Tillion, Germaine

Créé le 03 juin 2015 |
Mots clés :

(1907-2008) - Ethnologue, résistante

Germaine Tillion naît le 30 mai 1907 à Allègre en Haute-Loire. Son père, Lucien, y est juge de paix. Sa mère, Emilie, est issue d’une famille de notables du Cantal. Germaine Tillion effectue ses études primaires et secondaires à Allègre, puis à Clermont-Ferrand en internat. En 1919, la famille déménage en région parisienne, tout d’abord à Donnemarie, puis en 1922 à Saint-Maur.

En 1925, le père de Germaine Tillion décède d’une pneumonie. Entre 1926 et 1932, elle entreprend des études universitaires variées : archéologie, histoire de l’art, sociologie, anthropologie… Elle obtient en 1932 un certificat de l’Institut d’ethnologie.
Le 19 décembre 1934, elle entame sa première mission ethnologique dans le massif des Aurès en Algérie. Elle y reste un peu plus de dix mois. Elle y retournera trois autre fois jusqu’en mai 1940. Elle consacre son sujet de thèse à l’étude de l’organisation sociale de la population chaouïa dans l’Aurès.

De retour en région parisienne le 9 juin 1940, elle suit sa mère et sa grand-mère dans le Sud-Ouest. A la fin du mois de juin, elle revient chez elle. Elle est décidée à s’engager dans la lutte contre l’ennemi allemand. Avec Paul Hauet, colonel à la retraite, elle commence des activités de résistance sous couvert d’une association d’aide aux prisonniers de guerre. En 1941, plusieurs membres du réseau sont arrêtés sur dénonciations. Germaine Tillion voit ses responsabilités de résistante s’accroître. Elle poursuit en parallèle sa thèse d’ethnologie. Dix membres de son réseau sont condamnés à mort en 1942, sept sont fusillés en février. Elle est à son tour arrêtée le 13 août 1942. Emprisonnée à la Santé pendant deux mois, elle est ensuite transférée à la prison de Fresnes. Elle y subit de nombreux interrogatoires.
Au début de l’année 1943, elle apprend l’arrestation de sa mère pour faits de résistance. Germaine Tillion est autorisée à poursuivre sa thèse. Le 21 octobre 1943, elle est déportée au camp de Ravensbrück en tant que prisonnière NN (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard). Elle y arrive le 31 octobre.

En février 1944, sa mère est transférée dans le même camp, mais dans un autre bloc. A l’automne, Germaine Tillion, dissimulée dans une caisse d’emballage rédige son « opérette-revue », Le Verfügbar aux enfers. Sa mère est assassinée le 2 mars 1945 dans la chambre à gaz du camp. Germaine Tillion est libérée le 23 avril par la Croix Rouge suédoise avec d’autres prisonnières politiques françaises. Après une convalescence en Suède, elle revient à Paris le 10 juillet. Elle rejoint son poste au CNRS sans reprendre son travail ethnologique. Sa thèse, confisquée par les autorités allemandes est perdue. Elle rédige un premier texte sur Ravensbrück, publié l’année suivante.

En 1946, elle demande au CNRS, sa mutation de la section d’ethnologie à celle d’histoire moderne. Elle se consacre à l’établissement d’une documentation exhaustive sur la Résistance et la déportation. Entre 1948 et 1953, tout en poursuivant son travail historique et ethnologique qu’elle a repris, elle devient membre de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC). En 1954, alors que le conflit en Algérie éclate, elle accepte une mission d’information que lui confie le gouvernement français. Elle s’embarque pour l’Algérie le 24 décembre.
En 1955, elle propose au gouverneur général français pour l’Algérie, Jacques Soustelle, la création d’un organisme consacré à l’éducation de la population algérienne : les Centres sociaux. En 1956, à l’attention de ses camarades anciennes déportées, elle rédige un rapport sur l’état de l’Algérie. Publié l’année suivante, sous le titre L’Algérie en 1957, l’ouvrage suscite de vives réactions.
Pendant l’été 1957, alors que l’usage de la torture se généralise en Algérie, elle rencontre des insurgés algériens et s’efforce de négocier une trêve.

Début 1958, elle est élue directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études sur une chaire de sociologie algérienne. L’année suivante elle commence son enseignement sur l’ethnologie du Maghreb. En 1960, elle publie son ouvrage consacré à la guerre d’Algérie, Les ennemis complémentaires. En 1966, paraît un essai d’anthropologie, Le harem et les cousins. En 1973, elle publie Ravensbrück, livre riche en documentation et imprégné de ses expériences personnelles dans le camp. Elle arrête d’enseigner en 1980.

En 2004, une exposition lui est consacrée au Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon. L’année suivante, Le Verfügbar aux enfers est publié.
En 2007, à l’occasion de son centenaire, Le Verfügbar est mis en scène au Théâtre du Châtelet. Germaine Tillion décède le 19 avril 2008, à son domicile de Saint-Mandé dans le Val-de-Marne. Elle entre au Panthéon le 27 mai 2015, aux côtés de trois autres grandes figures de la Résistance : Geneviève de Gaulle Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.

 

(Photo : D.R. Association Germaine Tillion)
 

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