Langues de France

L'Inouï Music-Hall :
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Inouï, -ïe :
[Adj. XVe siècle, inoye.] Dérivé du participe passé d'ouïr.
1. Que l'on n'a jamais entendu. « Des sons, des accords inouïs. Un langage inouï en ce lieu. »
2. Dont on n'a jamais entendu parler ; qui, de mémoire d’homme, est sans exemple, sans précédent. (Dictionnaire de l'Académie Française)

Une collaboration du Hall de la Chanson et d'IVT


Le Hall de la Chanson
Sa vocation est de valoriser le patrimoine méconnu de la chanson, oublié, parfois injustement négligé, et d'en raconter l'histoire. Le Hall s'est donné pour mission de construire progressivement une généalogie de la chanson, cherchant à faire surgir les lignages entre les différents genres de musiques populaires sans distinction. La particularité du Hall tient à une démarche culturelle et éducative, basée sur la mixité des activités et des outils visant à sensibiliser les publics au patrimoine musical populaire en France. Depuis sa création, Le Hall de la Chanson est très actif dans la valorisation du patrimoine de la chanson à travers des spectacles, des parcours-visites, des expositions, des bornes multimédias… Le Hall de la chanson a conçu 13 spectacles, présentés dans toute la France et à l'étranger. Il présente régulièrement depuis 2005, à Paris et en régions (Francofolies de la Rochelle...) des conf' chantées au cours desquelles un journaliste et un chanteur d’aujourd’hui (Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, Albin de la Simone, Polo, JP Nataf, Claire Diterzi, Alexis HK...) donnent en paroles et en chansons leurs regards croisés sur la vie et l'oeuvre d’une grande figure de la chanson. Depuis 2001, le Hall de la Chanson conçoit et développe un site Internet, www.lehall.com, qui est un véritable musée virtuel de la chanson avec ses expositions thématiques. Ce site reçoit près de 70 000 visiteurs par mois. Il poursuit l’objectif de créer un lieu ouvert aux publics dédié à la chanson et à ses répertoires (lieu d’exposition, de spectacles, de formation et d’action culturelle).

IVT
C'est de la rencontre entre Jean Grémion, écrivain, journaliste et metteur en scène français, avec Alfredo Corrado, artiste sourd américain, en 1976, qu'est née l'idée de créer l'International Visual Theatre (IVT). Dès la première année, un groupe d'une vingtaine de jeunes adultes sourds ainsi qu’un atelier de théâtre avec des enfants sourds se constituent, en étroite relation avec la compagnie de Robert Anton. Ils s'installent dans la Tour du Village du Château de Vincennes, grâce à la collaboration de l'Institut International du Théâtre et du Ministère de la Culture. Dès l'origine, la création théâtrale s'avère indissociable de la recherche linguistique et pédagogique autour de la Langue des Signes. Alfredo Corrado fait appel à deux américains, Bill Moody et Ralph Robbins pour créer le premier programme d'enseignement de Langue des Signes Française (LSF) et jeter ainsi les premières bases de cette communication non verbale. Les comédiens du Château seront les premiers professeurs. Six mois plus tard, une cinquantaine d'entendants, commencent à suivre leurs premiers cours. Une nouvelle époque s'ouvre aujourd’hui pour IVT qui a quitté, à l’été 2004, le lieu historique de sa fondation. IVT est, en Europe francophone, le seul lieu permanent de création et de recherche théâtrale, chorégraphique et cinématographique des sourds. Le centre se verra chargé d’une importante mission de formation et de recherche pédagogique destinée à un public de professionnels et d’amateurs et développera son secteur « édition », devenu l’un des plus porteurs en langue des signes française notamment par le biais de dictionnaires langue des signes / langue française qui ont accru la réputation d'IVT.


L'Inouï Music-Hall
Revue de chansons en LSF
Création


Un spectacle mis en scène par
Philippe Carbonneaux pour IVT et
Serge Hureau pour le Hall de la Chanson

Adaptation en Langue des Signes : Delphine Saint Raymond et Philippe Carbonneaux

Chorégraphie : Dominique Rebaud

Musique de scène : Claude Barthelemy, Christian Lété et Olivier Lété

Lumière et scénographie : Jean Grison

Accessoires : Anne Leray

Costumes : Arielle Chanty

avec :
Levent Beskardès
Emmanuelle Laborit (sous réserve)
Kheira Lamada
Chantal Liennel
Julien Lours
Bachir Saïfi
Isabelle Voizeux
Salima Zerdoum


Projet soutenu par le Fonds Social Européen dans le cadre du programme Equal « Les temps pour vivre ensemble ». Avec l’aide de la DGLFLF (Délégation à la Langue Française et aux Langues de France), la Spedidam, la Sacem.

