Warda nous a quittés

Créé le 19 mai 2012 |
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(1940-2012)

Née en France en juillet 1940 à Puteaux d'un père algérien et d'une mère libanaise, Warda débute le chant à l'âge de 7 ans. Fascinée par l'orient mais aussi par la chanson réaliste française et en particulier celle d'Edith Piaf, elle a dû apprendre l'arabe pour se lancer dans une carrière fertile en rébondissements. Son élégance a beaucoup contribué à sa popularité.

 
« Nar El Ghera » est le morceau qui a donné un deuxième souffle à la carrière de Warda en lui permettant de gagner un public jeune tout en maintenant les liens très forts avec ses fans de la première heure. Avec la complicité de Omar Bateesha et de Salah El Sharnobi, ele a réussi une excellente synthèse entre la modernité la plus audacieuse et la tradition la plus précieuse. En arabe « Nar El Ghera » signifie le « feu de la jalousie » celui qui brûle les amants mais aussi les rivales les plus enragées de Warda comma la marocaine Samira Ben Saïd ou la syrienne Mayada El Hannaui. Ce sentiment incendiaire n'a cessé d'embraser la carrière de Warda, avec mission de la contrarier : jalousie du sérail artistique égyptien qui, depuis son installation au Caire en 1960, voyat d'un mauvais œil la réussite d'une étrangère, jalousie d'un mari ancien maquisard épousé après l'indépendance de l'Algérie et pour qui elle avait renoncé pourtant à la chanson pendant neuf ans, jalousie parce qu'elle se mariée avec Baligh Hamdi, le modernisateur inspiré de la musique arabe alors au summum (elle en divorce en 1978) et, enfin, jalousie lorsqu'elle prend un virage jeel (dance music de la nouvelle génération), affrontant ainsi, avec succès, des jeunes stars qui l'avaient enterrée trop vite.

En France on la connaît surtout à travers le titre « Harramt Ahebbak » (J'ai juré de ne plus t'aimer), popularisé par une émission de Frédéric Mitterand et par la bande originale du film « Elisa ». Ce titre très dansant, écrit en 1993 par Salah Charnoubi, un jeune compositeur, a permis à Warda un retour en fanfare et une reconquête du grand public.

Depuis 1957, malgré quelques interruptions, Warda a interprété plus de trois cent chansons et vendu vingt millions d'albums et cassettes à travers le monde. Elle a traversé plusieurs époques et croisé sur son chemin les grands du monde, qu'ils soient politiques (Nasser, Sadate, Boumediène, Bouteflika) ou artistes (Farid El Atrache, Mohamed Abdel Walab, Georges Moustaki...). Comme Abdel Halim Hafez, elle a révolutionné le modèle en transformant ses prestations en shows où elle bouge, sourit et communique avec l'assistance. Mieux, elle a chanté le patrimoine arabe dans son ensemble en réussissant la jonction Maghreb-Machrek.

Warda meurt le 17 mai 2012 au Caire (Égypte) à l'âge de 72 ans suite à une crise cardiaque. 

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