Quand les chansons se souviennent de la Shoah [De Jean Ferrat aux Rita Mistouko]


16/07/2017

 

Le Hall de la chanson propose un tour de chant à travers les décennies pour commémorer les 75 ans de la rafle du Vel' d'Hiv’ en ce 16 juillet 2017. Aboutissement d'un travail commun lors d'une résidence artistique au Musée Dauphinois (à Grenoble en Isère), ce spectacle est constitué de reprises de chansons depuis les années 1950.

Jusqu’au milieu des années 1960, les chanteurs personnellement concernés par cette tragédie peinent encore à exprimer cette mémoire sensible avec les mots et les musiques de leur temps et dans la singularité de leur style. Plus qu’une simple reproduction à l'identique des œuvres, ce tour de chant cherche (comme tous les spectacles du Hall de la chanson) à parler aux oreilles de notre temps, par le truchement d’une interprétation et d'un arrangement musical – qui resteront des plus sobres –, afin de réduire les obstacles esthétiques qui barrent souvent l’accès aux plus jeunes.

En 1956, soit 12 ans après la rafle du Vel’ d’Hiv’, Yves Montand crée une chanson écrite pour lui par Jean Guigo et Loulou Gasté – Vel d’Hiv –, où il n’est question que du plaisir intense et collectif des enfants et des adultes assistant aux courses de vélo dans un site vu comme un simple temple du sport. Absolument aucune allusion dans cette chanson à la sinistre nuit du 16 au 17 juillet 1942 et aux plus de 13 000 personnes (dont 4 115 enfants) déportées vers les camps d’exterminations d’Auschwitz-Birkenau à partir de ce stade-vélodrome. Tels sont le silence assourdissant et l’aveuglement des Français dix ans après la fin de la guerre sur le génocide perpétré par les Nazis avec la complicité zélée du système vichyste. Il faudra attendre plusieurs décennies pour que la Shoah soit reconnue dans sa spécificité parmi les autres victimes déportées et pour que les chansons s’emparent du sujet.

Nuit et brouillard de Jean Ferrat (1963), lui-même fils de déporté assassiné à Auschwitz, en effet dénonce les crimes nazis. Mais il mêle victimes de la « solution finale » d’Hitler et les autres déportés (politiques notamment), sans distinction. Cette chanson, malgré ce flou réunissant artificiellement toutes les victimes des camps sans affirmer de spécificité, sera « fortement déconseillée » par le directeur de la Radiodiffusion et de la télévision françaises. C'est dire à quel point les Français dans les années 1960 sont encore loin d’accepter de regarder en face les crimes nazis et les crimes de l’Etat français perpétrés contre les Juifs. 

Ce seront presque invariablement les artistes directement concernés, eux-mêmes enfants cachés, puis les enfants des survivants, qui après plusieurs décennies écrivent des chansons sur le sujet : Sylvain Reiner et Joël Holmès (Rue des rosiers, 1965), Barbara (Mon enfance, 1968), Jean-Jacques Goldman (Comme toi, 1983), Catherine Ringer des Rita Mitsouko (Le petit train, 1988)...

La visibilité du sujet dans la production de chansons jusqu’à l’orée du XXIe siècle suit la percée du silence, très progressive et très espacée, dans tous les arts (cinéma, littérature) et dans les médias.

Avec ce tour de chant nous vous invitons à un parcours de lente levée des non-dits au fil des décennies de chansons évoquant la Shoah et/ou la rafle du Vel-d’Hiv’, du flou vers une plus grande netteté de contours. 
 

Création en partenariat avec le Musée Dauphinois, à Grenoble. 

Avec : 

  • Camille Plocki (chant)
  • Joachim Machado (guitare, arrangements)
  • Olivier Hussenet (direction artistique) [pour le Hall de la chanson]

 

LE DIMANCHE 16 JUILLET À 16H30
 

Informations & Réservations : 01 53 72 43 00 

Tarifs : normal 15€ / réduit* 12€ / -26ans 10€ / -18ans et solidaire : 6€

* Le tarif réduit s’applique (sur présentation d’un justificatif valable) aux étudiants, aux demandeurs d’emploi, aux habitants du 19ème arrondissement de Paris, possesseurs du Pass Culture 19ème, possesseurs du Pass Éducation, aux intermittents du spectacle, aux personnes en situation de handicap, au personnel du Ministère de la Culture et de la Communication. Le tarif solidaire s'applique aux bénéficiaires du RSA ainsi qu'aux bénéficiaires du minimum vieillesse.

 

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