Alcazar de Marseille

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Alcazar de Marseille
Cours Belsunce, Marseille
France

L’Alcazar lyrique est inauguré le 18 octobre 1857, à l'emplacement d'un ancien couvent puis d'une auberge, sur le Cours Belsunce, l’un des points les plus passants de Marseille. Son propriétaire, Etienne Demolins, dote la salle d’une décoration de style mauresque en référence à l’Alhambra de Grenade.

La salle peut accueillir 2000 personnes attablées qui suivent le spectacle en buvant et en fumant. L’établissement possède un orgue orchestre monumental, un orchestre de 35 musiciens,  des galeries, de grands salons, des loges réservées, un poulailler, un jardin avec cascades et rocailles…  L’Alcazar est le plus vaste café-concert du pays. Il acquiert une renommée nationale au cours des années 1860, en accueillant outre les gloires locales, les grandes vedettes parisiennes. La présence pendant quatre ans à partir de 1868 du célèbre mime Charles Debureau accroit encore son succès et prépare les futurs triomphes de la pantomime avec Louis Rouffe.

En concurrence avec le Casino musical, l'Alcazar présente des spectacles très variés comme en témoigne une publicité de 1869 : « Tous les soirs, grand concert-spectacle, ballets, pantomimes, spectacles intermèdes, fééries, pièces militaires, romances, grands-airs, duos, chansonnettes, opérettes, ouvertures d’opéras… Les dimanches et fêtes, spectacles exceptionnels, de jour et de nuit ».

La salle est détruite par un incendie le 25 juin 1873. Le feu commence à minuit à la fin d’une représentation, alors que le public est encore présent. Aucune victime n’est à déplorer. Reconstruite en quatre mois par Sixte Rey, la salle rouvre le 24 décembre 1873, avec un style architectural toujours mauresque. Le mime Louis Rouffe y arrive en 1874. Il devient directeur de la troupe et metteur en scène, portant aux sommets l'art très prisé de la pantomime (les pantomimes étaient alors des féeries à grand spectacle). On y joue également des saynètes entrecoupées de chansons. Le tout est accompagné par un orchestre à demeure. Concurrencée par le Palais de Cristal, la salle ferme entre 1887 et 1889.

En 1889, le nouveau directeur, Louis Mollaret, co-fondateur du Palais de Cristal, fait rénover l’Alcazar lyrique pendant deux mois. Il crée l’entrée principale sur le Cours Belsunce : deux larges portes encadrant le célèbre grand fronton coiffé d’une lyre avec l’inscription Alcazar. La salle rouvre avec succès le 20 avril 1889. Au cours des années 1890, l’Alcazar passe du statut de café-concert à celui de music-hall en renonçant aux consommations servies dans la salle. Les vedettes partagent l’affiche avec des jongleurs, des danseurs de claquettes, des acrobates, des funambules…

Léon Doux dirige l’Alcazar de 1897 à 1920. L'exigence du public marseillais, qui a l'habitude de commenter tout haut les représentations avec répartie, fait de l'Alcazar un passage obligé pour conquérir le pays. Paulus et Mayol y font des débuts agités, tout comme Thérésa en 1867. En 1908, la revue « Li Sian Touti » voit les débuts du jeune Maurice Chevalier ainsi que ceux de sa compagne du moment Nine Pervenche alias Fréhel. Les revues constituent le gros de la programmation de la salle à partir du début du siècle, notamment les revues marseillaises, qui présentent des sketches en français ainsi qu’en provençal-marseillais.

Même si les vedettes nationales passent à l'Alcazar de Marseille, le public porte en triomphe jusqu’aux années 1920 les gloires locales : Alida Rouffe (la fille de Louis Rouffe), Fortuné Aîné et son frère Fortuné Cadet, Andrée Turcy, Suzanne Chevalier, Marguerite Chabert, Berval, Cloé Vidiane ou encore Mercadier.

