Ambassadeurs

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Ambassadeurs
Avenue Gabriel, Paris 8e
France

Ce café donnant sur les jardins qui bordent les Champs-Elysées est né aux environs de 1772 et profite dès le début du XIXème siècle de la vogue des Champs-Elysées comme lieu de promenade des parisiens. Vers 1830, quelques bateleurs et chanteurs ambulants sont autorisés à se produire l'été devant la façade de l'établissement. Cette pratique se généralise peu à peu : aux Ambassadeurs comme au Chalet Morel, établissement voisin, on improvise des scènes avec quelques planches et on y accueille des artistes.

L'installation de l'éclairage public au gaz en 1840 donne un nouveau coup de pouce à l'activité de l'avenue. Rénové avec l'adjonction d'un pavillon, Les Ambassadeurs est l'un des premiers cafés à installer une scène, en l'occurrence un kiosque, pour que les artistes s'y produisent. C'est le début du café-concert : café-concert d'été, la saison commence en juin et se déroule en plein air. En 1843, un nouveau bâtiment en pierre de style néo-grec remplace l'ancien café.

En 1847, le compositeur Paul Henrion, son collaborateur Victor Parisot et l'auteur Ernest Bourget refusent de régler leurs consommations à la terrasse de l'établissement, prétextant que l'on est en train de jouer leurs oeuvres, sans qu'ils ne soient payés. L'incident se termine au poste de police et Paul Henrion intente un procès à la direction, qu'il gagne. Le principe de reconnaissance des droits d'auteurs de chanson est alors admis et Paul Henrion fonde la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) en 1851.

Parmi les cafés-concerts d'été, Les Ambassadeurs est le plus célèbre et le plus chic. Le public y a même pris l'habitude d'écouter les chanteurs et de ne plus simplement les chahuter ou les prendre à partie. Jusqu'à la fin du siècle, toutes les gloires du music-hall s'y produisent : Thérésa (entre 1865 et 1885), Paulus (à partir de 1871), Aristide Bruant, Sulbac, Anna Judic, la diseuse Florence Duparc mais surtout Yvette Guilbert, la véritable égérie du lieu qui assure toutes les saisons, c'est à dire l'été, de 1892 à 1900. Le personnage clé des Ambassadeurs de 1874 à 1902 est Pierre Ducarre. Sous sa direction, l'établissement connait son âge d'or. 

Au début du XXe siècle y sont programmées toutes les grandes figures de la chanson : Polin, Dranem, Mayol, Fragson, Max Dearly, Vilbert, Boucot, Henriette Leblond... Mistinguett s'y produit pour la première fois en 1899, Gaby Deslys en 1907 et Maurice Chevalier le 4 juin 1910, dans la revue "Halley! Halley! aux Ambass'" aux côtés d'une certaine Marise Damia et d'Yvonne Printemps. Les revues y sont montées chaque été avec succès jusqu'au début de la Première Guerre mondiale : "En avion marche" en 1912 avec notamment Boucot, Bach, Mistinguett, "Non ! pas les mains!" en 1913 avec Dranem et "7 ou 9 aux Ambass'" en juillet 1914 avec Dranem, Paulette Franck, Fortugé...

La Première Guerre mondiale, le changement dans les habitudes des parisiens et la concurrence des revues de Music-hall nuisent à la bonne marche et à la qualité de l'établissement. Pourtant en 1919, Oscar Dufrenne et Henri Varna, qui dirigent déjà avec succès le concert Mayol, prennent en main la destinée des Ambassadeurs. Jusqu'en 1924, ils programment des revues, toutes signées Léo Lelièvre et Henri Varna, qui font le plein de spectateurs, sans toutefois retrouver les splendeurs passées et surtout sans les artistes du vrai caf' conc' pourtant toujours en activité (Perchicot, Georgius, Mayol, Georgel, Montel...).

Edmond Sayag, homme d'affaires et directeur du Casino d'Ostende reprend le bail en 1925, avec pour ambition de  transformer l'endroit en un music-hall à l'américaine. La façade est préservée, la scène est modernisée et la salle totalement transformée (piste de danse avec tables et chaises autour, balcon au premier étage, galerie derrière les loges...). Le Restaurant-Théâtre des Ambassadeurs est inauguré devant le Tout-Paris en mai 1926. Quatre revues menées par des chanteurs et danseurs américains avec un orchestre de jazz, dont "Ambassador's show" en 1928 sur une musique de Cole Porter,  rencontrent un réel succès, mais peu de rentabilité. En 1929, le pavillon des Ambassadeurs est démoli pour faire place à un théâtre qui accueille aujourd'hui l'Espace Cardin.

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Nini peau d'chien par Aristide Bruant, EMI Music, Salabert, 1912 / Pétronille, tu sens la menthe par Dranem (E. Joullot-F. Mortreuil/Ch. Borel-Clerc), EPM, Universelles éditions, 1907 / Reviens par Fragson (Fragson-Christiné/Fragson-Christiné), EPM, Salabert, 1911 / La soularde par Yvette Guilbert (Jules Jouy/Eugène Poncin), EPM, DR, 1907.


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