Trianon

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Trianon
80 boulevard Rochechouart, Paris 18e
France

Concurrencé par l'ouverture du Moulin Rouge, autre salle de bal, les affaires de l'Elysée-Montmartre périclitent. Son propriétaire décide alors de consacrer une partie de son espace à un genre en vogue, le café-concert. Il fait construire à la place du jardin de l'Elysée-Montmartre, une salle, le "Trianon Concert", inaugurée en 1894 et fonctionnant à ses débuts comme un prolongement du bal de l'Elysée-Montmartre. La très jeune Mistinguett figure dès 1895 dans la distribution des revues qui y sont données.

En 1897, le Bal de l'Elysée-Montmartre est séparé du Trianon. L’architecte Édouard Jean Niermans réutilise la charpente métallique récupérée du Pavillon de France édifié par Gustave Eiffel pour l’Exposition universelle de 1889. Le Trianon accueille désormais des tours de chants, des revues et des poètes-chansonniers, parmi lesquels La Goulue, Grille d’Egoût, Valentin le désossé..., alors que l'Elysée-Montmartre se consacre à la danse et au patinage.

Début 1900, tout Paris se précipite au Trianon pour voir le numéro du transformiste Frégoli, qui se produit pour la première fois en France et y fait sensation. Mais dans la nuit du 17 au 18 février, un incendie détruit la salle et une partie des dépendances de l'Elysée-Montmartre. Le propriétaire, Albert Chauvin, fait reconstruire la salle par l'architecte Joseph Cassien-Bernard, élève de Charles Garnier et concepteur du Pont Alexandre III. Le Trianon, théâtre à l'italienne, rouvre le 18 décembre 1902 avec une jauge d'un millier de places. Sa programmation est alors principalement consacrée au théâtre. Le lieu change plusieurs fois de nom : "Théâtre Victor Hugo" en 1903 (théâtre subventionné qui accueille des pièces d'auteurs classiques), succursale en 1908 de l'Opéra-Comique spécialisée dans l'opérette, "Trianon Lyrique" entre 1917 et 1920, puis Trianon tout court. La salle est fréquentée par Picasso et par Toulouse-Lautrec.

En 1936, le Trianon redevient un music-hall sous la houlette de Mitty Goldin qui tente d'y reprendre les recettes qui ont fait le succès de sa reprise de l'ABC deux ans plus tôt. On y entend entre autres, Marianne Oswald, Fréhel, Yvette Guilbert, Pierre Dac, Lys Gauty, Jean Lumière ou Lucienne Boyer, avant que la salle ne devienne en 1939 un cinéma. A l'entracte, après le documentaire et les actualités et avant le film, se produisent des attractions, parmi lesquelles, parfois, des chanteurs. 

Au début des années 50, Jacques Brel qui se produit au Théâtre des Trois Baudets juste à côté, y écrit plusieurs de ses textes, installé dans une loge.

Dans les années 1970, la salle, qui s'oriente vers le cinéma de série B, se détériore. Elle est classée à l'inventaire des monuments historiques en 1988, en particulier pour ses éléments de décoration Art Déco. Ce n'est que dans les années 1990, sous la houlette de Hervé Trinquet venu du TLP Dejazet, que le Trianon renoue avec sa tradition de concerts et de spectacles, dans un parti pris polyvalent, alternant soirées festives et concerts plus traditionnels, comme Les Têtes Raides, Sapho, Claude Nougaro, Thomas Fersen, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Arthur H, Magma, Rufus Wainwright, Texas, Dominique A ou Maxime Le Forestier

Reprise par Julien Labrousse, la salle a été a été complètement restaurée et a réouvert au public le 22 novembre 2010. Le Trianon est divisé en différents espaces : la salle de bal, le jardin d’hiver, le théâtre avec ses balcons et ses halls, une grande entrée en rez-de-chaussée, les loges, les offices traiteurs et techniques et le restaurant sur rue (Le Petit Trianon, café-restaurant conçu dès l'origine de l'établissement et à nouveau en activité depuis mai 2011 après 20 ans de fermeture). La programmation du Trianon mêle désormais artistes français et internationaux parmi lesquels : La Grande Sophie, Camille, Jay Jay Johanson, Anaïs, Daniel Darc, Keren Ann, Yann Tiersen, Jean-Louis Murat, Steven Wilson, Brigitte, Daphné, Mogwai, System of Mercy, Ryan Adams, Bonnie Prince Billy, Brian Jonestown Massacre, Calexico, Bireli Lagrène...


Jacques Higelin au Trianon 23 mars 2005

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Les pieds dans le ruisseau par Jacques Brel (Jacques Brel/Jacques Brel), Barclay, Caravelle, 1955 / Nijinsky par Daniel Darc (Daniel Rozoum/George Betzounis), 50/50, EMI Publishing, 1994 / Où est-il donc ? par Fréhel (Lucien Carol-André Decaye/Vincent Scotto), Frémeaux & Associés, Delormel/Fortin, 1936 / J'aime tes grands yeux par Lys Gauty (Jean Tranchant-Bixio/Bixio), Frémeaux & Associés, SEMI, 1933


EXTRAITS AUDIO :
 

CARTE :

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