Folies Bergère

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Folies Bergère
32 rue Richer, Paris 9e
France

Inaugurée le 2 mai 1869, première grande salle de music-hall ouverte à Paris, spécialisée dans les variétés à grand spectacle, sur le modèle de l'Alhambra de Londres, les Folies Bergère diffère du café-concert car on doit y acquitter un droit d'entrée, mais n'est pas tout à fait un théâtre car pendant le spectacle, on peut aller et venir librement, s'asseoir à des tables, boire et fumer. Les femmes de petite vertu paient une redevance à l'établissement pour exercer leur métier sur le promenoir...

Ce music-hall luxueux prend véritablement son essor sous la direction de Léon Sari à partir de septembre 1872. Désormais le public peut aller et venir entre la salle, le jardin d'hiver, le bar et le promenoir. On y donne tous les soirs à huit heures des spectacles qui font la part belle aux attractions : mimes, clowns, illusionnistes, montreurs d'animaux, acrobates, phénomènes de foire, danseurs et chanteurs. Manet peint en 1881 l'un des plus célèbres tableaux impressionnistes : "Le Bar des Folies Bergère" et Maupassant dans son bon roman Bel Ami y décrit: "...des demoiselles aux yeux charbonnés qui lui jetaient de troublants sourires avec l'émail de leurs fausses dents...".

Sari change de genre et décide de programmer des concerts de musique classique. Ainsi, Gounot, Massenet, Saint-Saëns, deviennent des pensionnaires des Folies Bergère, qui pour l'occasion changent de nom. La salle s'appelle un temps le Concert de Paris. Au bout d'un mois et après un échec magistral, Léon Sari, à demi ruiné revient à la formule initiale, mais trop tard. Il vend les Folies Bergère à M. et Mme Allemand, couple de limonadiers marseillais. Déjà propriétaires de La Scala, ils possèdent bientôt également l'Eldorado. Ils confient la direction artistique des Folies Bergère à Edouard Marchand, époux de leur nièce. 

Il est l'inventeur de la revue de music-hall. Le 30 novembre 1886 les Folies présentent à leur public "Place au jeûne", première revue à grand spectacle. La danseuse Loïe Fuller est, de 1892 à 1902, l'étoile de la maison. Paulus, Polin, Yvette Guilbert, Polaire ou Gaby Deslys s'y produisent. En 1902, les frères Isola, anciens illusionnistes, prennent la direction des Folies Bergère et inaugurent les revues à grand spectacle qui réunissent tous les numéros. En 1911, c'est Mistinguett qui mène la revue, bientôt rejointe par Maurice Chevalier qui passe pour la première fois aux Folies Bergère en 1908. En 1912 Mistinguett et Maurice Chevalier sont une nouvelle fois à l'affiche des Folies.  Des comiques venus du caf'conc' comme Claudius ou Dorville et un jeune débutant qui vient de la Cigale, Raimu leur succèdent. Du 3 août 1914 au mois de février 1915, la salle est fermée pour cause de guerre.

En 1918, Paul Derval en prend la direction, et impose le style qui fait encore l'image de marque de la salle. Pour concurrencer le Casino de Paris, les Folies Bergère se lancent dans des revues dont le luxe des costumes, des décors et des effets de mise en scène priment sur les vedettes. Autre ingrédient essentiel, les femmes nues. Après la guerre, Bach est le meneur attitré. Profondément superstitieux, Paul Derval décide que tous les titres des revues présentées aux Folies doivent comporter 13 lettres ainsi que le mot "folie" au singulier ou au pluriel. 

Après son triomphe dans la Revue Nègre au Théâtre des Champs-Elysées en 1925, Joséphine Baker rejoint les Folies Bergère l'année suivante. Des travaux d'aménagement font passer la salle de 930 à 1750 places. La façade est mise au goût du jour avec une magnifique fresque Art Déco du sculpteur Pico. En 1933, Mistinguett est de retour sur la scène avec un nouveau partenaire, Fernandel. En 1936, Paul Derval fait revenir Joséphine Baker aux Folies Bergère pour mener la revue "En super Folies". Michel Gyarmathy, jeune hongrois qui vient d'arriver à Paris, dessine l'affiche de la revue. Il travaillera aux Folies Bergère pendant 56 ans. En 1938, c'est le tour de Damia, et en 1939 de Jeanne Aubert. En 1944, le tour de chant de Charles Trenet est intégré à la revue.

En 1949, Joséphine Baker y fait ses adieux à la scène. Ancré dans ses traditions de revues, alors que l'époque n'est plus aux plumes et aux paillettes, les Folies Bergère deviennent peu à peu une attraction emblématique dans le circuit des touristes à Paris.

En 1993, en montant un spectacle d'Alfredo Arias, mené par Jacques Haurogné, les Folies Bergère veulent renouveler le genre, et reconquérir le public parisien. En janvier 1997, Jean Marais s'y produit aux côtés de Bernadette Laffont dans L'Arlésienne d'Alphonse Daudet, mis en scène par Roger Louret. En 2000, Valérie Lemercier y présente son nouveau spectacle.

Le spectacle cabaret est joué durant la saison 2006-2007 à plus de 250 reprises. Les Folies Bergère accueillent également de plus en plus de concerts : William Sheller, The Divine Comedy, Claire Diterzi, Stephan Eicher, Brigitte Fontaine, Herbie Hancock, Juliette, Thomas Fersen...

 

EN VIDEO :

Joséphine Baker en 1927 :


Répétition de Mistinguett qui interprète C’est vrai :


La Façade des Folies Bergère en 1991 :

 

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

La boiteuse du régiment par Polin (Lucien Delormel / Eugène Poncin - Lucien Delormel), EPM, Salabert/Fortin, 1905 // Avec Bidasse par Bach (Louis Bousquet / Henri Malfait), EPM, Bousquet, 1924 // C'est vrai par Mistinguett (Albert Willemetz / Casimir Oberfeld), Chansophone, Salabert, 1933 // Douce France par Charles Trenet (Charles Trenet / Charles Trenet - Léon Chauliac), Frémeaux & Associés, Salabert, 1944


EXTRAITS AUDIO :
 

CARTE :

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