prend une place plus prépondérante que par le passé ("Du boulot", "Les roseaux"...). Les textes deviennent plus surréalistes, jouent sur le sens et le non-sens. Christian Olivier reconnaît : "...Nos chansons ont des tiroirs, et chacun ouvre celui qu'il veut en fonction de sa propre sensibilité". Le groupe reprend "Le cœ ur a sa mémoire" de Mauricette Leibovitch, sœ ur de Francis Lemarque, sur les camps de concentration. Les Têtes Raides mettent en musique un texte de Kateb Yacine, "Dans la gueule du loup", qui rappelle le massacre des Algériens jetés dans la Seine en octobre 1961 à Paris. A côté de chansons lentes (les ballades "Les Hirondelles", "Oublie cette chanson", la valse "Ecris-moi"...) apparaissent des morceaux plus remuants ( "Parazite", "Guignol", "Chamboultou" et ses arrangements fanfare). Pour la première fois en 14 ans de carrière, les Têtes Raides rencontrent avec cet opus un vrai succès public. Ils enchaînent ensuite les concerts (tournée, Printemps de Bourges, Francofolies de La Rochelle, Olympia pendant trois jours...).

En janvier 1999, ils montent le spectacle Non, au Lavoir Moderne à Paris, pendant six semaines. Ils y jouent sans micro, en acoustique, avec projection de films d'animation en noir et blanc des Chats Pelés, lecture de textes de Rimbaud, Camus, Virgile..., bruit de la pluie qui tombe pendant un instrumental...Ils privilégient ainsi la proximité du regard et de l'écoute d'un public restreint (140 personnes). Ils tournent ensuite avec ce spectacle dans des salles de capacité réduite en province. Début 2000, ils sortent leur première compilation, Ginette. En novembre suivant paraît Gratte poil. Les musiciens ont joué tous ensemble pour s'approcher au plus près d'une prise de son live. Jean Corti signe la musique de la chanson éponyme et y joue du bandonéon. Yann Tiersen joue du violon sur "Le Cabaret des nues" (Les Têtes Raides participent à l'enregistrement de son disque L'Absente, et se produisent en concert à ses côtés à l'Olympia en mai 2001 et à La Cité de la musique en février 2002). Sur "L'iditenté", dont le texte est dédié aux sans-papiers, les Têtes Raides renouent avec le rock de leurs débuts, en duo avec Noir Désir. Les chœurs d'enfants réapparaissent sur "Patalo" et "Chapeau". Une nouvelle tournée débute en janvier 2001. En mars le groupe se produit dans trois salles différentes à Paris (Théâtre Déjazet, assis, Bataclan, debout et Palais des Sports), puis durant l'été dans différents festivals. Les Têtes Raides animent au cours de l'hiver 2001, un atelier chanson dans une école de Calais. Fin avril 2002, en réaction au résultat du premier tour des élections présidentielles, ils donnent quelques concerts impromptus aux côtés de Noir Désir, Yann Tiersen, Dominique A et Thomas Fersen. Du 5 juillet au 3 août, Les Têtes Raides proposent un spectacle au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris. A cette occasion de nombreux invités les rejoignent dont Jean Corti, Rachid Taha, Yann Tiersen ou encore Mano Solo.

Le 16 septembre 2003 paraît leur nouvel album Qu'est-ce qu'on se fait chier!, suivi par une nouvelle série de concerts aux Bouffes du Nord. Avec ce huitième album studio le groupe mélange les différents styles musicaux qui l'ont accompagné pendant 20 ans : rock, déjà revisité avec "L'iditenté" sur le précédent opus ("Civili", "Les Dents" plus groove avec son orgue), ska ("Go away"), tango ("La fin"), valse ("Black is beautiful" et son texte antiraciste plein d'humour) , chanson ("Patipata" avec voix et piano, la comptine "Les radis", "Aïe"...), ballade à l'accordéon avec violon tsigane ("En silence"), fanfare très Europe de l'Est ("Vaille que vaille"), collage surréaliste ("Soupault"), etc. On retrouve une chorale d'enfants sur "Les souris". Enregistré en un an et dans six studios différents, par Olivier Genty et Jean Lamoot (remarqué auprès de Bashung, de Noir Désir et de Dominique A), Qu'est-ce qu'on se fait chier! bénéficie de multiples trouvailles sonores ("Les radis", "La fin", "Pitance"...). Yann Tiersen passe en ami jouer du violon. Les Têtes Raides se produisent du 3 au 28 février 2004 sur la scène du Bataclan à Paris avec un invité différent chaque soir (Mano Solo, Serge Teyssot-Gay, Yann Tiersen, Les Fabulous Trobadors, Rachid Taha, Sanseverino, Thomas Fersen, Jean Corti, Daniel Colin...). Les concerts du lundi se font au profit d'associations militantes (Le GISTI, Act Up, la coordination des Sans papiers...). Le groupe continue ensuite sa tournée dans toute la France jusqu'en août. En avril, au Printemps de Bourges, Têtes Raides jouent à la fois dans les cafés, au théâtre et sur la grande scène. Le 12 septembre 2004, ils jouent à La Fête de l'Humanité, en compagnie de Bashung et de Java. Le 8 novembre 2004 paraît 28.05.04, nouvel album live de Têtes Raides comprenant un inédit, "Artichaud" et une reprise, "Hexagone" de Renaud. En 2005, le groupe participe à l'album de duos de Tôt ou Tard en enregistrant avec Bombes 2 Bal "A l'ostal" de Claude Sicre.

Le nouvel album de Têtes Raides, Fragile, est disponible en novembre 2005. Coréalisé par Denis Barthe, batteur de Noir désir, Fragile a été conçu et enregistré avec une volonté de spontanéité et d'énergie. Il marque un retour du groupe au rock et aux guitares saturées de ses débuts. Les 12 morceaux (on ne compte pas les trois interludes) passent tour à tour du rock abrasif ("Fragile", "Constipé"), au reggae énergique avec cuivres ("Je voudrais pas crever"), au ska ("Latuvu"), au rock mêlant guitares acérées et quatuor à cordes (les très réussis "L'oraison" et "Le raccourci"), au rock'n'roll pastiche avec solo de guitare à la Chuck Berry, sax et paroles en anglais yaourt ("We gonna love me"), au punk rock ("De Kracht")...Il n'y a qu'un seul morceau acoustique : la ballade "Les Animaux". Les invités sont légion : le groupe punk hollandais The Ex, le contrebassiste François Pierron, Christine Ott aux ondes martenot, Romain Humeau aux arrangements cordes sur "L'oraison", Sarah Mandiano au chant sur "Je voudrais pas crever", Didier Wampas, Jasmine Vegas et Rachid Taha au chant sur "Latuvu"...Le groupe met en musique deux poèmes : "Je voudrais pas crever" de Boris Vian et "Chanson pour pieds" de Joyce Mansour. Ils entament une tournée française dès le mois de novembre avec deux passages à Paris : l'Elysée-Montmartre le 12 décembre 2005 et le Zénith le 30 mars 2006. Musicalement, ils ont ouvert la voie à d'autres formations comme La Tordue où l'on retrouve Benoît Morel, Les Ogres de Barback, les Hurlements d'Léo...

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