Scala

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Scala (la)
13 boulevard de Strasbourg, Paris 10e
France

Qui pourrait imaginer aujourd’hui que derrière l’épaisse couche de vieilles affiches placardées sur une façade lugubre se cachent les vestiges d’un grand théâtre élégant, qui ouvrit ses portes en 1874 ? Son public semble avoir été le plus bourgeois de tous les cafés-concerts, il était cependant célèbre pour sa turbulence !

En 1878 la propriétaire, Mme Roisin, constitua elle-même une troupe solide soutenue par un bon orchestre dirigé par Javelot. Parmi eux Libert, « L’Amant d’Amanda », et surtout Paulus : c’est à la Scala qu’il créera en 1886 « En revenant d’la r’vue » (enregistrée par Bourvil en 1950).

Arrivés en 1884, les époux Allemand sont ceux qui permirent à la Scala de briller de tous ses feux. Dans la troupe, que d’étoiles ! Amiati, la reine du chant patriotique (« Le violon brisé », chanté par Jean Noté, 1908); Marius Richard (« Les blés d’or », version Reda Caire); Eloi Ouvrard, le premier comique troupier et Polin le pioupiou, qui, engagé en 1893, va rempiler vingt ans à la Scala avec dans son paquetage « Ah je l’attends », « La boiteuse du régiment », plus tard « La Caissière du Grand Café » (enregistrée par Ouvrard en 1935) ou « La petite Tonkinoise », chanson que Mayol a reprise. Celui-ci, arrivé à la Scala en 1900, a témoigné de son surnom d’alors: la Comédie française du concert... Sulbac l’hilare, qui interprète « La morue » ; le fantaisiste Victor Lejal et son irrésistible « La vie moderne » ; de séduisantes diseuses, reines du sous-entendu et du double sens, Esther Lekain (« ah si vous voulez d’ l’amour », 1907), Anna Thibaud (« Quand les lilas refleuriront »), Paulette Darty (« La boudeuse », 1902). Max-Dearly et Fragson (« Les blondes », 1887 – « Ah ! c’qu’on s’aimait », 1913 -  « Amours fragiles », 1899 -  « Hop! Et! Ah! Di! Ohé! », « Le thé tango », 1913), avec leur chic pseudo anglais – Fragson dont Yvette Guilbert a adopté « Les amis de Monsieur » ou « Le p’tit cochon ». Entre 1892 et 1898, elle vint régulièrement à la Scala (pour des cachets exorbitants) avec ses chansons modernes singulières comme « Je suis pocharde » ou « Verligodin ».

Depuis 1894, Edouard Marchand, neveu des Allemand, était aux commandes, et la programmation monta en puissance : la Scala présentait maintenant des revues de music-hall à grand spectacle où brillaient les jolies filles, comme Paris fin de sexe.

Suite aux décès successifs de ses directeurs, la Scala fut dans une mauvaise passe de 1905 à 1916, où une page fut tournée. La Scala devint un théâtre de boulevard, avec des vaudevilles à grosses ficelles où on cherchait à faire rire à tout prix. De 1930 à 1932, le directeur Darcet tenta un retour à la chanson, avec une valeur sûre, Dranem, en vedette de quatre opérettes coup sur coup, puis d’autres chanteurs, de la vieille garde ou de nouvelles têtes comme Andrex. Un autre sursaut, en 1934, permit d’applaudir Damia (« La veuve »), Fréhel (« Comme un moineau »), Georgius (« Sur la route de Penzac »), Alibert le marseillais (« Sur le plancher des vaches », extrait de l’opérette Trois de la marine)... mais ce ne fut qu’un feu de paille, et la Scala descendit inexorablement la pente.

Devenue cinéma en 1936, la salle fit partie dans les années soixante-dix de la cohorte des salles de quartier alternant films pornographiques et kung-fu. Rachetée en 2002 par une secte restée tapie dans l’ombre, la salle est close et se délabre en silence.

La Scala est aujourd’hui un lieu qui appartient à Mélanie et à Frédéric Biessy. Ce couple va faire de cet  ancien café-concert, ancien théâtre et ancien cinema un théâtre de 550 places, au rapport frontal, entièrement transformable, dont les caractéristiques techniques n’auront rien à envier aux Ateliers Berthier (la deuxième salle de l'Odeon) mais dont le charme sera comparable à celui des Bouffes du Nord à Paris ou du Harvey Theatre à NYC.


L’ouverture aura lieu en mars 2018. 

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