Alhambra

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Alhambra
50 rue de Malte, Paris 11e
France

Résultat de la rénovation du Théâtre du Château d'Eau (temple de l'art dramatique), l'Alhambra est inauguré le 6 février 1904. Il appartient à une société anglaise, qui ajoute ainsi une adresse parisienne de deux mille places à son circuit de salles en Angleterre. Sa décoration reprend celle d'un music-hall londonien : murs tendus de velours rouge et décorés de boiserie d'acajou...

Conformément aux pratiques de l'époque, les spectacles de l'Alhambra mêlent attractions (la vedette du moment est le clown Grock), ballets, pantomimes et sketches comiques (avec notamment Raimu, Musidora, Jacques de Féraudy, Sarah Bernhardt...) et chansons, qui ne représentent que quelques numéros par soir. Les attractions sont sélectionnées parmi les meilleures du monde : outre Grock, les spectateurs découvrent Joe Jackson (voleur de bicyclettes), W.-C. Fields (jongleur comique), Houdini (le roi de l'évasion), Little Tich (nain transformiste), Jacques Inaudi (calculateur), Footit et Frank Pichel (clowns), les Hanlon Brothers (mimes)... Le prestige de ce nouveau music-hall parisien égale vite celui des Folies-Bergère et de l'Olympia.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, Fragson y remporte régulièrement de grands succès. Il y est programmé deux fois par an. On y écoute également Maurice Chevalier (premier passage en 1908), Alibert, Dalbret, Dranem, Dréan, Georgel, Mayol, Eugénie Buffet, Damia, Gaby Deslys, Esther Lekain, Mistinguett, Polaire, Anna Thibaud, Lys Gauty, Fortugé, Gaston Ouvrard...   

Le 21 avril 1925, le plafond de scène, en feu, s'effondre. La salle protégée par un rideau de fer est peu endommagée : seuls les avant-scènes et les dix premiers rangs sont détruits. Pourtant, deux ans plus tard, la décision est prise de tout raser et de tout reconstruire dans un parti pris résolument moderne : 2400 places, pas de piliers pour gêner la visibilité, une scène deux fois plus grande dotée de toutes les nouveautés techniques, un escalier monumental à l'entrée, et, comble du luxe, des salles de bains dans les loges.

La nouvelle salle qui ouvre le 25 septembre 1931 fait d'abord une large place au cinéma puisque le programme s'ouvre sur un film, alors que les attractions et les chanteurs ne font que la deuxième partie. Pendant dix-huit mois L'Alhambra accueille notamment : les ballets de Loïe Fuller, Gaston Ouvrard, Albert Préjean, Alibert, Georgel, Polaire, Ray Ventura et ses Collégiens, Damia, Wiener et Doucet, Dréan, Gilles et Julien , Pierre Dac, Léo Marjane, Paul Colline, Lys Gauty, Suzy Solidor, Marie Dubas, Lucienne Boyer, Pills et Tabet... Le succès n'est pas vraiment au rendez-vous. La direction ne cesse de changer. On programme de l'opérette (Fleur d'Hawaï, La petite Angot), puis on revient à la formule du cinéma music-hall.

La salle redevient un véritable music-hall à l'initiative de Kurt Robitscheck (directeur de cabarets berlinois) et d'Yves Bizos (ancien secrétaire de Bobino) entre septembre 1935 et juin 1937. S'y produisent, entre autres, Django Reinhardt et Stéphane Grappelli, Jean Tranchant, Cécile Sorel, Marcelle Bordas, Harry Baur, Fréhel, Marianne Oswald, Mistinguett, Elyane Célis, Fernandel... Le 4 septembre 1936, Edith Piaf y chante pour la première fois. De septembre 1937 à 1940, l'Alhambra mélange de nouveau cinéma  et music-hall. Yvette Guilbert y fait sa rentrée le 7 avril 1938 (une de ses toutes dernières apparitions). Mistinguett y passe en janvier 1939 et Cécile Sorel en mai suivant. 

