Cigale

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Cigale (la)
120 boulevard Rochechouart, Paris 18e
France

En 1887, Jean Forest, expert en tableaux transforme la Boule noire, une salle de bal, en café-concert. Le chansonnier Georges Delasalle suggère à Forest d'utiliser le nom de Cigale pour le nouveau lieu. Le café-concert, inauguré le 23 septembre 1887, est assez modeste. Il comprend une salle sans galerie qui peut contenir environ mille places, des loges sur les côtés, un jardin d'été et un café de cent dix mètres carrés.

La Cigale a trois vedettes maison : Farville, Charles Reschal et Armand Baldy. On y écoute également Eugénie Balde, Blondel, Jules Mévisto... La salle ne désemplit pas. Les revues emploient de jolies filles comme Suzanne Derval, habillées par le couturier Landolff. En juin 1892, malgré sa réussite, Forest vend La Cigale au revuiste Léon Nunès pour la somme de 200 000 francs. Ce dernier fait prospérer le lieu. A partir de mai 1894, il fait transformer la salle en un véritable théâtre par l'architecte Grandpierre. La scène est plus que doublée et équipée, la salle peut désormais accueillir 1200 personnes, elle comporte une galerie... La "nouvelle" Cigale est inaugurée le 31 octobre 1894. 

On y voit Eugénie Buffet ou Jeanne Bloch. Nunès engage également Claudius, Eugène Gabin (père de Jean), Vilbert ou encore la jeune Mistinguett en 1897. Le 15 avril 1898, Léon Nunès quitte la direction de la Cigale, reprise par A.-L. Flateau. Avec lui, les revues font preuve d'audaces telles pour l'époque que le public s'y presse, mais elles lui valent quelques fermetures temporaires pour outrage aux bonnes moeurs. Aux côtés des susnommés s'y produisent Jane Allems, Max Morel, Adeline Lanthenay, Lucette de Verly, Albert Girault, Féréol...

En 1905, Flateau fait refaire la salle pendant la fermeture estivale. Il décède en avril 1906, âgé de cinquante-neuf ans. Son fils Raphaël lui succède. La Cigale devient un des grands établissements de la chanson. Toutes les vedettes du moment du music-hall et du caf' conc' s'y produisent : Sulbac, Dorville, Urban, Max Linder, Edourad de Max, Raimu, Gaston Ouvrard, Maurice Chevalier, Max Dearly, Milton, Yvonne Printemps, Alice Bonheur, Sinoël, Mistinguett, Gaby Deslys... 

Après une fermeture de plus de six mois du fait du début de la Première Guerre mondiale, la Cigale rouvre le 28 février 1915. Raphaël Flateau en confie la direction intérimaire à Bénédicte Rasimi, directrice du Bataclan, qui y présente trois revues, puis aux frères Volterra (d'octobre 1915 à mars 1919). Il en reprend la direction en avril 1919 et renoue avec le succès. On peut y applaudir, entre autres, Marie Dubas, Arletty, Denise Grey, Henry Jullien, Gabriel Signoret, Lucien Cazalis... En 1922, La revue Batignolles-Cigale-Odéon (Clément Vautel et Max Eddy) avec Firmin Gémier, comédien, metteur en scène et directeur de l'Odéon obtient un immense succès. Les spectacles suivants commencent pourtant à moins bien marcher. Raphaël Flateau se désintéresse de la Cigale et en confie la direction à Max Viterbo, ancien journaliste, auteur et administrateur de théâtre en décembre 1923. 

En juin 1924, le comte Etienne de Beaumont présente à la Cigale dans le cadre des Soirées de Paris, le Roméo et Juliette de Jean Cocteau, d'après Shakespeare, sur une musique de Roger Désormières, des décors et costumes de Jean Hugo et une mise en scène chorégraphique de l'auteur. Jean Cocteau y joue le rôle de Mercutio. On retrouve dans la distribution Yvonne George, Marcel Herrand, Andrée Pascal, Jean Tissier... Malgré cette tentative originale pour relancer le lieu et le retour tous les quinze jours de novembre 1926 à août 1927 des programmes de variété (avec notamment Alibert, Dufleuve, Henriette Leblond, Gaby Montbreuse, Anna Thibaud, Jane Pierly, Suzanne Valroger, Carmen Vildez, Polaire...), le public ne vient pas assez nombreux. Viterbo ferme le lieu. 

De gros travaux ont alors lieu. Un petit music-hall de 525 places voit le jour à l'emplacement de l'ancien bar et du jardin d'été. On lui donne le nom de Fourmi, en souvenir de l'ancien caf' conc' du même nom situé boulevard de Barbès qui venait de fermer. Cette nouvelle Fourmi est inaugurée en octobre 1930 et faute de succès suffisant, fermée en janvier 1933. Quant à la salle même de la Cigale, elle est transformée en cinéma dès 1928. 

Le vestibule et salle de la Cigale font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 8 décembre 1981. En 1987, la Cigale retrouve sa vocation de salle de spectacle, avec une jauge de 1400 places. Les Rita Mitsouko inaugurent la nouvelle programmation, très polyvalente, qui accueille des artistes comme Michel Jonasz, La Mano Negra, Nina Hagen, Johnny Clegg, Iggy Pop, Jacques Higelin, les Négresses Vertes, Salif Keïta ou Indochine...  Le Festival des Inrockuptibles se déroule depuis sa création notamment à la Cigale.

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Adieu chers camarades par Yvonne George (traditionnel), Chansophone, DR, 1926 / La fille du bédouin par Milton (André Barde / Raoul Moretti), EPM, Salabert, 1927 / La sérénade du pavé par Eugénie Buffet (Jean Varney / Jean Varney), Chansophone, Fortin, 1933 / C'est comme ça par les Rita Mitsouko (Ringer/Chichin), Delabel, Emi Virgin Music Publishing, 1986.


EXTRAITS AUDIO :
 

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