Trenet, Charles

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1913-2001) - Auteur, Compositeur, Interprète

Charles Trenet naît à Narbonne le 18 mai 1913. Son père exerce la profession de notaire, et joue du violon en amateur. Ses parents divorcent en 1920. Le jeune Charles partage dès lors son enfance entre Perpignan où vit son père et Narbonne où est sa mère. Tout comme son frère, il suit sa scolarité dans un pensionnat religieux de Béziers.

Charles Trenet s'installe à Paris en 1930. Il est assistant décorateur aux studios de Joinville, écrit des romans feuilletons, des poèmes et des chansons, écoute la musique de George Gershwin, et fréquente les cabarets de jazz. Il y rencontre Johnny Hess, avec lequel il monte un duo, Charles et Johnny, à la façon de Pills et Tabet.

Son départ au service militaire en 1936 met un terme au duo et à son retour, Trenet entame une carrière en solo. Il se fait d'abord remarquer lors d'un passage sur Radio-Cité, dans une émission présentée par Jean Tranchant, où il chante "Y'a d'la joie", une chanson que son éditeur Raoul Breton avait confié à Maurice Chevalier. Mais l'explosion du phénomène Charles Trenet date réellement de son passage en première partie à l'ABC en 1938. Avec "Je chante", "Fleur bleue", "Le Grand café" et "Boum", il porte le public, qui réclame d'autres chansons, au bord de l'émeute. En quelques jours, il devient une tête d'affiche. La légende du fou chantant est en marche.

Pills et Tabet avaient, en 1932 fait souffler un vent frais avec les chansons de Mireille. Charles Trenet, lui, fait la révolution. Avec son chapeau porté comme une auréole, il incarne le renouveau de la jeunesse : des textes surréalistes, rythmés par des onomatopées et des allitérations qui portent au vagabondage, une musique swing qui prend sa part de romances et de ritournelles ("Mam'zelle Clio", "Le Soleil et la lune", "Vous qui passez sans me voir"). Devenu vedette pratiquement du jour au lendemain, il tourne dès 1938 deux films dont les titres sont aussi ceux de ses chansons : "Je chante" et "La Route enchantée", dont il écrit le scénario. Mobilisé en 1939 à Salon-de-Provence, il y fonde le Théâtre des Ailes, et donne des galas pour les soldats, accompagné par le pianiste Guy Luypaerts.

Début 1941, Charles Trenet est de retour à Paris. Il effectue sa rentrée à l'Avenue Music-Hall. En pleine vogue du swing et des zazous ("Swing troubadour", "La Poule zazou"), il se fait accompagner par des musiciens de jazz, Django Reinhardt (présent sur "La Cigale et la fourmi"), ou Alix Combelle, avec qui il enregistre en particulier "Verlaine", version swing du poème de Paul Verlaine " Les Sanglots longs... ". En juillet 1941, il grave "Espoir" (Jacqueline Batell), chanson préalablement interprétée par Raymond Legrand et son orchestre. Il crée des chansons hors du temps, "Débit de l'eau, débit de lait", écrite avec Francis Blanche, "Douce France", "La Folle complainte" ou "La Romance de Paris", titre d'un film dans lequel il chante aussi "Un rien me fait chanter".

En 1942, il écrit et compose "La marche des jeunes", que grave Henri Jossy en février (Trenet ne l'enregistre qu'en 1951). Cette chanson a été quotidiennement interprétée dans les Chantiers de jeunesse mis en place par le gouvernement de Vichy. Durant toute la période de l'Occupation, il continue de se produire sur scène : tournée avec le cirque Bouglione (1941), l'Avenue Music-Hall (novembre 1941), Folies Bergère (fin 1942, dans la Revue des trois millions : il n'y chante que quatre soirs car il y a trop de soldats allemands dans la salle), Gaité Montparnasse (février 1943), A.B.C. (automne 1943)... En septembre 1943, Charles Trenet est réquisitionné pour aller chanter en Allemagne devant les prisonniers français. Il s'y produit en compagnie d'Edith Piaf et de Fred Adison et de son orchestre. A la Libération, appelé à comparaître devant le comité d'épuration des artistes, il est blanchi, sans aucun blâme ni interdiction.

L'année 1945 marque le début d'une carrière internationale triomphale, en particulier aux Etats-Unis et au Canada. Il fait sa rentrée en 1951 au Théâtre de l'Etoile ("L'âme des poètes", "Mon vieux ciné", "Le Serpent python"). Il suit le Tour de France en 1952, avec un gala à chaque étape puis une tournée, retourne en Amérique en 1953, passe à l'Olympia et à l'Européen en 1954. En 1955, il se produit de nouveau à l'Olympia, avec "Moi j'aime le music-hall", " Route Nationale 7", "La Java du diable", puis à l'Alhambra en 1957 ("Le Jardin extraordinaire", "A la porte du garage"). En 1958, il fait sa première tournée au Japon, où déjà l'indicatif de la radio nationale est le thème de "La Mer". Comme tous les interprètes de sa génération, Charles Trenet accuse le coup de la déferlante yé-yé des années 1960. Bien qu'il rencontre un succès égal à l'étranger, le public français est plus mitigé (au Théâtre de l'Etoile en 1961, à Bobino en 1965 et 1966).

Après le Théâtre de la Ville en 1969, son véritable retour est l'Olympia en 1971 ("Fidèle"). On entend à nouveau des chansons de Charles Trenet à la radio. En dehors de la chanson, il s'essaye très tôt à la peinture, et reste l'auteur de plusieurs romans : Dodo manières, La Bonne planète et Un noir éblouissant. Vedette du premier Printemps de Bourges en 1977, il y retourne 10 ans plus tard, il fait un triomphe devant un public de jeunes. Jacques Higelin le rejoint sur scène. Redécouvert par toute une génération, public et artistes confondus, pour sa modernité, il fait aussi figure de monument, avec décorations, et candidature à l'Académie Française.

En novembre 1992, il sort l'album Mon coeur s'envole. Trois ans plus tard, Fais ta vie paraît. Rien ne semblant l'arrêter il sort un nouvel album, Les Poètes descendent dans la rue, comprenant quatorze nouveaux titres, le 21 mai 1999. Il se produit trois soirs de suite, en novembre de la même année, sur la scène de la salle Pleyel. Charles Trenet décède le 19 février 2001, des suites d'une attaque cérébrale, à l'âge de 87 ans.

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