Pendant la guerre, toutes les vedettes de l'époque, celles que l'Occupation n'a pas chassées en zone libre ou à l'étranger, participent aux revues de l'Alhambra. On y voit Léo Marjane et Lucienne Delyle en 1941, Georgel, Bourvil ou Georges Guétary en 1943, mais aussi Fréhel, Charles Trenet, Edith Piaf, Lucienne Boyer, Georgius, André Claveau, Réda Caire, Jeanne Aubert, Florelle, Bourvil, Andrex, André Dassary, Irène de Trébert, Saint-Granier...

Après-guerre, Henri Salvador et Yves Montand y chantent en 1948 dans le spectacle, "Le Chevalier Bayard", écrit par Bruno Coquatrix et André Hornez sur une musique de Paul Misraki. Bourvil y passe dans les spectacles "La bonne hôtesse" en 1946 et dans "Le Maharadja" en 1947. 

A partir de juillet 1949, l'Alhambra mêle cinéma et variétés. Le music-hall l'emporte en 1953. La salle accueille aussi bien des ballets et des grands orchestres (Jaques Hélian, Aimé Barelli, Jo Moutet, Eddie Warner ou Xavier Cugat), que des vedettes de la chanson comme Tino Rossi, Edith Piaf, Mouloudji, Les Compagnons de la chanson, Charles Aznavour, Marcel Amont, Patachou, Charles Trenet, ou encore Dario Moreno. Le 28 septembre 1956, Maurice Chevalier y fait sa rentrée. A l'occasion de cet évènement la salle est rebaptisée : Alhambra-Maurice Chevalier. Jacques Brel s'y produit en 1957, tout comme Georges Brassens et Michel Legrand et son orchestre. En 1958, sont programmés pour la première fois Les Ballets de Paris (Roland Petit et Zizi Jeanmaire). L'année suivante, on retrouve à l'affiche Claude Bolling et son orchestre, Benny Goodman, Poiret et Serrault... En 1960 Johnny Hallyday y déchaîne une émeute. Léo Ferré y chante pendant trois semaines en 1961. Fernand Raynaud y tient le haut de l'affiche en 1963.  En 1965, Jean Ferrat y est la vedette de la première mise en scène de Jean-Christophe Averty aux côtés de Boby Lapointe, Daniel Prévost, Roger Riffard et Pia Colombo.

En février 1967, après les dernières représentations de la féérie sur glace "Blanche Neige et les sept nains", l'établissement en proie à des difficultés financières ferme ses portes. Vendu, l'Alhambra est rasé lors d'une opération immobilière. Il abrite aujourd'hui le siège du Pôle Emploi spectacle ainsi qu'un parking. En hommage à ce music-hall où tant de grands noms de la chanson se sont produits, l'ancienne salle de l'Association fraternelle des cheminots français, a été baptisée Alhambra, lors de son inauguration en avril 2008. Elle est située à 300 mètres du premier Alhambra, au 21 rue Yves Toudic, dans le Xe arrondissement. 

EN VIDEO :


CE SOIR À L'ALHAMBRA : LÉO FERRE
Cinq colonnes à la une - 03/03/1961
Interview de Léo Ferré qui se produit trois semaines sur la scène de l'Alhambra.


CE SOIR À PARIS : LEO FERRÉ
Cinq colonnes à la une - 03/11/1961
Au Théâtre de l'Alhambra : Leo Ferré chante "Les poètes" dans son intégralité

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Quand on a que l'amour par Jacques Brel (Brel/Brel), Barclay, Universal Music Publishing / Editions Jacques Brel, 1956 // Ah si vous connaissiez ma poule par Maurice Chevalier (Albert Willemetz-René Toche/Borel-Clerc), Chansophone, Méridian, 1938 // Vingt ans par Léo Ferré (Ferré/Ferré), Barclay, Méridian / Mathieu Ferré et Cie, 1961 // Les mômes de la cloche par Edith Piaf (André Decaye/Vincent Scotto), JBM, Fortin / Delormel et Cie, 1936


EXTRAITS AUDIO :
 

CARTE :

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