IVT - compagnie conventionnée DRAC et Région Île-de-France, soutenue par la Mairie de Paris ; en coproduction avec le Hall de la Chanson - Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles, subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication et la SACEM.


Un projet ambitieux

Collaboration inattendue !

IVT et le Hall de la Chanson explorent depuis deux ans avec les artistes sourds et entendants le monde de la chanson, son répertoire et ses esthétiques. Évidemment, la chanson, comme d'autres domaines culturels, n'a été que trop peu proposée aux sourds, alors qu'elle représente un véritable ciment de l'identité culturelle dans nos sociétés. Quelques artistes, chorégraphes comme Decouflé et Pascale Houbin par exemple, des chanteurs comme Aznavour et Florent Pagny, ont proposé dans leurs spectacles, mais en passant, une chanson en Langue des Signes. Jamais jusqu'à L'Inouï Music-Hall des artistes sourds n'avaient donné leur interprétation, leur vision de la chanson et du music-hall, qui baignent tellement notre société.

Serge Hureau, directeur du Hall de la Chanson, à l'origine de L'Inouï Music-Hall avec Philippe Carbonneaux et Emmanuelle Laborit, avait dans son spectacle Gueules de Piaf intégré L'Hymne à l'Amour, le grand succès d'Édith Piaf, en langue des signes. À cet instant du spectacle, tout le public, sans doute parce que cette chanson lui était connue par cœur, semblait saisir la langue des signes. Le souvenir de l'immense émotion partagée à cet instant lui a fait promettre de participer à la création d'un spectacle composé en entier de chansons en langue des signes. Cette promesse s'est affermie plus encore à la mort de son frère Daniel, sourd lui-même et grand militant de la langue des signes. Il lui a dédié alors, pour un spectacle au Sénat, une Marseillaise en langue des signes créée par Olivier Hussenet, un comédien entendant, puis donné dans une adaptation pour un chœur à l'Arc de Triomphe par plusieurs comédiens sourds d'IVT, dirigés par Philippe Carbonneaux. La langue des signes, on ne le redira jamais assez, fait partie intégrante des langues de France, ce fut ce jour-là une manière politique de l'affirmer. Elle est peu pratiquée par les entendants, mais de nombreux artistes de théâtre entendants néanmoins la maîtrisent bien : Philippe Carbonneaux est de ceux-là. Il a joué avec des comédiens sourds et les a mis en scène à plusieurs reprises.

La rencontre de Philippe Carbonneaux et Serge Hureau remonte à un long stage chez Ariane Mnouchkine, leur goût pour le théâtre de personnages et d'images, leur passion pour la langue des signes ainsi que leur fascination pour les comédiens sourds les ont rapprochés. Ils ont animé il y a deux ans un stage de chansons, puis des ateliers montés par IVT et le Hall de la Chanson, qui ont été le laboratoire de L'Inouï Music-Hall, titre proposé par Michel Risse, un musicien qui a participé à cette recherche. Si le travail du texte fut exigeant, puisqu'il s'agissait de dépasser toujours la simple traduction pour aborder une véritable adaptation dans la langue des signes, il fallut bien approcher la question épineuse du rythme, du mouvement, du tempo, de la mélodie. Bref, il fallut bien faire de la musique.

La chanson se différencie du théâtre par la brièveté qui la rapproche du numéro ou de l'attraction foraine. En un rien de temps, il faut tout dire, tout faire apparaître en un clin d'oeil. Dessiner seul des personnages divers comme le fait l'illusionniste et le transformiste. Tout cela, certes, mais en rythme. Là aura été le plus ardu. Le travail du rythme, du souffle et du phrasé proposé par Olivier Hussenet, et, étrangement, celui de la danse, proposé par Dominique Rebaud, auront su apporter des outils aux interprètes sourds, et ont rendu possible le dialogue des paroles signées par ces artistes sourds et des musiques jouées simultanément ou en décalage – par des musiciens non-sourds,
« comme de bien entendu ».

Tout simplement, on vit alors des artistes signer en valsant, en rockant ou en dansant le tango. Bientôt se libérant des pas imposés et dans un envol des plus libres, ils se virent suivis par les instrumentistes. Le parti pris a été de retenir, pour la création du spectacle, sept comédiens, tous sourds (trois hommes, quatre femmes), une chorégraphe entendante, Dominique Rebaud, et un trio de musiciens, rompus à l'art de l'improvisation, sous la houlette du guitariste Claude Barthélemy.

S'ajoutent précieusement à eux trois interprètes d'IVT se relayant, ainsi qu’une adaptatrice des textes : la comédienne sourde Delphine Saint-Raymond, associée aux metteurs en scène Philippe Carbonneaux et Serge Hureau, pour puiser dans un répertoire de chansons pour la plupart connues des entendants, afin d'avoir le moins possible recours à des artifices de traduction pour cette partie du public, et de laisser libre cours à l'interprétation de chaque spectateur.




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