En 1920, l’établissement est racheté par Paul François Esposito, plus connu sous le nom de « Père Franck ». Il devient alors un Music-Hall Théâtre sous le nom d’Alcazar. Les revues continuent avec succès. Le cinéma y fait son apparition mais comme un complément des attractions. Le public de l’Alcazar apprécie, souvent en raison de leur origine, des artistes tels : Georgel, Louis Boucot, Andrex, Darcelys, Alibert ou Réda Caire. A partir des années 1930, on y monte avec succès les opérettes marseillaises de Vincent Scotto, créées à Paris et à Lyon. L'Alcazar qui depuis 1931 est un cinéma qui accueille des programmations de variétés ponctuelles a été un tremplin pour des carrières imposantes, comme celles de Tino Rossi (mars 1933) ou d'Yves Montand (juin 1939). Y sont également programmées les vedettes du moment : Fréhel, Berthe Sylva, Mistinguett, Mayol, Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Charles Trenet, Rina Ketty

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la salle est le plus souvent fermée mais accueille quand même quelques artistes comme Darcelys, Fernand Sardou, Jean Leroy, Viviane Colin... A sa réouverture en 1946, l’Alcazar est un cinéma. Il faut attendre décembre 1949 et l’arrivée de Robert Trébor à la direction pour que la salle redevienne un music-hall à part entière, avec programmation de revues ou d'opérettes marseillaises. On y entend les anciens, comme Berval, Esther Lekain, Andrée Turcy, Marie Dubas, Damia… ainsi que des vedettes comme André Claveau, Félix Leclerc, Juliette Gréco, Dalida, Line Renaud, Charles Aznavour, Henri Salvador, Eddy Mitchell et les Chaussettes noires, Sacha Distel, Marcel Amont, Johnny Hallyday ou Jacques Brel (en 1960)… L’Alcazar programme également des chansonniers et humoristes (Pierre Dac, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Pierre-Jean Vaillard, Fernand Raynaud…), des musiciens de jazz (Sidney Bechet, Lionel Hampton, Thelonious Monk...) ainsi que des matchs de catch, des concours de chant…

Malgré l’aide de Georges Brassens, la salle est déclarée en faillite le 13 avril 1964.

Après 18 mois de fermeture, l’Alcazar ouvre à l’automne 1965 avec deux nouveaux directeurs : Jean Renzulli et Albert Féraud. La programmation de cette dernière saison mélange artistes nationaux (Claude François, Barbara, Guy Bedos, Philippe Clay…) et internationaux (Tom Jones, Nancy Holloway…).

L’Alcazar ferme définitivement ses portes en août 1966. Le lieu est acheté par un marchand de meubles. En 1979, le bâtiment est détruit. Il n'en reste aujourd'hui que l’entrée. Le 30 mars 2004 est inaugurée la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale de l'Alcazar.

 

EN VIDEO :

En 1974, des acteurs de Marcel Pagnol à l'intérieur de l'Alcazar évoquent leurs souvenirs de la salle :

Les beaux soirs du music-hall marseillais : l'Alcazar. Emission de 1959 :

 

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Cane... cane... Canebière par Alibert (H. Alibert-R. Sarvil/Vincent Scotto), Music Mémoria, Salabert, 1935 // Sur les bancs du Prado par Réda Caire (G. Koger-E. Recagno/V. Scotto), Frémeaux & Associés, Salabert, 1935 // Un petit cabanon par Darcelys (René Sarvil/Vincent Scotto), EPM, Salabert, 1935 // Dans les plaines du far-west par Yves Montand (Charles Hummel-Maurice Vandair/Charles Hummel), Frémeaux & Associés, Méridian, 1941 // Mon anisette par Andrée Turcy (Albert Evrard), EPM, Méridian, 1924


EXTRAITS AUDIO :
 

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Portrait de Utilisateur anonyme

J'ai très bien connu Reda Caire ayant joué avec lui, il m'a fait beaucoup de blagues étant très naïve à l'époque.
Il était très gentils et avait beaucoup de charme et de modestie
Il me gatait avec des rochers au chocolat et à l'Ambigu à Paris où après le spectacle, il m'offrait un cake et nous faisions un rami,avec tous les autres artistes jusqu'à 4, 5 h du matin, ensuite il me ramenait devant chez moi en taxi.
Je n'ai pas oublié sa gouvernante Lucile qui était aussi très avenante.
G. Lefèvre

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